SharePoint
Aide
  • Accueil
  •  > L'expertise
  •  > Assurer la sûreté de la gestion de tous les déchets radioactifs
Assurer la sûreté de la gestion de tous les déchets radioactifs

Les stockages : clés de voute des filières de gestion des déchets


La classification française des déchets radioactifs repose sur deux paramètres importants pour définir le mode de gestion approprié : le niveau d’activité des éléments radioactifs contenus et leur période [1].

Cette classification conduit dans la pratique à distinguer les déchets très faiblement actifs (TFA) [2], les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) [3], les déchets de faible activité à vie longue (FAVL) [4] et enfin les déchets de haute activité ou de moyenne activité à vie longue (HA-MAVL) [5]. La classification des déchets radioactifs identifie en fonction de la nature du déchet (activité et période) la solution de gestion retenue ou envisagée.

Le tableau ci-après les présente de manière synthétique :

La classification des déchets radioactifs identifie en fonction de la nature du déchet la solution de gestion retenue/envisagée

La disponibilité d’une installation de stockage pour l’élimination des différentes catégories de déchets produits est un élément essentiel d’optimisation de la sûreté des filières de gestion de ces déchets.

La création du centre de stockage de l’Aube, à la suite de la fermeture du centre de stockage de la Manche dont les capacités maximales étaient atteintes [6], a permis d’offrir une solution technique à l’élimination définitive de l’essentiel des déchets de faible activité et à vie courte générés par l’exploitation du parc d’installations nucléaires actuel.

En revanche, la suspension du processus de recherche d’un site de stockage [7] pour les déchets de faible activité et à vie longue (issus du démantèlement des réacteurs nucléaires de première génération et de déchets contenant du radium) pourrait notamment conduire EDF à différer davantage le démantèlement de ces réacteurs, avec des implications pour la sûreté à évaluer.

Par ailleurs, la création d’un stockage de déchets de haute ou moyenne activité et à vie longue (HA-MA/VL) en formation géologique profonde (projet Cigéo) constitue un acte majeur pour la gestion des déchets qui présentent la plus grande nocivité [8].

Notes :

1- La période radioactive est le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent naturellement.
2- Déchets très faiblement actifs (TFA) : Ces déchets proviennent essentiellement du fonctionnement et du démantèlement des installations nucléaires, mais aussi d'industries utilisant des matériaux naturellement radioactifs (chimie, métallurgie, production d'énergie...). Certains déchets TFA sont issus de l'assainissement et de la réhabilitation d'anciens sites pollués par la radioactivité. Ils se présentent généralement sous la forme de déchets inertes, béton, gravats, terres..., ou de déchets métalliques. Fin 2010, ils représentaient 27 % du volume total des déchets radioactifs français déjà produits. (Source : Andra)
3- Déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) : Ce sont essentiellement des déchets liés à la maintenance (vêtements, outils, gants, filtres…) et au fonctionnement des installations nucléaires (traitements d'effluents liquides ou gazeux). Ces déchets sont également issus de laboratoires de recherche, d'hôpitaux, d'universités… ou d'opérations d'assainissement et de démantèlement. Fin 2010, ils représentaient 63 % du volume total des déchets radioactifs français déjà produits. (Source Andra)
4- Déchets de faible activité à vie longue (FAVL) : Ces déchets sont essentiellement des déchets contenant du radium et du graphite. Leur production s'est arrêtée ou doit s'arrêter. D'autres déchets FA-VL existent tels que d'anciens objets radioactifs à usage familial (ex : fontaine au radium), certaines sources scellées usagées (paratonnerres, détecteurs d'incendie…), certains déchets bitumés (boues radioactives séchées enrobées dans du bitume). Fin 2010, ils représentaient 7 % du volume total des déchets radioactifs français déjà produits. (Source : Andra)
5- Les déchets de moyenne activité à vie longue (MAVL) résultent essentiellement du traitement des combustibles usés (gaines des combustibles usés, boues issues du traitement…) et de la maintenance des installations nucléaires. Fin 2010, ils représentaient 3 % du volume total des déchets radioactifs français déjà produits. Les déchets de haute activité (HAVL) sont des matières non recyclables, hautement radioactives, issues du traitement des combustibles usés des centrales nucléaires. Fin 2010, ils représentaient 0,2 % du volume total des déchets radioactifs français déjà produits. (Source :  Andra)
6- Voir la synthèse du rapport de l'IRSN sur la sûreté du centre de stockage de la Manche.
7- Voir l'avis de l'IRSN sur le contexte géologique des sites envisagés par l’ANDRA pour l’accueil d’un centre de stockage pour les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) et l'avis de l’IRSN sur quatre études présentées dans le cadre du plan national de gestion des matières et déchets radioactifs.
8- Pour plus d'information, consulter la page La sûreté d'un stockage géologique : l'expertise du dossier Cigéo.