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Avis de l’IRSN sur les commentaires de l’Andra relatifs au rapport de l’IEER concernant les recherches effectuées par l’Andra pour définir une Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie (ZIRA)

22/05/2013

​A la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire, l’IRSN a examiné les commentaires de l’Andra relatifs au rapport de l’Institut américain de Recherche sur l’Energie et l’Environnement (IEER) sur les recherches qu’elle a effectuées pour définir dans le secteur de Meuse/Haute–Marne une Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie (ZIRA) de 30 km², en vue de l’implantation des installations souterraines d’un stockage réversible de déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue (HA-MAVL).

 

Sur la base des éléments examinés, l’IRSN estime que les commentaires de l’Andra relatifs à la complémentarité des approches probabiliste et déterministe pour évaluer d’une part des performances globales du stockage et d’autre part l’aléa sismique, sont globalement fondés et considère que les éléments exposés par l’IEER ne sont pas suffisants pour remettre en question les conclusions formulées en 2005 sur ces évaluations. Néanmoins, sur le plan de la méthode, comme le souligne l’IEER, l’IRSN considère que l’Andra pourrait à l’avenir présenter une analyse probabiliste plus complète et systématique pour renforcer la confiance dans la maîtrise des diverses incertitudes.

 

Par ailleurs, pour ce qui concerne les interrogations de l’IEER sur l’homogénéité de la formation argileuse du Callovo-Oxfordien et leurs conséquences possibles sur le transfert de radionucléides, l’IRSN considère que ces propriétés de transport au sein de la formation du Callovo-Oxfordien varient peu à l’échelle de la ZIRA et ont bien été prises en compte dans les études de sensibilité présentées par l’Andra dans le Dossier 2005.

 

S’agissant de la cicatrisation potentielle de la roche endommagée par l’excavation (EDZ), l’IRSN estime que des progrès sont encore nécessaires pour réduire les incertitudes sur le comportement mécanique de la roche afin de disposer d’une interprétation satisfaisante de ses possibles évolutions. Ces incertitudes peuvent toutefois être convenablement couvertes dans la démonstration de la sûreté du stockage en prenant en compte un scénario volontairement pessimiste postulant que la zone endommagée autour des ouvrages ne se cicatrise pas.

 

Enfin, pour ce qui concerne la nécessité de démonstrateurs en vraie grandeur et le calendrier de développement du stockage, l’IRSN souligne qu’il ne pourra être envisagé de mettre en exploitation le stockage que lorsque l’ensemble des éléments nécessaires à la qualification des premiers ouvrages de stockage aura été réuni. Ceci comprend, pour le dépôt de la demande d’autorisation de création (DAC), la remise d’un avant-projet détaillé décrivant le dimensionnement et les méthodes de construction et d’exploitation des premiers ouvrages à construire, fondé sur l’ensemble des résultats de recherche et d’essais qui auront été réalisés, puis postérieurement à la DAC et avant la mise en service de la première tranche d’exploitation, la confirmation au moyen d’essais en vraie grandeur du bien-fondé des solutions techniques retenues.