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Ce qu’il faut savoir sur les comprimés d’iode stable

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​​​​​Un accident sur un réacteur nucléaire peut engendrer un rejet d’éléments radioactifs dans l’atmosphère contenant notamment de l’iode radioactif. Respiré ou avalé, cet iode radioactif se fixe sur la glande thyroïde et peut ainsi augmenter le risque de cancer de cet organe, surtout chez les jeunes.

La prise de comprimés d’iode stable est l’une des trois mesures que peuvent prendre les auorités dans ce type de situation. Ce médicament va empêcher la thyroïde d'absorber l’iode radioactif rejeté dans l'environnement.

Le comprimé d’iode n’est pas une panacée contre les effets néfastes de a radioactivité : il ne protège pas des autres éléments radioactifs (uranium, césium, strontium) qui peuvent être rejetés. C’est pour cela que d’autres actions de protection, comme la mise à l’abri et l’évacuation des populations, sont nécessaires.


​Iode stable, comment ça marche ?

La thyroïde est un organe essentiel qui permet de réguler de nombreuses fonctions (croissance, développement du système nerveux, fréquence cardiaque, etc.). La thyroïde stocke naturellement l’iode.

En cas de rejets d’iode radioactif, il faut saturer cette glande à l’aide de comprimés d’iode stable, de telle sorte qu’elle n’ait plus de place pour stocker l’iode radioactif.

L’administration de comprimés d’iode stable (ou iodure de potassium - KI) protège de manière temporaire la thyroïde de l’iode radioactif qui pourrait être rejeté dans l’environnement en cas d’accident nucléaire. La thyroïde va absorber l’iode stable jusqu’à saturation, et ne pourra donc plus incorporer l’iode radioactif qui serait éventuellement respiré ou ingéré.

La protection de la thyroïde par l'iode stable est efficace lorsque l'ingestion des comprimés a lieu idéalement dans les quelques heures précédant l'exposition ou à défaut, le plus rapidement possible, dans les premières heures après. Pris trop longtemps avant l'exposition, ce médicament perd totalement son efficacité de protection.

Les catégories de la population les plus sensibles aux effets de l'iode radioactif sont les femmes enceintes (risque pour le fœtus), les femmes allaitantes (risque pour le nouveau-né) et les enfants dont la thyroïde est encore en formation.

En l’état actuel des connaissances, en dehors de quelques pathologies immunologiques préexistantes rarissimes, il n’y a pas de contre-indication à l’administration d’iodure de potassium, notamment aux enfants et adolescents jusqu’à 20 ans et aux femmes enceintes.

​Le risque d’effets indésirables lors de la prise d’iode stable est très faible ou comparable à beaucoup d'autres médicaments. On constate parfois les effets suivants : goût métallique en bouche, nausées, vomissements, diarrhées, gastralgies, troubles du rythme cardiaque, hyperthyroïdie. Plus rarement : hypothyroïdie, éruptions cutanées.​

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​​ Quand et comment prendre les comprimés d’iode stable ?

Si un problème survenait dans une centrale nucléaire, les experts estimeraient assez précisément la quantité des rejets, la localisation et l’heure de leur dispersion dans l’environnement. Ils calculeraient la dose à la thyroïde des habitants qui seraient exposés au panache radioactif.

​​En France, en ligne avec les recommandations de l’AIEA et de l’OMS​, le seuil à partir duquel il faut protéger la thyroïde est fixé à 50 millisieverts. Lorsque les prévisions des experts dépassent ce seuil, le préfet donne l’ordre de prendre le comprimé.

​​Il est important d’attendre l’ordre du préfet : comme la thyroïde fabrique continuellement des hormones, l’organisme recherche sans cesse l’iode dans l’air ou dans la nourriture pour le fournir à la thyroïde. Si l’on prend le comprimé d’iode trop tôt, il va agir et la thyroïde ne sera plus saturée lorsque les rejets vont se produire.

​​Pour être efficace, le comprimé doit être ingéré idéalement dans les quelques heures avant le passage des particules et gaz radioactifs ou au plus tard 8 heures après. Toute nouvelle prise du traitement ne devra se faire que sur instructions des autorités compétentes.

​​L’iode radioactif rejeté lors d’un accident a une demi-vie de 8 jours environ : au bout de 80 jours, il en reste une quantité néligeable dans l’environnement. C’est pourquoi il est inutile de vouloir prendre des comprimés d’iode si l’on se rend près de Tchernobyl en Ukraine ou de Fukushima au Japon : les territoires contaminés ne contiennent plus d’iode radioactif depuis longtemps.

​​​Posologie des comprimés d’iodure de potassium dosés à 65 mg :

  • À partir de 12 ans, adultes, y compris les femmes enceintes ➜ 2 comprimés d’iode
  • Enfant (de 3 ans à 12 ans) ➜ 1 comprimé d’iode
  • Bébé (de 1 mois à 3 ans) ➜ un demi-comprimé d’iode
  • Nouveau-né (jusqu’à 30 jours) ➜ un quart de comprimé d’iode

Mode d’ingestion : Les comprimés doivent être avalés ou dissous dans une boisson (eau, lait, jus de fruit). Ils sont quadri-sécables pour permettre un dosage adapté à tous les âges. Ils doivent être rangés dans un lieu accessible, conservés dans leur emballage d’origine, dans un endroit sec, hors de portée des enfants et ne dépassant pas 25°C.​​


Prise d'iode stable : Mettre fin aux idées reçues​

Idée reçue n°1 : L’iode stable protège de tous les dangers d’une exposition accidentelle à la radioactivité.

FAUX. L’administration de comprimés d’iode stable (ou iodure de potassium) protège la thyroïde de l’iode radioactif qui pourrait être rejeté dans l’environnement en cas d’accident nucléaire. En revanche, la prise de comprimés d’iode stable ne protège pas contre les autres éléments radioactifs (comme le césium 134 ou le césium 137) potentiellement rejetés.

Idée reçue n°2 : Des comprimés d’iode stable peuvent être pris en prévention, avant un voyage dans un territoire contaminé par exemple.

FAUX. Les comprimés d’iode stable doivent être administrés en situation accidentelle et uniquement sur instruction des autorités. La protection de la thyroïde par l'iode stable est efficace lorsque l'ingestion des comprimés a lieu idéalement dans les quelques heures précédant l'exposition ou à défaut, le plus rapidement possible, dans les premières heures après. Toute nouvelle prise du traitement ne devra se faire que sur instructions des autorités compétentes.​


(Dernière mise à jour : Octobre 2022)​

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