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La surveillance des travailleurs

Vétérinaires : un changement radical des pratiques

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Les vétérinaires et leurs assistants font partie des travailleurs exposés aux rayonnements. Leur mise en conformité avec la réglementation en radioprotection a modifié leurs pratiques professionnelles.

« Plus de 80% des cabinets et des cliniques vétérinaires possèdent un générateur de rayons X. Avant 2003, il n’y avait qu’une formation succincte à la radioprotection dans les écoles vétérinaires, se souvient le Dr Catherine Roy, vétérinaire et formatrice [1]. Les vétérinaires et les auxiliaires de santé vétérinaire n’étaient que 20 % à porter un dosimètre individuel. » Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation [2], la donne a bien changé. « Les étudiants portent aujourd’hui un dosimètre dans les écoles vétérinaires. Le nombre de dosimètres utilisés par les 14 000 vétérinaires et les 10 000 auxiliaires est passé de 4 000 à 14 000 entre 2002 et 2006. » 

À quoi attribuer ce progrès ? « Aux actions menées par la profession », répond le Dr Roy. « Quand nous avons commencé, en 2004, nos formations de la personne compétente en radioprotection, nous avons invité l’IRSN à participer à nos conférences parce que nous étions nouveaux dans ce domaine et voulions l’avis de l’expert. Depuis, l’IRSN intervient régulièrement dans nos formations et nous transmet des informations actualisées sur la réglementation et la dosimétrie. » 

 

Mesurer le risque, pour mieux protéger

En 2006, le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) confie à l’Institut la réalisation d’une étude de poste dans dix cliniques représentatives, afin de mesurer les doses réellement reçues par les équipes. « Cette analyse a montré que nous étions très peu exposés. La plupart des dosimètres individuels attestaient d’une dose annuelle inférieure à 1 mSv, ce qui nous a permis de classer les vétérinaires et les auxiliaires en catégorie B [3], précise le Dr Roy. Ainsi, nous avons pu conseiller aux structures vétérinaires d’acheter des dosimètres, individuels comme d’ambiance, non pas mensuels mais trimestriels. Ces  mesures de surveillance sont à la fois parfaitement adaptées au risque et plus faciles à mettre en œuvre, car moins coûteuses. » 

De quoi encourager la mise en conformité. Au-delà, le Dr Roy en appelle désormais l’IRSN pour que sa profession bénéficie d’une interprétation adaptée de la réglementation. « Elle traite les structures de radiologie médicale comme elle traite les vétérinaires, qui sont 95 % à prendre moins de 1 000 clichés par an », justifie-t-elle. « Certains textes comme l’arrêté zonage sont très lourds à mettre en œuvre, notamment d’un point de vue financier, pour nous comme pour les dentistes. »

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Notes :

1- Décret n° 2003-296 du 31 mars 2003 relatif à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants .
2- Formatrice PCR, membre du conseil régional de l’Ordre des vétérinaires PACA, membre du conseil d’administration de la Société française de radioprotection.
3- La catégorie A regroupe les travailleurs exposés susceptibles de recevoir plus de 6 mSv par an . Tous les autres sont classés en catégorie B.