SharePoint
Aide
Faire avancer la sûreté nucléaire
Nouveaux radionucléides en médecine nucléaire pour des actes à visées diagnostique, ou thérapeutique
Date de publication : 18/11/2021

La médecine nucléaire connaît actuellement un fort développement en thérapie et en diagnostique, généralement au travers d’une approche théranostique  dans le monde, notamment en raison des nouvelles applications thérapeutiques potentiellement à large échelle du lutétium 177 dans le cadre de certains cancers de la prostate (177Lu-PSMA-617).
Dans ce contexte, en avril 2020, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à l’IRSN de réaliser une expertise sur les perspectives d’utilisation clinique de nouveaux radionucléides en médecine nucléaire en France et les questions de radioprotection associées.

L’IRSN a ainsi conduit successivement des travaux qui ont permis l’élaboration de 2 avis et rapports associés :

​​1. E​​n février 2021, l’avis IRSN n​°2021-00016 et le rapport IRSN n°2021-00083 proposent un classement des radionucléides jugés les plus prometteurs par l’IRSN concernant leur probabilité de développement en France dans le futur et présentent les données biologiques pertinentes disponibles au regard de la radioprotection recueillies dans la littérature pour ces radionucléides. 

Sur la base des facteurs d’influence et indicateurs identifiés et des auditions conduites auprès des parties prenantes, l’IRSN a établi une liste de radionucléides prometteurs à visée diagnostique et à visée thérapeutique et propose leur clas
sement selon quatre catégories en fonction du caractère plus ou moins probable d’utilisation future chez l’Homme en France dans les services de médecine nucléaire.

Les radionucléides identifiés comme les plus prometteurs, classés en catégorie 1 (arrivée avec certitude) et 2 (arrivée très probable) sont pour les applications à visée diagnostique le Gallium 68, le Rubidium 82, le Cuivre 64 et le Zirconium 89, et pour les applications à visée thérapeutique le Lutétium 177, le Radium 223, l’Holmium 166 et l’Actinium 225.
En annexe du rapport, chacun des huit radionucléides jugés les plus prometteurs par l’IRSN fait l’objet d’une fiche regroupant les données de biocinétique pertinentes pour des questions de radioprotection.

2. En juin 2021, l’avis IRSN n°2021-00117 et le rapport IRSN n°2021-00484 sont consacrés aux questions de radioprotection des patients dans le contexte d’une utilisation thérapeutique (planification individuelle du traitement), et de leur entourage. Ils abordent :
  • les aspects relatifs à la règlementation et aux recommandations européennes concernant la planification individuelle de traitement en radiothérapie interne vectorisée (RIV) ;
  • les logiciels de planification de traitement en médecine nucléaire ;
  • l’exposition de l’entourage du patient après un traitement de RI​​V.

Concernant la radioprotection des patients en RIV, la revue de la littérature montre que des travaux sont encore nécessaires pour améliorer les connaissances et la radioprotection des patients. Ainsi, à l’issue de l’expertise menée, l’IRSN formule des propositions de travaux complémentaires à conduire pour : 
    • lever les ambiguïtés réglementaires. Pour cela, il serait nécessaire : 
      - d’examiner, avec les autorités de régulation compétentes au niveau euro​péen, et en collaboration avec les sociétés savantes et professionnelles médicales concernées, la possibilité d’inclure dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) un mode de délivrance du traitement basé sur une approche dosimétrique, et non plus uniquement sur une approche basée sur une posologie prédéfinie ;
      - d’inciter à ce que les essais cliniques concernant de nouveaux médicaments radiopharmaceutiques, en vue de l’obtention d’une AMM, comprennent un volet dosimétrique afin d’avoir une meilleure connaissance de la relation entre dose absorbée, efficacité clinique et effets secondaires ;
      - de préciser l’implication des physiciens médicaux dans les services de médecine nucléaire réalisant des actes thérapeutiques. Il convient de noter que, sur ce sujet, un projet de décret est en cours au niveau de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) ; 

