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Constat Radiologique 'Rémanence de la radioactivité d’origine artificielle'
Date de publication : 26/04/2016

 

​Suite à l’accident de Tchernobyl de 1986 et aux essais d’armes nucléaires aériens entre 1950 et 1980, certaines zones de l’Hexagone témoignent encore de niveaux de radioactivité supérieurs ou très supérieurs à ceux observés dans le reste de la France, y compris au voisinage des installations nucléaires.

 

Ces zones éparses sont situées principalement sur des reliefs : le Massif-Central, les Pyrénées, le Jura, les Vosges, les Alpes du Sud et l’Est de la Corse. On les appelle zones de rémanence de la radioactivité artificielle. 

 

 

Consulter le rapport en version feuilletable « Constat Radiologique "Rémanence de la radioactivité d’origine artificielle" »

 

Télécharger le rapport « Constat Radiologique "Rémanence de la radioactivité d’origine artificielle" (PDF, 6,69 Mo)

 

 

 

Zones d'étude de la rémanence de la radioactivité artificielle (carte de droite), basées les dépôts théoriques en césium 137 provenant des essais nucléaires atmosphériques et de l’accident de Tchernobyl (carte de gauche)
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Carte dépôts théoriques en césium 137 provenant des essais nucléaires atmosphériques et de l’accident de Tchernobyl
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Zones d'étude de la rémanence de la radioactivité artificielle

 

Dans le cadre du Constat radiologique « rémanence de la radioactivité d’origine artificielle », l’IRSN a entrepris d’actualiser et de compléter les mesures environnementales faites à différentes reprises sur ces zones, dans le but de proposer un état des lieux de la radioactivité artificielle qui y persiste et d’expliquer son évolution dans le temps et sa distribution spatiale.

 

En 2013 et en 2014, 350 échantillons ont été prélevés pour l’analyse du césium 137. En complément, 49 analyses de l’activité du plutonium 239, du plutonium 240 et de l’américium 241 ont été effectuées dans les sols. L’activité en strontium 90 a été mesurée dans 50 échantillons de sols, d’herbages, de laits, de fromages et de gibiers.

 

Niveaux de radioactivité dans les lacs et les fleuves

 

Des principaux résultats obtenus en milieu aquatique, on retiendra que dans les lacs du Mercantour, la radioactivité artificielle évolue faiblement depuis 1986, à l’exception des mousses pour lesquelles l’activité en césium 137 diminue avec une période effective de décroissance de l’ordre de 6 ans.

 

Dans ces « milieux fermés », la persistance des polluants radioactifs dans l’eau (césium 137), les mousses aquatiques (américium 24) et les sédiments (césium 137 et américium 241) est particulièrement marquée. Dans les « milieux ouverts » que constituent les fleuves qui drainent l’est de la Corse, l’activité en césium 137 dans les poissons et les sédiments a nettement diminué depuis les premières mesures réalisées en 1986 en 1987. 

 

Niveaux de radioactivité en milieu terrestre

 

Dans les sols des massifs des Vosges, du Jura, des Alpes du Sud et de Corse, les activités en césium 137 sont toujours les plus élevées de France. Elles sont supérieures à 10 000 becquerels par mètre carré (Bq/m2), soit 8 fois la moyenne des sols français. Dans les prairies d’altitude des Alpes du sud, des activités supérieures à 100 000 Bq/m2 peuvent être observées sur des « points chauds » correspondants à de très petites surfaces (quelques dm2 à un m2 environ). Dans les sols des Pyrénées, l’activité en césium 137, plus faible à 3 000 Bq/m2, provient pour l’essentiel des essais nucléaires.

 

Dans les denrées alimentaires, malgré des intensités de transfert du césium variables en fonction notamment des propriétés des sols, les niveaux de radioactivités des échantillons issus des zones de rémanence sont le plus souvent plus élevés que ceux provenant du reste du territoire. 

 

C’est notamment le cas du lait dont l’activité en césium 137, en moyenne de 0,32 Bq/litre sur les zones étudiées se distingue nettement de la gamme d’activités du lait produit ailleurs en France : entre 0,004 et 0,03 Bq/l. Une différence encore plus importante est constatée pour les denrées des forêts (baies, champignons et gibiers), dont l’activité en césium 137 est plus variable peut atteindre plusieurs centaines de Bq/kg frais. 

 

Évaluation de la dose reçue par la population

 

En 2015, un habitant des zones les plus touchées par les retombées de Tchernobyl (est de la France) reçoit une dose moyenne de 37 microsieverts par an (µSv/an) contre 5,4 µSv/an pour une personne résidant ailleurs en France. Ces doses sont principalement dues à l’exposition externe au rayonnement émis par le césium présent dans les sols. 

 

Malgré les niveaux de radioactivités très élevés mentionnés précédemment, les « point-chauds » d’altitude ne peuvent occasionner, en raison de leur taille très réduite et de leur localisation, que des doses très modérées liées à des durées d’exposition limitées. Un bivouac de quelques heures sur un de ces points conduirait à une dose de l’ordre de 10 µSv.

 

La contribution de l’incorporation de césium via l’ingestion de denrées est en moyenne beaucoup plus faible, inférieure à 1 µSv/an. Elle peut toutefois devenir non-négligeable pour les personnes consommant beaucoup de champignons et de gibier issues des zones les plus touchées : de l’ordre de 80 µSv/an pour un consommateur régulier et potentiellement jusqu’à 570 µSv/an pour un gros consommateur.

 

 

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