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La Cohorte Enfant Scanner

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Contexte


Le scanner (tomodensitométrie ou CT scan en anglais) est un outil indispensable de la médecine moderne pour les diagnostics médicaux, utilisé chaque jour en pratique clinique et de plus en plus chaque année en France. Les doses reçues par les organes-cibles lors d'un scanner sont bien plus importantes que lors d'un examen de radiographie conventionnelle. Par exemple, lors d'un scanner abdominal, l'estomac reçoit approximativement 12,5 milliGray[1] (mGy), soit une dose 50 fois supérieure à la dose reçue par le même organe lors d'une radiographie abdominale. L'utilisation croissante du scanner, malgré ses bénéfices sur le plan médical, entraîne une augmentation des doses de rayonnements ionisants reçues par les patients.

La communauté scientifique s'intéresse de plus en plus aux risques potentiels à long terme de ces expositions médicales (cancer, leucémies, etc.). Les effets radio-induits pour des niveaux de dose tels que ceux générés par des examens scanner (quelques dizaines de mGy) n'ont pas été scientifiquement établis de manière indiscutable, mais plusieurs études récentes semblent mettre en évidence une augmentation de risque de cancers du cerveau et de  leucémies chez des patients ayant bénéficié de scanner durant l'enfance.

La cohorte Enfant Scanner a été mise en place par le Laboratoire d'épidémiologie des rayonnements ionisants (LEPID) de l'IRSN en collaboration avec la Société Francophone d'Imagerie pédiatrique et prénatale (SFIPP) et une vingtaine de centres hospitaliers universitaires (CHU) répartis sur l'ensemble de la France. Il s'agit d'une étude épidémiologique visant à étudier le risque potentiel de cancer radio-induit après exposition au scanner dans l'enfance.


Objectif


Les études réalisées au sein de la cohorte Enfant Scanner visent à améliorer la connaissance des pathologies susceptibles de se développer à long terme suite à une exposition médicale diagnostique aux rayonnements ionisants à faibles doses durant l'enfance. Elles s'intéressent au risque éventuel de survenue de différents cancers (incidence et mortalité par cancer), en fonction de l'exposition aux rayonnements ionisants et en tenant compte des facteurs de risque potentiels, comme les facteurs de prédisposition au cancer.


Description


La cohorte est actuellement constituée de plus de 100 000 enfants, nés après le 1er janvier 1995 et ayant été exposés à un premier scanner entre 2000 et 2011 dans l'un des CHU[2] suivants : Angers, l'APHP[3] (centres hospitaliers A Trousseau, Béclère, Bicêtre, J Verdier, L Mourier, Necker, R Debré, St Vincent de Paul), Bordeaux, Clermont-Ferrand, La Réunion, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Rouen, Tours. Les enfants qui ont bénéficié d'un scanner pour le diagnostic ou le suivi d'une pathologie cancéreuse sont exclus du suivi. Cette étude a fait l'objet d'une déclaration à la CNIL[4], autorisation n° 908354 du 12/12/2008 et DR-2011-141 du 26/4/2011.

Les diagnostics de cancers sont obtenus par croisement de la cohorte avec le Registre national des cancers de l'enfant (RNCE) et le statut vital par croisement avec le Registre National d'Identification des Personnes Physiques de l'Insee.[5] D'autre part, un décret en Conseil d'Etat paru au Journal Officiel du 7 août 2016 (décret 2016-1080 du 3 août 2016) autorise l'IRSN à utiliser les données du Programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) et des données de l'Assurance Maladie, via le Système National des Données de Santé (SNDS), pour compléter les données de santé collectées auprès des CHU participants et du RNCE. Les informations dosimétriques concernent : la date de l'examen, le site anatomique exposé aux rayonnements ionisants, le modèle de machine scanner et le protocole d'acquisition d'images utilisés. A partir de ces informations anonymisées, des analyses statistiques sont réalisées par le LEPID. A ce jour, les patients ont été suivis jusqu'au 31 décembre 2011.


