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Le devenir des radionucléides rejetés lors de l’accident de Fukushima : une synthèse dans la revue Nature Review

05/11/2020



​Cette synthèse, publiée le 27 octobre 2020 dans la revue scientifique Nature Review, souligne que bien que la diminution de la concentration en césium-137 dans les sols de surface  soit bien plus rapide dans la région de Fukushima qu'elle ne l'a été à Tchernobyl, elle reste suffisamment élevée pour être une source non négligeable de césium-137 pour les cours d'eau autour de la région de l'accident.

 

La synthèse, menée conjointement par les Universités de Tsukuba et de Fukushima, la Japan Atomic Agency, le Landcare Research, le Fukushima Prefectural Center for Environmental Creation et l'IRSN, examine le devenir du césium-137 issu de l'accident de Fukushima, plus particulièrement sa migration dans les forêts et le sol.


En effet l'accident qui a affecté la centrale de Fukushima Dai-ichi en mars 2011 a conduit aux rejets dans l'environnement les plus importants de substances radioactives depuis l'accident de Tchernobyl en 1986 et leur impact sur l'environnement terrestre n'est pas suffisamment connu.

 

Une diminution initiale rapide de la concentration en radionucléide dans certains compartiments de l'environnement


La répartition du césium-137 dans les forêts a considérablement changé au cours de la première année suivant l'accident de 2011. Le radionucléide a été transporté de la canopée au sol forestier majoritairement par pluviolessivage. Par la suite le césium contenu dans la litière du sol a migré plus profondément dans le sol.


C'est sous l'action d'un lessivage, d'actions de décontamination ou de labourage que cette réserve de césium des sols de surface va décroitre. Ainsi dans les zones fortement soumises aux infiltrations d'eau ou peu protégées des typhons, comme les rizières abandonnées, une partie du césium a rapidement migré plus en profondeur dans le sol, une autre partie ayant été transférée vers d'autres compartiments, notamment les cours d'eau.


Cette différence de vitesse dans la décroissance de la concentration du césium entre les régions de Tchernobyl et de Fukushima s'explique donc d'une part par les actions humaines qui y ont été menées afin de décontaminer les régions touchées, et par les différences topographiques et météorologiques d'autre part.


La combinaison des études menées à Tchernobyl et à Fukushima permettent d'avoir une meilleure vision sur les processus expliquant le devenir des radionucléides rejetés par un accident nucléaire grave. Il est donc essentiel de continuer à étudier la migration future des radionucléides dans ces zones afin d'améliorer nos capacités de prédiction pour le long terme. 


>> Découvrir l'artic​le « Radionuclides from the Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant in terrestrial systems » dans Nature