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Laboratoire des sciences humaines et sociales (LSHS)

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Dernière mise à jour en janvier 2018

 

Le Laboratoire des sciences humaines et sociales (LSHS) de l’IRSN, créé en 2012, conduit des recherches sur les aspects humains, organisationnels et sociaux qui peuvent avoir un impact la sûreté nucléaire. Il met en œuvre une approche pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales (ergonomie, sociologie, psychologie sociale et sciences de gestion) pour acquérir des connaissances et développer des compétences en support aux missions d’expertise de l’IRSN.

 

 

 


 

Contexte de recherche

 

 

Les accidents majeurs qui ont marqué l’histoire du nucléaire civil - Three Miles Island, Tchernobyl, Tokai-Mura et Fukushima - ont confirmé le caractère central des facteurs humains, organisationnels et sociaux dans la maîtrise de la sûreté nucléaire. L’accident d’Épinal dans le domaine de la radiothérapie, ainsi que l’explosion de l’usine AZF dans le domaine de la chimie, ont également rappelé le caractère crucial de ces facteurs pour la sécurité des patients, des travailleurs et de la population. Au-delà de ces accidents, l’importance de ces facteurs apparaît aussi à travers le retour d’expérience de l’exploitation au quotidien des installations nucléaires.


 

L’IRSN a donc besoin de disposer de connaissances dans le domaine des sciences humaines et sociales afin d’apporter des éléments de réponse à la question générale formulée dans la stratégie scientifique de l’IRSN, transverse aux domaines de la sûreté, de la sécurité et de la radioprotection, à savoir : "Comment mieux évaluer l’impact en matière de sûreté-sécurité des activités humaines liées à l’exploitation des installations ou des dispositifs utilisant les rayonnements ionisants et à la gouvernance des risques ?". L’enjeu est de contribuer à une meilleure maitrise de la sûreté des installations nucléaires (réacteurs de puissance, monde médical…) pour réduire le risque d’un accident majeur et de contribuer également à la radioprotection des travailleurs et des populations. Les recherches sont conduites en veillant à faire porter les efforts humains et financiers sur les thématiques à fort enjeux.


 

Les connaissances produites, qui s’appuient notamment sur des échanges et des partenariats avec le monde académique et les acteurs du nucléaire, sont destinées à améliorer les activités d’expertise et les prises de position de l’Institut ainsi qu’à être diffusées auprès des acteurs de la gouvernance des risques nucléaires et à contribuer aux débats contemporains.

 

 


Axes de recherche

 

La question scientifique traitée par le LSHS, présentée ci-dessus, se décline en quatre domaines de recherche.

 

L'exploitation normale des installations


 

Ces recherches visent à doter l’IRSN de concepts et de méthodes permettant d’évaluer si les dispositions techniques, organisationnelles et de management mises en œuvre par les exploitants sont de nature à leur permettre d’améliorer de manière continue la sûreté de l’exploitation des installations. Elles ont également pour objectif d’identifier les facteurs susceptibles de favoriser ou au contraire gêner la prévision, programmation, coordination des activités et la gestion des relations de sous-traitance, activités nécessaires à la conduite des projets complexes, qu’il s’agisse de projets de conception, de modification ou de démantèlement d’installation.


 

Quelques projets terminés en cours :

 

  • La Chaire RESOH, projet suivi par Alexandre Largier, créée en mars 2012 par l’École des Mines de Nantes, avec le soutien d’Areva, de Naval Group (anciennement DCNS) et de l’IRSN rejoints en 2017 par l’Andra. Cette chaire est consacrée à l’étude des aspects organisationnels et humains de la sûreté dans les réseaux de co-activité et de sous-traitance dans les industries à risques, tout au long du cycle de vie des installations. Le LSHS participe activement aux activités de la Chaire et fait partie de son comité de pilotage.

 

  • Le Halden Reactor Project (HRP), projet suivi par Céline Poret, est un projet de recherche international affilié à l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN-OCDE) et mené par l’Institute For Energy technology (IFE) qui réunit de nombreux partenaires sur le thème de l’exploitation sûre et fiable des centrales nucléaires. L’IRSN est partenaire de ce projet depuis de nombreuses années et le LSHS assure un suivi des travaux menés dans le cadre du volet Man Technology Organisation (MTO).