  • améliorer les connaissances en radiobiologie. Pour cela, la recherche devrait s’intensifier afin :
    - d’obtenir les courbes de survie cellulaire pour les organes à risque et les organes cibles avec les radiopharmaceutiques marqués (études in vitro) et comparer ces courbes au rayonnement externe de référence ; 
    - d’obtenir les relations dose-effet  chez l’animal à l’aide de modèle in vivo et comparer ces relations au rayonnement externe de référence ; 
    - d’étudier, in vivo ou in vitro, l’effet du débit de dose et de la répartition non uniforme d’activité ainsi que les modulateurs de la réponse au rayonnement (e.g. stimulation du système immunitaire) ; 

  • consolider les connaissances concernant les relations dose-effet. A cette fin, il serait nécessaire:
    - de conduire des essais cliniques intégrant une évaluation systématique des doses ; 
    - d’harmoniser et de développer les pratiques dosimétriques ; 
    - de disposer de logiciels de calculs de dose performants ; 
    - de disposer de ressources en personnels formés à la dosimétrie. 

Constituer des bases de données ou registres comportant les examens d’imagerie et les informations sur le traitement délivré pourrait également s’avérer utile. Ces données permettraient une exploitation et une étude a posteriori des évaluations de doses, des images reconstruites, ou de la biocinétique pour, à terme, disposer de données fiables sur des relations dose-effet.

Concernant l’exposition de l’entourage des patients, l’IRSN formule des propositions de travaux complémentaires à conduire concernant :
  • la biocinétique des médicaments radiopharmaceutiques : les paramètres biocinétiques (périodes effectives et fractions des composantes à décroissance rapide et lente dans les modèles bi-exponentiels) apparaissent difficiles à déterminer, du fait de variations importantes entre les patients, comme le montrent les articles publiés à l’issue des essais cliniques. Des études sur les patients traités en routine pourraient permettre de compléter les données publiées. Disposer de données à des temps longs pour mieux estimer les périodes effectives de décroissance lente, et pouvoir « personnaliser » les paramètres biocinétiques, permettrait de réduire les incertitudes associées au calcul des durées de restriction de contact et d’adapter ces durées au mieux pour chaque patient. 

  • les données sur la contamination des proches par le patient : ces données sont rares et portent essentiellement sur l’iode 131. Des études devraient être conduites pour estimer ces éventuelles contaminations et le temps pendant lequel un risque existe pour l’entourage. Ces données permettaient de donner au patient une durée pendant laquelle des précautions destinées à limiter les risques de contamination doivent être appliquées. Cette problématique se pose notamment pour les radionucléides émetteurs alpha, pour lesquels le risque d’exposition externe ne justifie en général pas de restriction des contacts, mais qui présentent une forte radiotoxicité en cas d’incorporation. 

En conclusion, les propositions formulées par l’IRSN à l’issue de son expertise devraient permettre d’améliorer encore la radioprotection des patients en RIV et de leur entourage, tant pour les nouveaux radionucléides que pour ceux déjà utilisés. Ces propositions pourraient utilement faire l’objet d’une discussion avec les professionnels de la médecine nucléaire. 

Télécharger les documents :

Rapport IRSN n°2021-00083 du 1er février 2021 « Nouveaux radionucléides en médecine nucléaire. Première partie : étude bibliographique des nouveaux radionucléides et perspectives d’utilisation clinique en France » (PDF, 3,5 Mo)​

Avis IRSN n°2021-00016 du 1er février 2021 « Demande d’expertise concernant l’utilisation de nouveaux radionucléides en médecine nucléaire pour des actes à visées diagnostique, théranostique ou thérapeutique. » (PDF, 0,15 Mo)
En direct sur twitter
01/12/2021 - 16:50 @suretenucleaire RT @IRSNFrance: L’ouvrage « Eléments de #sûreténucléaire » regroupe l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur les #REP. Retrouvez en 1250 pag…
01/12/2021 - 16:30 @IRSNFrance L’ouvrage « Eléments de #sûreténucléaire » regroupe l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur les #REP. Retrouvez en… https://t.co/w4ddowzb9F
01/12/2021 - 11:44 @suretenucleaire RT @IRSNFrance: 🚨+60 offres de #stages en ligne ! Passionné de #recherche, #cybersécurité, #sûreténucléaire, #communication, vous voulez vo…
S'abonner aux flux Twitter de l’IRSN
Base de connaissances