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Le quotidien sans routine d’une PCR médicale

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​Au centre régional de lutte contre le cancer Oscar Lambret de Lille, Thierry Sarrazin, PCR pendant 25 ans, a passé la main à une jeune collègue. Le binôme nous expose une vision de la radioprotection construite sur de solides bases scientifiques et sur une connaissance fine des tempéraments humains.

« Je passe trois fois par jour dans les services pour rappeler que j’existe et qu’il faut bien porter son dosimètre. » Beya Hajji l’a bien compris : c’est à force de répétition que les règles de radioprotection deviennent des réflexes. Au centre régional de lutte contre le cancer Oscar Lambret, un établissement de 854 salariés situé à Lille, Beya Hajji exerce les fonctions de PCR. Titulaire d’un master en radioprotection, la jeune femme a rejoint le centre en 2012 en tant que coordinatrice en radioprotection. 

C’est Thierry Sarrazin, chef du service de physique médicale et PCR de l’établissement pendant 25 ans, qui a souhaité la présence d’une PCR à temps plein. Pour cet adepte d’activités à risque, comme la moto et la plongée sous-marine, la sécurité ne se négocie pas. « En radioprotection, le droit à l’erreur ne peut exister. C’est ceinture et bretelles ! » 

 

Un rôle parfois mal reconnu

Beaucoup de PCR se sentent encore mal reconnues. Des situations qui s’expliquent souvent par un positionnement hiérarchique insuffisant dans l’organigramme et l’absence d’appui de l’employeur.

Dans l’agroalimentaire, où des bouteilles sont radiographiées pour vérifier l’absence de corps étrangers, la radioprotection n’est parfois pas la priorité. À l’entrée des prisons où des contrôles aux rayons X sont effectués, ce sont les questions de sécurité qui priment. Ailleurs, la PCR n’est parfois qu’une obligation à remplir pour l’employeur.

Chez Horus, un groupe qui réalise des contrôles et essais non destructifs dans le nucléaire, il est parfois difficile de faire comprendre aux donneurs d’ordres que le coût de la prestation doit intégrer le contrôle réalisé par les techniciens et celui des PCR. Pourtant, Horus prend la radioprotection très au sérieux avec une équipe de 20 radioprotectionnistes pour 320 employés.

 

En radioprotection, pas de droit à l’erreur

Thierry Sarrazin a fait le nécessaire pour assurer la sécurité des travailleurs et du public, allant jusqu’à vérifier la densité du béton livré par un entrepreneur avant la construction du mur d’un bunker de radiothérapie.

« J’étais moins rigoureux en ce qui concerne la traçabilité de mes actions », remarque Thierry Sarazin. « Depuis l’arrivée de Beya, tous les registres sont bien tenus : suivi de la dosimétrie des travailleurs, zonage, tenue de l’inventaire des sources… »

Dans le couloir du service de radiothérapie, un marquage sur les portes rappelle l’omniprésence du risque radiologique. Derrière ces portes, d’autres portes, blindées, sécurisent l’accès aux salles de radiothérapie. Des murs d’un à deux mètres d’épaisseur, en chicanes, protègent également des rayonnements issus des très nombreux équipements utilisés par l’établissement.

Le centre Oscar Lambret a été le premier établissement en France à acquérir un Cyberknife, un appareil de radiothérapie robotisé. Il est le seul dans l’Hexagone à disposer de trois salles de tomothérapie, un équipement de radiothérapie de précision grâce à l’utilisation d’un système d’imagerie par scanner.

S’ajoutent à cela des accélérateurs linéaires de particules pour la radiothérapie classique et plusieurs salles de curiethérapie –pour traiter les cancers du col de l'utérus, de la prostate, du sein ou de la peau - équipées de projecteurs de sources à haut débit ou débit pulsé.

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Un soutien de la direction essentiel

Au-delà des tâches quotidiennes, c’est dans les situations hors du commun que le savoir-faire d’une PCR peut se jauger. Une PCR va alors naviguer subtilement entre la loi et l’esprit de la loi. Par exemple, certaines techniques en curiethérapie utilisent une source radioactive circulant à l’intérieur d’une gaine de quelques millimètres d’épaisseur introduite dans le corps du patient jusqu’au contact de sa tumeur.

