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Le potentiel géothermique de la région de Bure est-il exceptionnel ?

08/06/2015


L’IRSN a réalisé, pour le compte du CLIS de Bure, une évaluation du potentiel géothermique du sous-sol au droit du site retenu pour le projet Cigéo. Il ressort de cette évaluation qu’il existe bel et bien localement un potentiel géothermique mais que celui-ci ne peut être considéré comme exceptionnel. Retour sur les éléments conduisant à cette conclusion.

Contexte et enjeux

Début 2014, le CLIS de Bure a sollicité l’IRSN afin de connaître sa position sur le potentiel géothermique du sous-sol au droit du site sur lequel l’Andra étudie l’implantation d’une installation de stockage géologique de déchets de haute et moyenne activité à vie longue. A cet égard, le guide de sûreté relatif au stockage définitif des déchets radioactifs en formation géologique profonde indique que « le site devra être choisi de façon à éviter des zones pouvant présenter un intérêt exceptionnel en termes de ressources souterraines ». Ainsi, la présence d’un potentiel géothermique au droit du site retenu, s’il est considéré exceptionnel, serait de nature à remettre en cause la réalisation du projet.

Trop de sel et pas assez chaud…

Il ressort de l’étude menée par l’IRSN à partir des dernières données acquises, que le secteur de Meuse/Haute-Marne présente bien une ressource géothermique de type Basse Energie, localisée dans les grès du Trias inférieur.

Toutefois, comme l’explique Jean-Michel Matray, hydrogéologue et géochimiste à l’IRSN, deux éléments limitent l’exploitabilité de ce potentiel : « l’aquifère du Trias inférieur présente une salinité cinq fois supérieure à celle de l’eau de mer ce qui rend impossible le rejet de l’eau pompée en surface si on veut éviter une pollution des eaux superficielles avec des éléments tels que le plomb, le zinc, le cuivre... ». Il s’impose donc de réinjecter cette eau dans la formation argilo-gréseuse d’origine.

Or la réinjection dans ce type de formation conduit à des difficultés techniques liées à leurs propriétés intrinsèques et limitant le débit d’exploitation. En outre, la température de la ressource identifiée (70°C) ne la rend pas très attractive en regard d’autres aquifères connus du centre du Bassin parisien. Enfin, si une ressource plus profonde et donc plus chaude est suspectée, son existence reste hypothétique à ce stade.

…mais un scénario d’un forage à étudier

En conclusion, le site ne présente pas d’intérêt particulier par rapport à d’autres formations ou zones qui possèdent un potentiel géothermique mieux démontré et des conditions d’exploitation plus aisées, comme la formation du Dogger du centre du Bassin parisien, ni un gradient géothermique plus élevé, comme dans le pourtour du Massif Central ou du fossé Rhénan. Le potentiel géothermique au droit du site retenu par l’Andra pour implanter une installation de stockage ne peut donc être considéré comme exceptionnel. 

Toutefois, dans l’hypothèse de l’oubli de la présence du stockage, il ne peut être exclu que ce potentiel puisse conduire dans le futur à la réalisation de forages venant traverser l’installation. L’IRSN estime que ce type de situation doit faire l’objet d’une analyse spécifique, au titre de la démonstration de sûreté de Cigéo, afin d’apprécier notamment son incidence sur les capacités de confinement du stockage.

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