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Fukushima en 2012 et 2013

Fukushima en 2013

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​​​​​​Deux ans après l'accident, l'IRSN a continué à suivre la situation à la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, et a publié régulièrement de nouvelles informations sur son impact environnemental et sanitaire ainsi que sur l'état des installations nucléairesrale. Vous trouverez tous ces éléments regroupés ci-dessous.​

En mars 2013, l'Institut a également publié un document de synthèse sur la situation au Japon ainsi que sur les actions européennes et internationales engagées afin de prévenir la survenue d’un autre accident nucléaire et ses conséquences radiologiques.

Télécharger le document de synthèse de l'IRSN « Accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : Etat des lieux deux ans après l’événement » (pdf)

 

Etat des installations

Après avoir repris le contrôle de ses installations, l’exploitant Tepco a fait face à trois enjeux :

  • la maîtrise des installations
  • la maîtrise des rejets
  • le plan de reprise de contrôle des installations.

 

L’IRSN relève l’importance des moyens déployés par TEPCO pour le contrôle des installations, mais souligne le contexte toujours difficile lié à une connaissance encore limitée de l’état des installations, à une accessibilité réduite dans les bâtiments accidentés et au niveau de fiabilité actuel des moyens mis en oeuvre. Comme le montrent les événements qui surviennent ponctuellement malgré les efforts mis en oeuvre, une grande vigilance reste nécessaire, dans le cadre d’une démarche de ré-interrogation et d’amélioration continue.

De manière générale, compte tenu des dégradations très importantes subies par les barrières de confinement des matières radioactives, de très faibles rejets se poursuivent dans l’atmosphère, de même que, très vraisemblablement, dans le sol et donc les eaux souterraines. Par ailleurs, des fuites sont régulièrement constatées sur les installations mises en place à la suite de l’accident (circuits de refroidissement et de traitement des eaux).

Pour l'IRSN, l’un des principaux enjeux en matière de maîtrise des rejets est le traitement et le stockage de très importants volumes d’eau contaminée. La fuite survenue en avril 2013 sur des réservoirs enterrés en est une bonne illustration.

TEPCO considère que les premières phases de reprise de contrôle de l’installation sont réalisées dans la mesure où, d’une part le refroidissement des réacteurs et des piscines est assuré, avec le maintien d’une température basse de l’eau dans les installations, d’autre part les rejets résiduels sont à des niveaux très faibles. Les actions de nettoyage du site se poursuivent, notamment pour permettre les travaux futurs.

Sans remettre en cause la cohérence de ce plan d’actions, l’IRSN souligne que les délais annoncés sont à considérer comme des ordres de grandeur et que d’importantes opérations de caractérisation approfondie de l’état des installations seront à réaliser. L’IRSN relève toutefois l’importance des moyens mis en oeuvre par TEPCO pour tenir l’échéancier annoncé. TEPCO ajuste régulièrement son échéancier en fonction des enseignements de ses investigations dans les installations et de l’avancement des travaux, mais, à ce jour, l’avancement apparaît en ligne avec l’échéancier global. 

 

Télécharger les points de situation technique détaillés produits par l'IRSN :

Point de situation général - Janvier 2013 (pdf)

Perte du refroidissement de la piscine d’entreposage d’assemblages combustibles du réacteur 3 de Fukushima Daiichi - Avril 2013 (pdf)

Fuite de réservoirs d’eau radioactive sur le site de Fukushima Dai-ichi - Avril 2013 (pdf)

​Gestion des eaux contaminées provenant des réacteurs accidentés - Juillet 2013 (pdf)

Point de situation général - Juillet 2013 (pdf)

Contamination du sol entre les réacteurs accidentés et l’océan Pacifique - Juillet 2013 (pdf)

Point de situation général - Novembre 2013 (pdf)

Evacuation du combustible présent dans la piscine d'entreposage du réacteur n°4  - Novembre 2013 (pdf)

 

Impact environnemental de l'accident

Un vaste programme de décontamination de la province de Fukushima a été mis en place : lessivage des murs et des toits des habitations, élagage des branches d’arbres situés près des maisons, décapage sur 5 centimètres de la couche superficielle des sols… Cette décontamination a généré d'importants volumes de déchets. L’Agence de l’énergie atomique japonaise (Japan Atomic Energy Agency) a lancé deux campagnes de mesures auxquelles l’IRSN a participé. Il s’agit d’évaluer le niveau de contamination dans un rayon d’environ 100 kilomètres autour de la centrale. La première campagne a consisté à prélever des échantillons en des points espacés de 2 kilomètres et à mesurer leur radioactivité en laboratoire. Durant la seconde campagne, des mesures directes de contamination par spectrométrie gamma in situ ont été effectuées au niveau des mêmes points.