Entre deux traitements, la source ressort automatiquement et glisse dans sa gaine jusqu’au conteneur de tungstène où elle reste stockée, protégeant l’environnement de son rayonnement. Si la source radioactive ne rentre pas automatiquement dans la machine, la consigne est d’avoir une pince coupante pour sectionner la gaine dans laquelle elle est coincée. 

« J’ai bien la pince, mais je refuse de l’utiliser », tient à préciser Thierry Sarrazin. « Il est impossible de savoir où se situe la source à l’intérieur du câble, on risque de la couper ou de la laisser dans le patient. Je préfère l’extraire et l’isoler derrière un muret de plomb que j’ai installé dans chaque salle. »

Beya Hajji se réjouit également d’être bien soutenue par sa direction : « J’ai rendez-vous toutes les deux semaines avec le directeur. Il n’hésite pas à rappeler à l’ordre un médecin qui tarderait à renouveler sa formation en radioprotection, obligatoire tous les trois ans. Je travaille en bonne entente avec le médecin du travail, avec qui j’enquête en cas d’alerte de forte dose… »

 

Implication de tout le personnel

Etude de poste

La PCR identifie la nature et l’ampleur des risques. Ici contrôle effectué par frottis

L’emploi du temps de la PCR est très occupé par la formation : une journée par semaine en moyenne. Les nouveaux internes sont formés dès les deux premiers jours de leur arrivée. Et tout le personnel y passe, 300 personnes par an, même les jardiniers ou les femmes de ménage du soir qui ne sont pourtant pas confrontés à la radioactivité.

« Il ne faut pas qu’ils puissent croire qu’on leur cache des choses. Je familiarise les gens avec les bases de la radioactivité. Je travaille sur des exemples concrets en les invitant à poser des questions. Les personnels des services techniques trouvent valorisant de comprendre et d’être impliqués », explique Beya Hajji.

Thierry Sarrazin renchérit : « Quand on ne sait pas, on a peur de tout. On confond un rayon lumineux destiné à cibler le traitement sur le patient, avec le rayonnement lui-même… »

 

Imposer les règles de radioprotection

Les plus rétifs aux règles de radioprotection ne sont forcément pas ceux que l’on croit : « Certains médecins n’ont jamais le temps. Ils pensent tout savoir et ne veulent pas se plier aux règles », relève Thierry Sarazin. « Il faut reconnaître qu’on les embête. On leur a appris à ne porter qu’une blouse, aucun bijou, aucun accessoire pour des raisons d’hygiène. Et maintenant, nous leur imposons des dosimètres en badges, en bagues… »

Avant son arrivée à Lille, Beya Hajji avait déjà une expérience de PCR dans plusieurs hôpitaux, à Paris et Marseille. « C’est important d’embaucher à un poste de PCR quelqu’un qui a de l’expérience et qui vient de l’extérieur. Il peut plus facilement imposer son autorité à des collègues avec qui il n’a pas de lien affectif », conclut Thierry Sarrazin.

 

Priorité à la surveillance quotidienne des travailleurs

La Somanu est une filiale d’Areva spécialisée dans la réparation ou le démantèlement de pompes primaires ou encore de conteneurs de combustible, venant de centrales du monde entier. Son site de Maubeuge, dans le Nord, compte une centaine de travailleurs, en y incluant les salariés des entreprises clientes et des sous-traitants. Pour assurer leur sécurité et la protection de l’environnement, Jean-Claude Sotiaux, PCR de l’entreprise, s’appuie sur six radioprotectionnistes.

La surveillance quotidienne de la dose reçue par les travailleurs est sa priorité. Il renseigne les Dossiers d’intervention en milieu radiologique/radioactif (DIMR). Ces documents décrivent les phases du chantier, les moyens de prévention, la dose prévisionnelle et la durée d’intervention pour chaque technicien. Ces données seront confrontées jour après jour aux doses réellement mesurées.

Jean-Claude Sotiaux garde un œil sur une centaine de dosimètres passifs – pour la  surveillance de l’environnement – et sur les portiques de contrôle à l’entrée et à la sortie des ateliers, des vestiaires, et du site lui-même. Il accompagne parfois les équipes, comme bientôt en Chine, pour superviser la décontamination d’un équipement.

 

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