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Les risques naturels

Une centrale nucléaire possède des systèmes de SÛRETÉ renforcés. Elle doit pouvoir résister à des AGRESSIONS NATURELLES EXTRÊMES.

Retour d’expérience international

Les événements nationaux et internationaux sont pris en compte systématiquement. Par exemple, depuis le retour d’expérience de l’accident de Fukushima, le dimensionnement du « noyau dur » des installations nucléaires prend en compte les niveaux des séismes observés jusqu’à 20 000 ans auparavant.

centrale avec raz de marée et crevasse
© La-fabrique-créative/Bruno Bourgeois

Raz-de-marée, tempêtes, inondations

En 1999, une tempête violente a provoqué une inondation à la centrale nucléaire du Blayais. À la suite de cet événement, on a réévalué, pour chaque centrale nucléaire, son risque d’inondation. Cette réévaluation porte par exemple sur la hauteur d’eau maximale prise en compte pour dimensionner les digues.

Les tremblements de terre

Même si la France est un pays peu sismique, ce risque est pris en compte. Les installations nucléaires françaises sont soumises à des règles de construction parasismique renforcées par rapport aux bâtiments courants.

Une règle définit le séisme maximum que doit pouvoir supporter une centrale. Elle se fonde sur le plus grand séisme jamais connu dans la région de la centrale, auquel on ajoute une marge de sécurité. Les normes sont réévaluées continuellement avec le progrès des connaissances et les avancées des technologies antisismiques.

tyempératures extrêmes

Températures extrêmes

Une centrale nucléaire doit être refroidie en permanence à l’aide d’une source d’eau. Une sécheresse, un froid extrême provoquant le gel, ou encore une canicule, peuvent être problématiques.

La protection des installations vis-à-vis des températures extrêmes et de la sécheresse est donc réévaluée tous les dix ans. Les hypothèses et les scénarios évoluent en fonction de l’état des connaissances scientifiques. L’ASN et l’IRSN exercent une veille dans ce domaine.

En débat

Face aux risques rares et extrêmes

Les centrales nucléaires françaises sont conçues pour faire face au séisme le plus fort déjà survenu dans son voisinage. À Fessenheim, la plus ancienne centrale en service (1977), le séisme de référence est celui de Bâle en 1356. La magnitude de ce séisme a été évaluée à 6,2 sur l’échelle de Richter. Pour calculer la résistance de l’installation, on a appliqué une majoration de 0,5 et considéré que le séisme avait lieu sur le site. Les risques d’inondation sont aussi évalués en tenant compte de la crue millénale majorée de 15% ; la hauteur des digues autour des sites en tient compte.

Néanmoins, on ne peut jamais avoir de certitude. Ainsi, le niveau de séisme à prendre en compte à Fessenheim peut évoluer à la hausse en fonction de l’avancée des connaissances sur le séisme de Bâle et les autres séismes de la région. Les tempêtes inédites du 26 décembre 1999, ont conduit à une crue très importante sur la Gironde. L’eau a dépassé les digues du site du Blayais et noyé le bas des bâtiments réacteurs. Depuis les digues ont été rehaussées sur tous les sites présentant ce risque.

agouti
Tout est fait dans les centrales pour anticiper les catastrophes. Le défi est de prévoir l’imprévisible !
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