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La surveillance des travailleurs

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 Tirer les leçons de la surveillance

En 2016 en France, plus de 372 000 travailleurs (393 000 en incluant les travailleurs exposés à la radioactivité naturelle, essentiellement des personnels navigants de l'aviation civile) étaient exposés aux rayonnements ionisants. La veille exercée par l’IRSN montre qu’ils sont de mieux en mieux protégés. L’analyse des niveaux d’exposition et des incidents contribue à ce progrès.

 

Infographie: Bilan 2015 de l'exposition des travailleurs
Télécharger le rapport : Bilan 2016 de l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France (PDF, 3,25 Mo) 
Télécharger l'infographie avec les chiffres-clés à retenir (PDF, 549 Ko)

Les rayonnements ionisants constituent un risque professionnel parmi d’autres, comme le bruit ou l’amiante. Ils présentent pourtant quelques particularités. « Pour ce risque invisible, nous disposons de moyens assez performants pour mesurer l’exposition individuelle, et ceci à un coût raisonnable », souligne Alain Rannou, expert en radioprotection à l’IRSN.

Autre spécificité, les rayonnements ionisants sont présents dans des secteurs d’activité variés (industrie, recherche, médecine humaine et vétérinaire, défense), d’où une grande diversité des professions concernées, du dentiste à l’hôtesse de l’air en passant par les salariés du nucléaire.

Pour tous, une même réglementation s’impose, avec toutefois des modes d’application différents. Elle a beaucoup évolué ces dernières années, dans le sens d’une protection renforcée. « Depuis 2003, un travailleur est considéré comme exposé, et doit faire l’objet d’un suivi dosimétrique individuel, dès qu’il est soumis à une dose susceptible de dépasser 1 millisievert (mSv) par an », rappelle-t-il.

« Corollaire de cette exigence, l’employeur doit évaluer l’exposition grâce à une étude de poste. Cette nouvelle disposition a obligé certains secteurs, comme les activités vétérinaires et dentaires, à se préoccuper du sujet. Leur mise en conformité a été l’occasion d’une prise de conscience et de l’adoption progressive d’une culture de radioprotection. » 

 

 

Le suivi, un levier de progrès

Les données centralisées par l’IRSN dans le Système d’information de la surveillance de l’exposition aux rayonnements ionisants (SISERI), en témoigne.

D'années en années, le nombre de travailleurs suivis par dosimétrie est en progression. Grâce à Siseri, l’Institut observe plus particulièrement deux autres indicateurs. « Le premier est le nombre de dépassements de la limite réglementaire de 20 mSv par an. Notre objectif est de contribuer à le faire baisser », indique-t-il. « Le second réside dans les doses reçues, avec l’objectif que celles-ci soient de plus en plus faibles. »

Ces paramètres vont dans la bonne direction. La dose individuelle moyenne annuelle est passée de 0,52 mSv en 1996 à 0,19 mSv en 2006. Elle est stable depuis lors (0,16 mSv en 2014), tandis que le nombre de travailleurs dont la dose efficace reçue en une année dépasse 20 mSv a été divisé par plus de 30 (9 personnes concernées en 2014). « Les outils de suivi mis en place visent à donner une vision exhaustive de la situation, afin de proposer des améliorations », insiste Alain Rannou.

Une autre clé d’avancée est l’analyse des incidents. « En mars 2008, sur le site toulousain de l’Office national d’études et recherches aérospatiales (Onera), un opérateur a oublié de replacer l’embout d’irradiation d’un appareil de gammagraphie. Le système de sécurité qui gère l’accès à la salle a tout de même autorisé l’entrée d’une personne, qui ne portait pas de dosimètre ». Pour cet incident, l’Institut a dépêché des experts sur place. L’enjeu ? « Comprendre ce qui s’est passé et évaluer les conséquences médicales et sanitaires potentielles », résume Alain Rannou. « Nous tirons les conclusions, avec l’objectif d’éviter qu’un événement comparable ne se reproduise. » 

 

Des zones d’ombre persistent

Ailleurs, la mise en œuvre de la réglementation bute encore sur des obstacles, à commencer par le niveau des moyens et des connaissances, fort différent dans une centrale et dans un cabinet dentaire.