Le programme de recherche Freebird, lancé en 2011 par l’IRSN, était un des autres projets en cours afin d'évaluer les effets de la radioactivité sur l’ADN, l’immunité, la couleur du plumage… d’oiseaux vivant dans les 100 kilomètres autour de la centrale accidentée. L’université de Fukushima, en collaboration avec l’Institut, a créé un centre de radioactivité environnementale. L'université de Tsukuba a elle mené avec les équipes françaises une étude sur l’évolution du stock de césium dans les forêts contaminées.

En s’appuyant sur les nombreuses données publiées par les instituts japonais et le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie (Mext) au Japon, l’IRSN a fait un travail de synthèse sur la contamination de l’environnement qui a donné lieu à la publication de plusieurs documents : 

Note d'information de février 2013 sur les « Conséquences de l’accident de Fukushima sur le milieu terrestre au Japon et implications sur les doses reçues par la population » (pdf)

Rapport IRSN PRP-ENV/2013-00044 de mars 2013 « Impact environnemental de l’accident de Fukushima-Daiichi » (pdf)

Note d'information de Mars 2013 sur « L'actualisation des connaissances relatives à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer et des sédiments issue du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi » (pdf)

 

Gestion post-accidentelle

L’accident de la centrale de Fukushima Daiichi s’est traduit par des dépôts radioactifs durables dans l’environnement. Les populations vivant dans les territoires impactés par ces retombées peuvent être exposées aux rayonnements émis par les radionucléides présents dans les milieux de vie et en consommant des denrées alimentaires produites localement, potentiellement contaminées.

Cette situation à conduit les autorités japonaises à engager des actions de protection de la population vis-à-vis de ces voies d’exposition au cours des premières semaines après la fin des rejets accidentels en 2011. Ces actions se sont traduites par la mise en place de dispositifs spécifiques :

  • des zones d’exclusion ou d’éloignement des populations dans les territoires où les niveaux de radioactivité ambiante sont trop élevés pour permettre le maintien sur place des populations ;
  • un système de normes alimentaires couplé à un dispositif étendu de surveillance de la contamination des denrées produites dans les territoires contaminés et des produits issus de la pêche.

 

Ces dispositifs ont été déployés tout au long de l’année 2011. L’année 2012 a été marquée par des évolutions successives de ces dispositifs afin de tenir compte de l’amélioration progressive de la connaissance de la contamination réelle des territoires et de la décroissance radioactive de la contamination en place.

En effet, la radioactivité déposée au sol qui était particulièrement élevée dans les territoires les plus contaminés, au début de l’accident, a ensuite rapidement décru par disparition des radionucléides de courte période, au cours du premier mois, pour atteindre un niveau de l’ordre de 15% de la radioactivité initiale (15 avril 2011) et inférieur à 10% à partir de juillet. En parallèle, le rayonnement gamma ambiant a diminué dans les mêmes proportions.

Télécharger le rapport IRSN/PRP-CRI/2013-00038 de mars 2013 « Gestion post-accidentelle de l’accident de Fukushima-Daiichi (volets population et alimentation) » (pdf)

Les doses auxquelles est exposée la population ont fortement diminué depuis mars 2011. Désormais, ce sont principalement les doses dues à l’exposition externe aux dépôts qui vont contraindre dans la durée la gestion des territoires contaminés et la reconquête des zones évacuées.

Sur la base de cette exposition externe, les autorités japonaises ont défini en août 2013 un nouveau zonage des territoires évacués :

  • une zone de 320 km2 où le retour est difficilement envisageable à moyen terme ;
  •  une zone de 300 km2 où il est interdit de résider mais où l’accès peut être permis ;
  • une zone de 460 km2 où se prépare le retour des populations.

