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Projet AGORAS

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Dernière mise à jour juin 2018

Le projet ANR AGORAS (Amélioration de la Gouvernance des Organisations et des Réseaux d’Acteurs pour la Sûreté nucléaire), lancé en 2014 et qui s’achèvera en 2019, vise à analyser les dimensions humaines et organisationnelles qui interviennent dans la gouvernance des risques nucléaires en France, au regard de l’accident nucléaire de Fukushima-Dai-ichi. Le projet s’intéresse ainsi aux modalités de prise en compte des accidents graves dans la conception des réacteurs et aux modalités de préparation de la gestion d’une crise nucléaire. AGORAS étudie plus particulièrement les interactions entre les organisations qui sont en charge de la sûreté (concepteurs, exploitants, IRSN et ASN), un domaine encore peu abordé.


AGORAS fait partie des 14 projets retenus par l’ANR dans le cadre de l’appel à projets « Progamme investissements d’avenir - Recherche en  sûreté nucléaire et radioprotection » (PIA RSNR) lancé suite à l’accident de Fukushima-Daiichi. Il réunit des partenaires académiques, industriels et institutionnels, dont l’IRSN qui pilote deux actions du projet.
 

 

 

Contexte et objectifs


En mars 2011, la catastrophe de Fukushima interroge certains des principes sur lesquels la sûreté nucléaire s’est construite au Japon mais aussi au France. Cela concerne à la fois les pratiques des acteurs concernés (concepteurs, exploitants, autorités de sûreté et organisations d’expertise), les connaissances qu’ils mobilisent mais aussi la manière dont ils organisent leur action. Suite à cet accident, l’Autorité de Sureté Nucléaire demande, en mai 2011, aux exploitants nucléaires de procéder à des « évaluations complémentaires de sûreté » (ECS) de leurs installations. Ces évaluations font apparaitre la nécessité de produire des connaissances scientifiques solides sur la manière dont la sûreté nucléaire est construite à travers des interactions entre les acteurs cités ci-dessus.


C’est précisément sur ce point que porte le projet AGORAS. Il vise à comprendre comment se construisent et évoluent les équilibres institutionnels entre les exploitants, leurs sous-traitants et partenaires ainsi que les autorités de sûreté et les organismes publics d’expertise, dans un contexte post-Fukushima où la société civile tend à jouer un rôle croissant. L’accent est mis sur les débats et controverses qui s’instaurent entre ces différentes entités et qui fondent en partie le niveau de sûreté nucléaire.


Le projet AGORAS doit fournir des connaissances permettant d’améliorer la prévention des accidents et la préparation à la gestion de crise, en situation d’urgence et post-accidentelle.

 

 

 

Déroulement du projet


AGORAS s’organise autour de deux volets complémentaires, chacun divisé en 3 actions :

 

  • Un volet prévention des accidents qui analyse l’impact de l’accident de Fukushima sur l’approche de la sûreté des installations et sur les relations entre acteurs de la gouvernance des risques nucléaires.
  • Un volet gestion de crise qui analyse la manière dont cet accident contribue à faire évoluer la perception de l’accident nucléaire et les modalités de préparation à la gestion de la situation accidentelle et post-accidentelle.

 

 

Volet 1 : prévention des accidents


L’objectif de ce volet est d’analyser les dynamiques de construction et de mise en œuvre des principes associés à la sûreté des installations en France. Les trois actions de recherche de ce volet visent à analyser les processus de production des connaissances sur les risques, et les modalités de mobilisation de ces connaissances dans les processus de conception des installations. Ces analyses se déploient autour d’une idée centrale : les processus de production et de mobilisation des savoirs sont les produits d’interactions entre des organisations (concepteurs, exploitants, IRSN et ASN) qui ont des logiques et des finalités différentes.

 

  • L’action 1, pilotée par l’IRSN, s’intéresse à la prise en compte des exigences liées aux agressions d’origine naturelle et aux accidents graves, dans les processus d’élaboration des décisions de conception des installations. Il s’agit plus particulièrement d’examiner ces décisions au regard des enseignements tirés de l’accident de Fukushima.
  • L’action 2, également pilotée par l’IRSN, s’intéresse à la manière dont un accident, et celui de Fukushima en particulier, transforme les processus de production et de mobilisation des savoirs par les experts de la sûreté nucléaire. Il s’agit notamment d’identifier les conditions qui favorisent l’examen critique et l’évolution de ces processus, mais aussi celles qui y font obstacle.
  • L’action 3, pilotée par l’Institut Mines Télécom Atlantique (IMT-Atlantique), s’intéresse à l’impact de l’accident de Fukushima Dai-ichi sur la conception des réacteurs de future génération, en particulier ceux dits de « IVème génération ». Il s’agit d’analyser les dynamiques intra- et inter-organisationnelles qui structurent ces processus.

 

 

Volet 2 : Prévenir et gérer la crise

 

Ce volet, complémentaire au premier, s’intéresse à l’influence des accidents nucléaires, notamment celui de Fukushima Dai-ichi, sur l’évolution des doctrines, des compétences et des pratiques de gestion de crise. Chacune des trois actions de ce volet de recherche pose la question de l'articulation entre une logique d'anticipation et une logique de résilience. La première se fonde essentiellement sur des plans d'actions et sur la définition précise des responsabilités, rôles et compétences des différents acteurs. La seconde repose sur la capacité d'ajustement et d'improvisation en situation, face à l'imprévu.

 

  • L’action 4, pilotée par le Centre de Sociologie des Organisations (CSO) de Sciences Po Paris, traite de l’évolution des organisations et des doctrines en matière de gestion de crise induites notamment par les accidents de Three Miles Island (1979), Tchernobyl (1986), et Fukushima-Dai-ichi (2011). Cette action se concentre sur l’évolution des plans de préparation à la gestion de crise et des exercices menés régulièrement pour entrainer les acteurs et tester leur degré de préparation.
  • L’action 5, pilotée également par le CSO, analyse les évolutions de la gouvernance de la sûreté nucléaire suite à un accident de grande ampleur, celui de Fukushima-Dai-ichi en particulier, en France comme à l’international. L’objectif est de comprendre comment les acteurs arrivent à déterminer les causes de l’accident et mettent en place des dispositifs pour en tirer des enseignements. Elle se concentre notamment sur les pratiques de l’ASN, en particulier ses relations avec les exploitants et avec l’IRSN.
  • L’action 6, pilotée par l’IMT-Atlantique, analyse la préparation de la gestion « post-accidentelle ». Elle pose la question de la définition de la situation post-accidentelle, ses frontières et ses objectifs, et se focalise sur les outils développés pour sa prise en charge. Il s’agit en particulier de comprendre les modalités d’articulation des expertises et des capacités d’actions des sphères institutionnelles et des populations et leurs représentants, lors de la gestion d’une situation de crise à moyen terme.

 

 

 

Résultats et perspectives


Sur le plan scientifique, ce projet doit permettre d’élaborer des modèles d’analyse socio-organisationnelle de la gouvernance de la sûreté nucléaire à l’échelle des relations inter-organisationnelles. Sur le plan pratique, il vise à aider les acteurs de la sûreté nucléaire à développer des outils, des méthodes et des processus pour améliorer les pratiques inter-organisationnelles de conception des technologies nucléaires et de gestion de crise.


Caractéristiques

Laboratoire IRSN impliqué

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