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Fukushima de 2017 à 2020

Fukushima en 2019

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​​​​​​​​​Huit ans ​après l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi, l’IRSN publiait un rapport sur les conséquences sociales de la catastrophe, notamment les questions de retour et de non-retour dans les territoires évacués. La population faisait l’objet d’un suivi sanitaire complet, notamment un dépistage des cancers de la thyroïde chez l’enfant. Enfin, les actions pour maîtriser les installations se poursuivaient avec l'objectif d'aboutir au démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi d’ici 30 à 40 ans.

 

Etat des installations

Intervention à la centrale de Fukushima Daiichi : création d'une ouverture afin d'accéder au réacteur 2. (©TEPCO)                
Intervention à la centrale de Fukushima Daiichi : création d'une ouverture afin d'accéder au réacteur 2. (©TEPCO)

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Sur le site de la centrale, les réacteurs 1, 2 et 3 étaient désormais maintenus à une température, généralement inférieure à 30°C, grâce à une injection permanente d’eau douce.​

Au niveau des piscines d’entreposage des combustibles usés, le refroidissement en circuit fermé mis en œuvre depuis l’accident permettait également de maintenir la température généralement sous les 30°C.

  

L’un des principaux objectifs de l’exploitant TEPCO était de limiter les infiltrations de l’eau injectée pour refroidir les réacteurs 1, 2 et 3 dans les sous-sols des bâtiments : 

  • P​ar le traitement des eaux radioactives. Des dispositif​s permettaient le retr​ait d’éléments radioactifs, sauf le tritium et des éléments radioactifs à l'état de traces. Toutefois, TEPCO qui n’était pas autorisé à rejeter les eaux traitées, devait encore les entreposer dans des réservoirs représentant environ 1 million de m3 ;

  • Par des dispositifs de maîtrise des eaux. Des barrières d’étanchéité via la congélation des terrains avaient été créées afin d'empêcher la pollution des eaux saines par les eaux radioactives, qui se trouvaient dans les sous-sols des bâtiments des réacteurs 1 à 4. 

 

En parallèle, le plan d’actions visant à aboutir au démantèlement des installations se poursuivait. Le retrait des combustibles usés de la piscine du réacteur 3 devait intervenir au premier semestre 2019. Pour rappel, cette opération a été achevée en décembre 2014 pour le réacteur 4, la plus chargée en combustibles. Pour les piscines des réacteurs 1 et 2, la reprise du combustible était annoncée vers 2023. 

Deuxième étape du plan d’actions, le retrait des combustibles dégradés dans les réacteurs accidentés 1 à 3 faisait l’objet d’un vaste programme de recherche afin de développer des moyens d’investigation et de concevoir les dispositifs nécessaires aux retraits des combustibles. En janvier 2018 et en février 2019, TEPCO a observé par robot la dégradation du cœur du réacteur 2. Le début du retrait des combustibles dégradés devrait être engagé un peu au-delà de 2020. 

La 3e et dernière étape devait conduire au démantèlement complet des installations dans un délai de 30 à 40 ans. 

Télécharger la note de l'IRSN "Situation en mars 2019 des installations de Fukushima Daiichi" (PDF, 426 Ko)

A lire également :

Consulter l'animation de TEPCO : chronologie de l'ensemble des travaux réalisés à la centrale de Fukushima Daiichi

 

Suivi sanitaire​ des populations

Dès la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires japonaises ont conçu et mis en place un programme d'études épidémiologiques et de suivi sanitaire afin d'évaluer l'état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs de l'accident et de suivre son évolution au cours du temps. Ces études sont basées sur un questionnaire complété, dans certains cas, par la réalisation d'examens médicaux. Les résultats de ces études épidémiologiques permettront de disposer d'informations sur l'incidence de certaines pathologies au sein de la population japonaise (cancers solides, leucémies, troubles psychologiques, thyroïdiens, hépatiques, rénaux, diabète, etc.) et d'évaluer, en fonction de leur évolution dans le temps, les éventuelles conséquences sanitaires de l'accident. Le pilotage de ces études prévues pour de nombreuses années a été confié à l'Université de Médecine de Fukushima (FMU), en collaboration avec d'autres centres médicaux japonais.

Ces programme de suivi sanitaire comprend ;

  • une enquête de base à destination de tous les habitants de la préfecture de Fukushima : cette enquête a pour objectif de recueillir des informations quant au comportement des personnes (où se trouvaient-elles, à quel moment, pendant combien de temps, etc.) afin d'estimer la dose externe qu'elles ont reçue et d'identifier celles pour lesquelles un suivi médical renforcé s'avère nécessaire ; cette enquête concerne environ 2 050 000 personnes.
      
  • un bilan thyroïdien réalisé pour tous les enfants âgés de 18 ans ou moins qui résidaient dans la préfecture de Fukushima pendant la phase des rejets de l'accident : cette étude a pour objectif principal d'évaluer une potentielle augmentation des cancers de la thyroïde au cours des années et décennies à venir, telle qu'elle a été observée chez les enfants exposés aux retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl ; elle concerne environ 360 000 enfants nés avant le 1er avril 2011.
      