 

  • Le projet COSEA (Co-activité en actes), projet piloté par Elsa Gisquet, a pour objectif d’analyser les fonctionnements des collectifs de travail confrontés à des enjeux de co-activité dans des contextes très contraints et à forts enjeux de sûreté. Il s’intéresse en particulier à la co-activité entre zones exploitées et zones de chantier afin de proposer des éléments de réflexion sur les risques associés et sur les outils développés pour les gérer. Les partenaires de l’IRSN pour ce projet sont Sciences-Po Paris et la RATP.


 

  • Le projet Culture de sûreté, piloté par Elsa Gisquet. La notion de "culture de sûreté", apparue à la suite à l’accident de Tchernobyl, est souvent utilisée de manière abusive et approximative au point qu’elle perd de son sens. L’objectif du projet est de réaliser un état des lieux de la notion de culture de sûreté selon diverses disciplines afin de la rendre plus opérationnelle, notamment pour les activités d’expertise de l’Institut. Ce projet a donné lieu à la publication d’un rapport.


 

La gestion de crise


 

Les recherches menées dans ce domaine s’intéressent plus précisément aux dynamiques humaines et organisationnelles qui émergent dans le cadre de la gestion d’une crise faisant suite à un accident industriel ou nucléaire. Il s’agit de comprendre comment il est possible de faire face à des circonstances imprévues et au danger et comment favoriser la coopération entre les acteurs de la gestion de crise.


 

Quelques projets terminés et en cours :

  • Le projet EDGE (Interfaces entre expertise et décision en situation de gestion de crise dans les industries à hauts risques), projet piloté par Elsa Gisquet, et mené en partenariat avec l’Ineris, vise à comprendre la manière dont les organisations de crise favorisent la coopération entre groupes d’acteurs pour faire face à un évènement imprévu potentiellement à risque pour la population. Plus particulièrement, le projet cherche à comprendre comment elles favorisent la mobilisation de l’expertise technique par les acteurs publics locaux et nationaux lors d’accidents industriels.


 

  • Le projet Dimensions humaines et organisationnelles de l'accident de Fukushima-Daiichi, projet piloté par Elsa Gisquet. L’accident de Fukushima-Dai-ichi questionne la capacité des organisations à faire face à des situations accidentelles inédites. L’objectif de ce projet est de comprendre les épreuves auxquelles sont confrontées les organisations à risques dans un contexte déstabilisé par un évènement imprévu d’une exceptionnelle gravité. Il s’agit plus particulièrement de s’interroger sur la capacité des acteurs à agir et se coordonner dans l’urgence. Ce projet achevé a donné lieu à la publication d’un rapport.


 

  • Le projet Exercices de crise, projet suivi par Elsa Gisquet, a pour objectif de réfléchir à la place des exercices de simulation dans la préparation à la gestion de crise. L’analyse porte à la fois sur les plans de la préparation à la crise élaborés par les pouvoirs publics et les principaux exploitants (EDF et Areva), l’organisation de crise et enfin les exercices conduits régulièrement pour tester le degré de préparation des différents intervenants et des dispositifs mis en place. Ce projet constitue l’action 4 du projet AGORAS, pilotée par le Centre de sociologie des organisations de Science-Po Paris et à laquelle l’IRSN contribue.


 

La gestion de la situation post-accidentelle


 

Les recherches relatives à la gestion post-accidentelle ont pour objectif de contribuer à la définition du rôle de l’Expert public en situation post-accidentelle, plus particulièrement le type d’expertise à apporter en support à la prise de décision dans les instances locales, préfectorales et nationales, et son articulation avec d’autres formes d’expertise. L’enjeu est également de contribuer à la définition de dispositifs qui aident les acteurs concernés à se préparer à la gestion post-accidentelle. Ces recherches mobilisent notamment les notions d’accountability (comment une institution rend-elle des comptes au public ?), de transparence et de confiance.


 

Exemple d'un projet en cours :

  • Le projet SHINRAI, piloté par Christine Fassert, est un projet franco-japonais coordonné par l'IRSN et dont les partenaires sont Sciences-Po Paris et l'Institut technologique de Tokyo (Tokyo Tech). Il a pour objectif de décrypter la situation post-accidentelle au Japon à l'aide d'une approche pluridisciplinaire, afin d'aider l'IRSN à définir son rôle d'expert public en cas d'accident nucléaire.


