SharePoint
Aide
  • Accueil
  •  > Les déchets radioactifs
Les déchets radioactifs

La gestion pour les déchets à vie longue


Trois voies de recherche (appelées aussi "axes") avaient été retenues par la loi du 30 décembre 1991 concernant le devenir des déchets radioactifs de haute activité à vie longue : la séparation-transmutation (axe 1), le stockage en formation géologique profonde (axe 2), le conditionnement et l’entreposage de longue durée en surface (axe 3). Le pilote des recherches était le CEA pour les axes 1 et 3 et l’Andra pour l'axe 2. Sur la base des résultats de recherche acquis, une nouvelle loi, parue en 2006, a organisé la suite du processus pour la gestion de ces déchets.

La nouvelle loi de programme 2006-739 relative à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs a été adoptée le 28 juin 2006. Elle stipule notamment que :

 la gestion durable des matières et des déchets radioactifs de toute nature, résultant notamment de l’exploitation ou du démantèlement d’installations utilisant des sources ou des matières radioactives, est assurée dans le respect de la protection de la santé des personnes, de la sécurité et de l’environnement ;
 la recherche et la mise en oeuvre des moyens nécessaires à la mise en sécurité des déchets radioactifs sont entreprises afin de prévenir ou de limiter les charges qui seront supportées par les générations futures ;
 les producteurs de combustibles usés et de déchets radioactifs sont responsables de ces substances.

La loi institue un plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) et fixe des échéances pour les principales étapes de leur gestion. Une commission nationale est chargée d’évaluer annuellement l’état d’avancement des recherches et études relatives à la gestion des matières et des déchets radioactifs compte tenu des orientations fixées par le plan précité. Le décret 2008-357 fixe les prescriptions relatives à ce plan.

Ce plan doit ainsi respecter les orientations suivantes :

 la réduction de la quantité et de la nocivité des déchets radioactifs est recherchée notamment par le traitement des combustibles usés et le traitement et le conditionnement des déchets radioactifs ;
 les matières radioactives en attente de traitement et les déchets radioactifs ultimes en attente d’un stockage sont entreposés dans des installations spécialement aménagées à cet usage ;
 après entreposage, les déchets radioactifs ultimes ne pouvant, pour des raisons de sûreté nucléaire ou de radioprotection être stockés en surface ou en faible profondeur, font l’objet d’un stockage en couche géologique profonde.

Dans le cas des déchets à vie longue de haute ou de moyenne activité, la loi de 2006 prévoit que les recherches et études relatives à ces déchets sont poursuivies selon les trois axes complémentaires suivants.

A – La séparation et la transmutation

Le principe

La séparation et la transmutation ont pour objectif de réduire les quantités d’éléments radioactifs à vie longue contenus dans les déchets ultimes en les séparant par des procédés chimiques puis en les transmutant sous flux neutronique, c'est-à-dire en les transformant en éléments à vie courte.

L’état des recherches

Les recherches ont confirmé que l’objectif de la séparation-transmutation est très ambitieux. La séparation constitue un prolongement complexe du retraitement, et ne peut concerner que certains déchets à vie longue. La transmutation suppose le développement de nouvelles installations (réacteurs, accélérateurs de particules dédiés) et ne peut s’envisager qu’à travers des programmes pérennes qui s’étalent sur une centaine d’années.

Par ailleurs, si la transmutation est capable de détruire certains éléments à vie longue séparés (les actinides), elle est sans doute d’application très difficile, voire impossible, pour d’autres éléments comme les produits de fission à vie longue qui sont plus mobiles en situation de stockage car solubles et susceptibles de se déplacer avec les eaux souterraines. La séparation- transmutation n’apparaît donc pas, à elle seule, comme une technique alternative au stockage géologique.

La loi de 2006 prévoit la poursuite des recherches sur la séparation et la transmutation des éléments radioactifs à vie longue. Les études et recherches correspondantes seront conduites en relation avec celles menées sur les nouvelles générations de réacteurs nucléaires (cf. article 5 de la loi n°2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique) ainsi que sur les réacteurs pilotés par accélérateur dédiés à la transmutation des déchets. L’objectif fixé par la loi est de disposer d’une évaluation des perspectives industrielles de ces filières et de mettre en exploitation un prototype d’installation avant fin 2020.

B – L’entreposage

Le principe

L’entreposage est l’opération consistant à placer des déchets radioactifs, à titre temporaire, dans une installation spécialement aménagée à cet effet, en surface ou à faible profondeur, dans l’attente de les récupérer, en vue de leur traitement ou de leur évacuation vers les filières de gestion dédiées. Il se justifie notamment pour les déchets dont les filières associées sont en cours d’étude. Des entreposages industriels existent d’ores et déjà sur les sites nucléaires.

La sûreté des entreposages

La conception des installations d’entreposage doit allier robustesse et simplicité et respecter les principes de sûreté et de radioprotection habituellement mis en Tmuvre pour les installations nucléaires. L’entreposage étant par définition provisoire, il faut prévoir la surveillance de l’intégrité des colis afin qu’ils puissent être repris dans des conditions simples et sûres.

La loi de 2006 demande que les études et recherches correspondantes soient réalisées au plus tard en 2015 en vue de créer de nouvelles installations d’entreposage ou de modifier des installations existantes pour répondre aux besoins (capacité, durée, etc.) recensés par le PNGMDR. 

C– Le stockage en couche géologique profonde

Le principe

Il consiste à déposer les colis de déchets dans des ouvrages souterrains creusés dans un milieu géologique imperméable présentant des caractéristiques favorables en termes de stabilité géologique, d’hydrogéologie, de géochimie et de comportement mécanique et thermique.

Le milieu doit être choisi de façon à éviter des zones présentant un intérêt exceptionnel en termes de ressources souterraines extractibles et les ouvrages doivent être implantés à une profondeur minimale d’au moins 200 mètres pour s’affranchir des effets liés à l’érosion et aux intrusions humaines.

La loi de 2006 définit le stockage en couche géologique profonde comme une solution de gestion pérenne tout en posant le principe de sa réversibilité. Une loi fixera notamment la durée minimale pendant laquelle, à titre de précaution, la réversibilité d’un tel stockage doit être  assurée. Cette durée ne peut être inférieure à 100 ans.

Le concept de stockage géologique étudié repose sur le principe de barrières multiples qui s’opposent à l’arrivée de l’eau sur les déchets puis limitent (et permettent de maîtriser) la dispersion des substances radioactives. Ces barrières comprennent le colis de déchets, la « barrière ouvragée », qui est le matériau manufacturé qui peut être interposé entre le colis de déchets et la roche, et la barrière géologique qui est la roche elle-même. Le rôle du milieu géologique hôte consiste tout particulièrement à confiner les substances radioactives relâchées au cours du temps en assurant une migration très lente et en favorisant les phénomènes de rétention dans les terrains traversés, de manière à bénéficier de la décroissance radioactive.

Le loi de 2006 prévoit pour 2015 l'instruction de la demande d'autorisation de construction d'un tel centre de stockage. Sous réserve de cette autorisation, la mise en service interviendra en 2025.

 
 
En images

Cliquer sur l'image pour la voir en grand format
Vue aérienne du laboratoire de Bure (Meuse/Haute-Marne)

Cliquer sur l'image pour la voir en grand format
Entreposage de déchets vitrifiés. Vue de dessus des puits (Marcoule)