Résultats


Une description initiale de la population et des doses reçues a fait l'objet d'une publication scientifique et de plusieurs communications en congrès. Une première analyse des données a été effectuée dans le cadre de la thèse de Neige Journy (soutenance novembre 2014). Les résultats préliminaires suggèrent une augmentation du risque de tumeur cérébrale et de leucémie associée à la dose chez les enfants ne présentant pas de prédisposition au cancer. Cependant, le suivi court et le faible nombre de cas de cancer dans la cohorte ne permettent pas de disposer d'une puissance statistique suffisante pour confirmer ce résultat. La poursuite de suivi permettra d'augmenter la puissance de nos analyses (Journy et al., 2015). Il est prévu d'effectuer un suivi de l'état de santé de ces enfants en 2021.

Des collaborations internationales sont en cours, en particulier dans le cadre du projet européen EPI-CT, ainsi que dans le cadre du projet européen MEDIRAD.

 

Financements : IRSN, Ligue contre le Cancer, Institut National du Cancer (InCa), Commission Européenne.



Information CNIL pour les personnes incluses dans l'étude Enfant Scanner


Conformément aux dispositions des articles 15 à 21 du règlement général sur la protection des données (RGPD), vous disposez d'un droit d'accès, de rectification, de limitation du traitement, d'effacement ou de portabilité des données vous concernant ou concernant votre enfant. Vous disposez également d'un droit d'opposition au traitement ou à la transmission des données vous concernant ou concernant votre enfant. En cas d'opposition, les données vous concernant cesseront de faire partie de l'étude et seront détruites.

Vous pouvez exercer ces droits auprès du délégué à la protection des données de l'IRSN à l'adresse e-mail : donnees.personnelles@irsn.fr



[1] le milliGray (mGy) est l'unité de dose absorbée par un organe donné.

[2] Centre hospitalier universitaire.

[3] Assistance Publique Hôpitaux de Paris.

[4] Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés

[5] Institut national de la statistique et des études économiques



Références


  • Baysson H, Journy N, Rehel JL, Mezzarobba M, Boudjemline Y, Bonnet D, Petit J, Brisse HJ, Aubert B, Laurier D, Bernier MO. Suivi d'enfants exposés aux rayonnements ionisants dans le cadre de procédures radiologiques à visée diagnostique. Radioprotection 2013; 48(1):97-113.
  • Baysson H, Journy N, Roue T, Ducou-Lepointe H, Etard C, Bernier MO. Exposition à la scanographie dans l'enfance et risque de cancer à long terme. Une synthèse des études épidémiologiques récentes. Bull Cancer 2016; 103 :190–198. https://doi.org/10.1016/j.bulcan.2015.11.003
  • Bernier MO, Mezzarobba M, Maupu E, Caër-Lorho S, Brisse H J, Laurier D, Brunelle F, Chatellier G. Utilisation des données du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) dans les études épidémiologiques : application à la Cohorte Enfant Scanner. Rev Epidemiol Santé Publ 2012; 60:363-370.
  • Bernier MO, Rehel JL, Brisse H, Wu-Zhou X, Caer-Lorho S, Jacob S, Chateil JF, Aubert B, Laurier D. Radiation exposure from computed tomography in early childhood: a French large scale multicenter study. Br J Radiol 2012; 85:53–60.
  • Journy N. Analyse de la relation entre l'exposition aux rayonnements ionisants lors d'examens de scanographie et la survenue de pathologie tumorale au sein de la cohorte « Enfant Scanner ». Thèse soutenue le 14 novembre 2014 à l'Hôpital Paul Brousse de Villejuif (Université Paris Sud).
  • Journy N, Rehel JL, Ducou Le Pointe H, Lee C, Brisse H, Chateil JF, Caer-Lorho S, Laurier D, Bernier MO. Are the studies on cancer risk from CT scans biased by indication? Elements of answer from a large-scale cohort study in France. Br J Cancer 2015; 112(1):185-193. doi: 10.1038/bjc.2014.526.
  • Journy N, Roué T, Cardis E, Ducou Le Pointe H, Brisse H, Chateil J-F, Laurier D, Bernier M-O. Childhood CT scans and cancer risk: impact of predisposing factors for cancer on the risk estimates. J Radiol Prot 2016; 36:N1-N7.
  • Journy N, Laurier D, Bernier MO. Comment on: Are the studies on cancer risk from CT scans biased by indication? Elements of answer from a large-scale cohort study in France. Br J Cancer 2015; 112(11):1843-4. doi:10.1038/bjc.2015.105