L’évolution du monde du travail forme un autre écueil. L’augmentation des contrats à durée déterminée, de l’intérim et de la sous-traitance complique la mise en œuvre de la radioprotection, à commencer par le suivi des travailleurs, surtout si les rayonnements ionisants ne constituent pas leur cœur de métier (maçon, soudeur…) et qu’ils passent d’une installation à l’autre. À cet égard, le système Siseri est précieux, en calculant l’exposition cumulée de chaque travailleur.

 

Le bilan français 2016 en quatre indicateurs

  • 372 262 travailleurs surveillés. Le nombre de travailleurs suivis en 2016 sur l’ensemble de ces domaines, soit 372 262, est en légère augmentation (+ 1,8 %) par rapport à 2015. Les effectifs des différents domaines restent globalement stables ou en légère augmentation.

  • Dose individuelle moyenne. L’exposition externe individuelle moyenne est stable à 0,17 millisievert (mSv) en 2016 (0,17 mSv en 2015 et 0,16 mSv en 2014). Environ 96 % des travailleurs suivis ont reçu une dose annuelle inférieure à 1 mSv. Parmi les 14 218 travailleurs ayant reçu une dose supérieure à 1 mSv, 2 703 travailleurs ont reçu une dose supérieure à 5 mSv, soit 0,7 % de l’ensemble des travailleurs suivis (chiffre identique à celui de 2015).

  • Dépassements de la limite annuelle. Seul un travailleur du domaine de l’industrie non nucléaire a eu une dose annuelle enregistrée supérieure à la limite réglementaire fixée par le code du travail (20 mSv). Concernant les cas de contamination interne, cinq travailleurs du domaine nucléaire ont reçu une dose engagée supérieure à 1 mSv. La plus forte dose engagée enregistrée est de 19,4 mSv estimée pour un travailleur exerçant dans le secteur des installations de recherche liées au nucléaire, la seconde de 15,5 mSv pour un travailleur prestataire exerçant dans le secteur de la logistique et de la maintenance du nucléaire.

  • Exposition à la radioactivité naturelle. En 2016, le bilan dosimétrique des personnels navigants de l’aviation civile, exposés au rayonnement cosmique, porte sur 19 875 travailleurs, dont ceux d’Air France. La dose individuelle moyenne sur l’année (2,0 mSv) est stable par rapport à 2015, de même que la proportion de personnels navigants ayant reçu une dose annuelle supérieure à 1 mSv (82% en 2016 contre 81 % en 2015). La dose individuelle maximale s’élève à 5,2 mSv. Pour l’exposition aux matériaux NORM ou au radon d’origine géologique dans les cavités et ouvrages souterrains, le bilan 2016 porte sur 462 travailleurs pour ce qui concerne l’exposition externe et sur 249 travailleurs pour l’exposition interne. Les doses individuelles moyennes calculées sur les effectifs exposés sont respectivement égales à 0,13 mSv et 0,44 mSv.

 

Des chercheurs sous surveillance

Le Dr Vincent Naline est médecin du travail au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), plus précisément sur son site grenoblois et sur celui de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3). À ce titre, il assure le suivi médical des chercheurs susceptibles d’être exposés aux rayonnements ionisants. « Ce risque concerne près de 200 personnes à Grenoble, et plus de 1 000 sur l’ensemble du CNRS. Chacune de leur visite de médecine du travail est l’occasion d’un rappel sur la radioprotection. »

Le Dr Naline coordonne également la formation sur ce thème des médecins et infirmières du travail du CNRS. « Une fois par an, j’organise des journées pour faire le point sur le suivi médical et les nouveautés réglementaires. Je fais donc appel à l’IRSN pour son rôle d’expert. Ainsi je projette d’organiser une formation au Vésinet en 2009, pour renforcer notre collaboration avec l’IRSN en travaillant sur différents thèmes (suivi dosimétrique des agents par exemple) et en visitant les installations de l’Institut. »

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