 

Dans cette dernière zone qui représente 40% du territoire initialement évacué, le débit de dose dans l’air extérieur est inférieur à 3,8 µSv/h et le plus souvent inférieur à 1,9 µSv/h, garantissant une dose annuelle inférieure à 20 mSv pour les personnes qui reviendraient y vivre.

Télécharger la note d'information de l'IRSN « Estimation des doses potentiellement reçues par la population japonaise - Point de la situation en décembre 2013 » (pdf)

 

Conséquences sanitaires de l’accident

Les doses reçues par les Japonais les plus exposés seraient inférieures à 100 millisieverts (mSv). Il n’est donc pas certain qu’un excès de risque de cancers puisse être décelé dans quelques années.

Dès la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires japonaises ont conçu et mis en place des études épidémiologiques afin d’évaluer l’état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs et de suivre son évolution au cours du temps. En fonction du groupe concerné, ces études sont basées sur un questionnaire qui sera complété dans certains cas par la réalisation d’examens médicaux. Les résultats de ces études épidémiologiques permettront de disposer d’informations sur l’incidence de base de certaines pathologies au sein de la population japonaise (cancers, leucémies, troubles psychologiques, thyroïdiens, hépatiques, rénaux, diabète, etc.) et d’évaluer les éventuelles conséquences sanitaires de l’exposition de la population aux retombées radioactives. Prévues pour une durée d’environ 30 ans, le pilotage de ces études a été confié à l’Université médicale de Fukushima en collaboration avec d’autres centres médicaux japonais.

Ces programme de suivi sanitaire comprend ;

  • une enquête de base à destination de tous les habitants de la préfecture de Fukushima : cette enquête a pour objectif de recueillir des informations quant au comportement des personnes (où se trouvaient-elles, à quel moment, pendant combien de temps, etc.) afin d'estimer la dose externe qu'elles ont reçue et d'identifier celles pour lesquelles un suivi médical renforcé s'avère nécessaire ; cette enquête concerne environ 2 050 000 personnes.
      
  • un bilan thyroïdien réalisé pour tous les enfants âgés de 18 ans ou moins qui résidaient dans la préfecture de Fukushima pendant la phase des rejets de l'accident : cette étude a pour objectif principal d'évaluer une potentielle augmentation des cancers de la thyroïde au cours des années et décennies à venir, telle qu'elle a été observée chez les enfants exposés aux retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl ; elle concerne environ 360 000 enfants nés avant le 1er avril 2011.
      
  • des bilans médicaux spécifiques chez les personnes qui ont été évacuées des zones les plus exposées aux retombées radioactives ; cette étude concerne environ 210 000 personnes et permet de recueillir des informations relatives à leur style de vie (telles que tabagisme ou alcoolisme par exemple) et à leur état psychologique sur la base d'un questionnaire. L'incidence de base de pathologies telles que les cancers solides, les leucémies, le diabète et les troubles hépatiques et rénaux est également évaluée sur la base d'examens cliniques et biologiques.
      
  • un suivi des femmes ayant déclaré une grossesse entre le 1er août 2010 et le 31 juillet 2011 et résidant dans la préfecture du Fukushima, ou ayant accouché dans la préfecture de Fukushima le 11 mars 2011 ou plus tard, et d'un suivi des éventuelles anomalies génétiques et congénitales diagnostiquées chez les enfants nés de ces femmes ; cette étude concerne environ 16 000 femmes.

 

Côté travailleurs du nucléaire, selon Tepco, six salariés ont reçu une dose cumulée supérieure à 250 mSv. Aucun effet attribuable à une exposition aiguë n’a été observé à ce jour. Le suivi médical des travailleurs a été renforcé avec la mise en place d’une base de données et d’examens cliniques, biologiques et psychologiques en fonction de la dose reçue. Aucune information précise n’était disponible à ce jour pour les autres catégories de professionnels, tels les pompiers, policiers, personnes de la sécurité civile et employés municipaux.

Télécharger la note d'information de l'IRSN « Conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima - Point de la situation en février 2013 » (pdf)

Télécharger la note d'information de l'IRSN « Bilan des études épidémiologiques conduites sur les habitants de la préfecture de Fukushima - Décembre 2013 » (pdf)

 

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