 

La gouvernance des risques nucléaires


 

Les recherches menées sur la gouvernance des risques nucléaires ont pour objectif d’améliorer la connaissance des activités d’expertise et des influences qu’exercent sur elles les dispositifs de régulation des risques et les relations entre acteurs de cette régulation (exploitants, autorités de sûreté, représentants de la société civile). Il s’agit d’identifier les facteurs socio-organisationnels et humains qui ont une influence sur la robustesse scientifique de l’expertise en sûreté et radioprotection, afin de mieux expliciter ses limites. Il s’agit aussi d’identifier les conditions qui sont favorables au développement des interactions entre experts et représentants de la société civile.


 

Quelques projets en cours :

  • Thèse en sociologie sur le développement des savoirs relatifs aux accidents graves (menée par Maël Goumri sous la direction de Soraya Boudia - Université Paris Descartes) : elle vise à analyser sous un angle socio-historique le développement des savoirs relatifs aux accidents graves (qualifiés aussi d'accidents de fusion de cœur), l'émergence de l'objet corium (composants fondus du cœur du réacteur) et de ses différents modes de gestion, notamment à travers le projet In Vessel Melt Retention (IVMR) piloté par l'IRSN.

  • Thèse en gestion sur la dynamique de développement des outils de régulation du risque d'inondation (menée par Michael Mangeon, sous la direction de Frédérique Pallez - Mines Paris-Tech) : elle a pour objectif de caractériser les régimes de régulation des risques associés aux différents outils de régulation.

Ces deux recherches s'inscrivent dans l'action 1 du projet AGORAS, pilotée par Olivier Chanton.

  • Thèse en sociologie sur l'évolution de la prise en compte du risque sismique (menée par Mathias Roger sous la direction de Soraya Boudia - Université Paris Descartes) : elle a pour objectif de caractériser les évolutions issues des évaluations complémentaires de sûreté (ECS), notamment en ce qui concerne la définition et la mise en place du noyau-dur*, en les inscrivant dans une histoire scientifique, technique, pratique et réglementaire de la prise en compte du risque sismique pour la sûreté des installations nucléaires françaises. Cette recherche s'inscrit dans l'action 2 du projet AGORAS, pilotée par Christine Fassert.

  • Le projet DEROG (Dynamique d'évolution des référentiels de sûreté - Outils de Gouvernance des risques), piloté par Olivier Chanton : cette recherche sociologique porte sur un dispositif de régulation à temporalité courte : les demandes de dérogations aux Règles Générales d'Exploitation (RGE) de la sûreté des réacteurs à eau sous pression (REP). Elle a pour objectif de caractériser les pratiques d'expertise et les relations inter-organisationnelles qui se développent dans et autour de ce dispositif, d'en questionner les effets et de contribuer ainsi à son amélioration.

*Le concept de "noyau dur" vise à disposer de structures et équipements résistant à des événements extrêmes assurant les fonctions fondamentales pour la sûreté des installations et pour la gestion de crise du site. Il s'agit de protéger les matériels nécessaires à la maîtrise des fonctions de sûreté vis-à-vis d'aléas notablement supérieurs à ceux retenus pour le dimensionnement des installations. Ces événements extrêmes comprennent le séisme, l'inondation, les températures extrêmes, les précipitations (neige, vents, foudre, grêle, tornade...). Ils sont établis avec des niveaux d'exigence notablement majorés (définition de l'ASN).


 


 

Équipe de recherche

 

François Jeffroy, docteur en ergonomie, chef du LSHS

Alexandre Largier, docteur en sociologie, adjoint au chef du LSHS

Olivier Chanton, docteur en psychosociologie

Christine Fassert, docteure en sociologie

Elsa Gisquet, docteure en sociologie

Céline Poret, docteure en ergonomie

Manon Britel, doctorante en psychologie sociale (2016-2019)

Maël Goumri, doctorant en sociologie (2015-2018)

Michael Mangeon, doctorant en sciences de gestion (2014-2018)

Mathias Roger, doctorant en sociologie (2016-2019)

 

 

Partenariat et réseaux de recherche

  

 

Le LSHS développe de nombreuses collaborations académiques et industrielles dans le cadre d’un réseau qui intègre notamment :

  • Le Centre de gestion scientifique (CSG) de Mines Paris-Tech
  • Le Centre de sociologie des organisations (CSO) de Sciences Po Paris/CNRS
  • Le Conservatoire National des Arts et Métiers
  • L’ESSEC Business School
  • L’Université Paris 8
  • L’Institut technologique de Tokyo (Tokyo tech)
  • L’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA)
  • Areva
  • L’Ineris
  • Naval Group (anciennement DCNS)
  • La RATP

Publications et thèses

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IRSN/PSN-SRDS/SHOT

Laboratoire des sciences humaines et sociales

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