  • des bilans médicaux spécifiques chez les personnes qui ont été évacuées des zones les plus exposées aux retombées radioactives ; cette étude concerne environ 210 000 personnes et permet de recueillir des informations relatives à leur style de vie (telles que tabagisme ou alcoolisme par exemple) et à leur état psychologique sur la base d'un questionnaire. L'incidence de base de pathologies telles que les cancers solides, les leucémies, le diabète et les troubles hépatiques et rénaux est également évaluée sur la base d'examens cliniques et biologiques.
      
  • un suivi des femmes ayant déclaré une grossesse entre le 1er août 2010 et le 31 juillet 2011 et résidant dans la préfecture du Fukushima, ou ayant accouché dans la préfecture de Fukushima le 11 mars 2011 ou plus tard, et d'un suivi des éventuelles anomalies génétiques et congénitales diagnostiquées chez les enfants nés de ces femmes ; cette étude concerne environ 16 000 femmes.

     

De mars 2011 à décembre 2011, les territoires contaminés sont classés en deux grandes zones
Description du programme de suivi sanitaire des habitants de la préfecture de Fukushima

La FMU a présenté en janvier 2019, un bilan provisoire de la troisième campagne de dépistage des cancers de la thyroïde.

Ainsi,​ 217 472 enfants s'étaient présentés pour bénéficier d'une échographie de la glande thyroïde, dont 65 % présentaient des nodules ou d​es kystes. L'analyse a confirmé la présence d'un cancer de la thyroïde de type adénocarcinome papillaire chez les 13 enfants ayant eu une ablation chirurgicale.

À ce jour, il était encore prématuré de se prononcer sur une éventuelle augmentation des cancers de la thyroïde consécutive aux rejets radioactifs chez les enfants présents en 2011 dans la préfecture de Fukushima lors de l’accident nucléaire. Néanmoins, plusieurs éléments indiquaient que la fréquence élevée de nodules tumoraux thyroïdiens était liée à l’effet du dépistage plutôt qu’à un effet des rayonnements ionisants. ​

Télécharger la note de l'IRSN de mars 2019 - Conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima : bilan de la surveillance sanitaire et des études épidémiologiques (PDF, 872 Ko)

 

 

 Conséquences sociales de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi​Dans le cadre du projet Shinrai, un programme de recherche franco-japonais en partenariat avec le médialab de Sciences Po et l'université Tokyo Tech, l’IRSN a analysé les conséquences sociales de l’accident de Fukushima Daiichi, notamment les questions de retour et de non-retour dans les territoires évacués.

L’originalité de l’analyse était de s’appuyer sur une approche pluridisciplinaire (anthropologique, politique et sociologique) et sur une enquête approfondie auprès d’habitants de la préfecture de Fukushima et d’acteurs de la gestion de l’accident. 

Indicateur de radioactivité à la mairie de Date en décembre 2013​. © IRSN/Guillaume Bression/Fabien Recoquillé​
Indicateur de radioactivité à la mairie de Date en décembre 2013. 
© Guillaume Bression/Fabien Recoquillé/IRSN

In fine, le rapport a identifié 6 catégories d’habitants, en fonction de leur décision de revenir ou non dans les territoires évacués après les levées d’ordres d’évacuation. Ainsi, le positionnement de la population sur le retour semble fortement dépendant des situations personnelles : alors que des anciens sont plutôt favorables au retour, les familles avec enfants sont en revanche plus indécises.

Le rapport soulignait également le rôle important des élus locaux, en l’occurrence les maires, et les dilemmes éthiques auxquels les responsables politiques, les autorités ainsi que les experts chargés de les conseiller ont été confrontés : est-il légitime de rassurer à tout prix les populations ? Comment décider lorsque les intérêts des habitants divergent au point de remettre en cause la notion de « communauté » à laquelle se réfère une grande partie des approches internationales en matière de gestion post-accidentelle ? 

L’expérience de l’accident nucléaire de Fukushima met en question certains principes de la gestion post-accidentelle : 

  • l’attachement des habitants au territoire observé après l’accident de Tchernobyl n’a pas été vérifié à Fukushima. Pourtant, c’est une hypothèse qui sous-tend les principes sur lesquels repose l’approche internationale de la gestion post-accidentelle ;
  • la commensurabilité du risque radiologique à d’autres risques comme le tabac ou l’alcool, ou les autres risques que l’on encourt au Japon (risques naturels...). Utilisé par certains experts en radioprotection, ce type de mise en perspective montre certaines limites dans le contexte post-accident nucléaire :
  • le confinement du risque par le zonage. Le gouvernement japonais s’est appuyé sur les recommandations internationales de la CIPR ou de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Toutefois, des choix de zonage ont été contestés, notamment leur définition sur la base du niveau de radioactivité mesuré ou estimé pour le futur.

 

Télécharger le rapport ​​Shinrai research Project: The 3/11 accident and its social consequences. Case studies from Fukushima prefecture (PDF, 3 Mo, en anglais)

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