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La radioactivité dans l’eau

L’EAU transporte les éléments radioactifs PRÉSENTS NATURELLEMENT dans les roches et l’air. Elle peut aussi transporter des éléments artificiels.
LA radioactivité dans l'eau

La radioactivité naturelle dans l’eau

L’eau douce traverse des terrains qui peuvent être chargés naturellement en éléments radioactifs. Ces éléments vont se retrouver dans les nappes phréatiques et les rivières.

Les eaux minérales puisées dans des terrains granitiques peuvent contenir du potassium 40, du radon ou de l’uranium dissous et sont ainsi plus radioactives que les eaux de surface.

L’eau de mer est également naturellement radioactive : elle contient notamment du tritium et du polonium que l’on retrouve dans toutes les denrées marines et notamment les poissons, coquillages ou crustacés.

La radioactivité artificielle dans l’eau

Toutes les centrales nucléaires sont construites à proximité d’un bras d’un cours d’eau ou de la mer pour assurer leur refroidissement. En fonctionnement normal, ces installations rejettent des éléments radioactifs sous forme liquide qui peuvent se retrouver dans les rivières et la mer puis dans des organismes vivants aquatiques. Les eaux contiennent également des radionucléides provenant des retombées des essais nucléaire et de l’accident de Tchernobyl. Ces rejets sont soumis comme les rejets gazeux à des valeurs seuils fixées par l’ASN ; leur impact sur l’environnement est mesuré et surveillé par les exploitants et par l’IRSN.

Et en cas d’accident nucléaire ?

En cas d’accident dans une centrale nucléaire, les eaux de pluie et de ruissellement se chargent d’éléments radioactifs rejetés dans l’air et déposés sur les sols et surfaces. Sous la centrale, la nappe phréatique peut être menacée en cas de fusion du coeur du réacteur et de percement de la cuve et de la dalle. C’est un des scénarios les plus redoutés en cas d’accident.

accident centrale nucléaire
© La-fabrique-créative/Bruno Bourgeois

L’eau potable réglementée

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une eau ne doit pas contenir plus de 10 000 becquerels de tritium par litre. La dose totale indicative par habitant ne doit pas dépasser 0,1millisievert par an, à raison d’une consommation de 2 litres par jour. Une étude de l’IRSN a dressé en 2013 un état des lieux complet de la qualité radiologique des eaux en bouteilles produites dans l’Hexagone. Sur les 75 eaux de sources et 67 eaux minérales analysées, 6 dépassaient le seuil recommandé.

eau potable
© Fotolia - Richard Villalon

Radioactivité des eaux minérales en France

http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/Documents/environnement/ASN_DGS_IRSN_Bilan-qualite-radiologiqueeaux-conditionnees-2012.pdf
L’activité totale de l’eau de mer due aux éléments radioactifs qui s’y trouvent est de 14 becquerels par litre. Elle est due à 90% au potassium 40 présent naturellement dans l’eau. Ces éléments radioactifs peuvent se concentrer dans les produits de la mer.
activité eau de mer
© Fotolia - aquapix

En débat

L’immersion des déchets radioactifs

Depuis 1946, de nombreux pays ont rejeté leurs déchets dans les océans. En Europe, le Royaume-Uni et la Belgique les ont immergés dans la fosse des Casquets au nord-ouest du Cap de La Hague, et la France au grand large de la Galice et de la Bretagne. L’immersion des déchets radioactifs dans les fonds marins avait été considérée comme sûre par la communauté scientifique. La dilution et la durée présumée d’isolement apportées par le milieu marin semblaient suffisantes.

L’immersion de déchets en mer est désormais interdite par le protocole de Londres signé en 1996 et ratifié en 2006 par 30 pays, dont la France. La France a arrêté d’immerger ses déchets après 1969. Elle a construit des centres de stockage et d’entreposage sur terre. On réfléchit désormais au stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde.

© ANDRA
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agouti
L’eau potable est naturellement légèrement radioactive, comme la plupart de nos aliments. Il faut en revanche absolument la protéger d’une contamination artificielle !
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