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Radon et santé : questions fréquentes

Quels sont les risques et effets sur la santé d’une exposition au radon ?

Les connaissances scientifiques montrent que l’exposition au radon dans l’habitat peut conduire chez l’adulte à une augmentation du risque de cancer du poumon. Le radon est classé comme cancérigène pulmonaire certain pour l’homme depuis 1987. Aujourd’hui, le cancer du poumon est le seul effet sanitaire reconnu d’une exposition au radon. Ce risque est proportionnel à l’exposition cumulée au radon qui elle-même dépend de la concentration de radon dans les pièces de la maison et du temps passé dans chaque pièce. Il est reconnu aujourd’hui que le risque de cancer du poumon décroit fortement dans les 30 ans après la fin de l’exposition au radon.

Peut-on savoir si un cancer est dû au radon ?

Non. On sait qu’un groupe d’individus ayant eu une exposition élevée au radon aura une fréquence de décès par cancer du poumon plus élevée qu’un groupe n’ayant pas eu d’exposition au radon (toutes choses étant égales par ailleurs), et on sait que cette différence de fréquence sera proportionnelle au niveau d’exposition. On sait également qu’il existe une latence importante entre le moment de l’exposition et l’augmentation de la probabilité de cancer du poumon (de l’ordre de 5 à 30 ans).
Toutefois, on n’est pas capable aujourd’hui de déterminer qui, au sein de ce groupe, développera un cancer du poumon, ni de déterminer parmi les cas de cancer lesquels sont dus au radon. Il s’agit d’un effet dit « stochastique », dans lequel seule la probabilité de survenue peut être estimée. Cette caractéristique s’applique aussi à l’effet du tabac.

Quel est le risque de décès par cancer du poumon dans la population française ?

Le cancer du poumon est un cancer fréquent dans la population française. Près de la moitié des nouveaux cas de cancer du poumon se déclare avant 65 ans. En France, le cancer du poumon est responsable d’environ 30 000 décès chaque année.
En 2012, la probabilité de décès par cancer du poumon jusqu’à l’âge de 75 ans est de l’ordre de 3,6 % chez l’homme et de 1,4 % chez la femme dans la population française (comprenant des fumeurs et des non-fumeurs). Le tabagisme est le facteur de risque principal du cancer du poumon. La probabilité de survenue d’un cancer du poumon est multipliée par un facteur de l’ordre de 10 à 30 entre un fumeur et un non-fumeur. La probabilité de décès par cancer du poumon jusqu’à l’âge de 75 ans pour une personne n’ayant jamais fumé peut être estimée à environ 0,36 % chez les hommes et 0,37 % chez les femmes.
Une évaluation quantitative de l’impact sanitaire de l’exposition domestique au radon en France, publiée en 2018 par l’IRSN et Santé publique France, permet de conclure que le radon pourrait jouer un rôle dans la survenue de certains décès par cancer du poumon dans une proportion qui serait d’environ 10 %. Chaque année, environ 3 000 décès lui seraient ainsi attribuables et il serait la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac. Ces estimations tiennent compte de la variabilité des expositions au radon sur l’ensemble du territoire, de l’interaction entre l’exposition au radon et la consommation tabagique, ainsi que des incertitudes inhérentes à ces types de calculs.
Nous vous recommandons de consulter le site IRSN ​pour plus d’informations sur ce sujet.

Quels sont les risques associés au radon chez les fumeurs ?

Le tabac et le radon sont deux agents cancérogènes pulmonaires.
Pour une exposition au radon donnée, la probabilité vie entière de décès par cancer du poumon pour un fumeur est multipliée par un facteur entre 10 et 30 par rapport à un non-fumeur selon l’historique tabagique (âge à la première cigarette, durée de tabagisme, nombre de cigarettes par jour…).
Les études épidémiologiques ont montré une augmentation du risque de cancer du poumon associée à l’exposition cumulée au radon, chez les fumeurs comme chez les non-fumeurs. L’action combinée des deux facteurs entraîne un risque relatif qui se situe ente l’addition et la multiplication des deux risques relatifs.

Quel est le risque de cancer du poumon associé à une exposition au radon durant l’enfance ?

Il n’y a pas aujourd’hui d’étude épidémiologique permettant d’estimer le risque de cancer du poumon dû à une exposition au radon durant l’enfance.
Il n’y a pas aujourd’hui d’élément permettant de dire qu’une exposition pendant l’enfance entraînerait un risque supérieur à cette même exposition à l’âge l’adulte. Il est vraisemblable que la décroissance du risque relatif après la fin de l’exposition, revenant proche du risque de la population globale 30 ans après la fin de l’exposition observée ch​ez les adultes, puisse s’appliquer aussi aux enfants, mais celle-ci n’est pas démontrée. Ainsi, postuler l’absence de décroissance du risque après la fin de l’exposition pour les enfants peut être une hypothèse prudente.

Existe-t-il d’autres risques associés au radon que le cancer du poumon ?

Plusieurs auteurs ont étudié l’hypothèse d’une association entre le risque de leucémie infantile (chez les moins de 15 ans) et l’exposition à la radioactivité naturelle (qui comprend à la fois l’exposition au radon mais aussi aux rayonnements d’origine tellurique et cosmique).
Certaines études ont montré une association (y compris en France), mais l’ensemble des résultats actuellement disponibles n’est pas suffisamment cohérent pour conclure à l’existence ou non d’un excès de risque. Par ailleurs, du fait du faible niveau des doses délivrées à la moelle dues au radon (de l’ordre de 100 fois inférieures à celles délivrées au poumon), d’autres auteurs attribuent plutôt ces observations à l’exposition aux rayonnements externes d’origine tellurique et non au radon.

Qu’est-ce qu’une évaluation de risque ?

L’évaluation quantitative des risques sanitaires vise à estimer, par calculs et sur la base des connaissances actuelles, la probabilité supplémentaire d’effets sanitaires (ici l’excès de risque de décès par cancer du poumon) attribuable à une exposition à un agent donné (ici l’exposition au radon). Pour réaliser cette évaluation, on doit connaître le taux de base des pathologies en cause, quantifier l’exposition des individus à l’agent considéré, et disposer d’un modèle de relation dose-réponse applicable à l’agent considéré.​

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