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Enhancing Nuclear Safety


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Effet de l'exposition au radon et au tabac sur le risque de cancer pulmonaire : Etude cas-témoins chez les mineurs d'uranium Français


Congress title :SFRP 
Congress location :Reims
Congress date :19/06/2007

Document type > *Congrès/colloque

Keywords >

Research Unit > IRSN/DRPH/SRBE/LEPID

Authors > BERGOT Dominique, BILLON Solenne, CAER Sylvaine, LEURAUD Klervi, QUESNE Benoît, TIRMARCHE Margot

Publication Date > 21/06/2007

Summary

Introduction La cohorte des mineurs d'uranium français a permis de mettre en évidence une augmentation statistiquement significative du risque de décès par cancer pulmonaire associée à l'exposition cumulée au radon et à ses descendants radioactifs, comme l'ont également montré d'autres études internationales sur des populations de mineurs. Cependant, les données disponibles dans la cohorte française ne permettaient pas de prendre en compte individuellement le statut tabagique des mineurs dans l'analyse du risque, alors que le tabac est un facteur de risque majeur dans la survenue du cancer pulmonaire. La reconstitution du statut tabagique des 5098 mineurs de la cohorte n'étant pas envisageable, une étude cas-témoins nichée dans la cohorte a été menée. Cette approche permet d'évaluer l'effet de l'exposition au radon et au tabac sur le risque de décès par cancer pulmonaire chez les mineurs d'uranium français à partir d'une sous-population extraite de la cohorte et pour laquelle le statut tabagique a été reconstitué rétrospectivement pour chaque individu. Matériel et méthodes La cohorte des mineurs d'uranium français inclut 5098 individus de sexe masculin, employés au moins 12 mois en tant que mineurs par le groupe CEA-COGEMA entre 1946 et 1990. Parmi ces individus, 100 mineurs décédés des suites d'un cancer pulmonaire entre 1980 et 1994 ont été identifiés comme « cas » pour l'étude cas-témoins. Les causes de décès ont été fournies par le Fichier National des Causes de Décès (causes principale et associée des certificats de décès) ou par le service médical de CEA-COGEMA. Pour chacun de ces cas, cinq « témoins » ont été aléatoirement sélectionnés au sein de la cohorte sur la base de deux critères d'appariement : les témoins devaient être nés durant la même période de cinq ans que le cas correspondant et devaient avoir atteint l'âge du cas à son décès. Pour ces 600 individus, les données démographiques ainsi que les expositions annuelles au radon sur l'ensemble de la vie professionnelle, exprimée en Working Level Months (WLM, unité classique de mesure de l'exposition au radon exprimant le produit de la concentration en radon par la durée de présence), étaient connues d'après l'étude de cohorte. Un travail de recherche conséquent pour reconstituer les habitudes tabagiques des 100 cas et 500 témoins a alors été mené, basé sur trois sources d'informations : les dossiers médicaux du travail renseignés lors des visites médicales annuelles du personnel de CEA-COGEMA, des « fiches tabac » remplies entre 1987 et 1988 par les médecins du travail de CEA-COGEMA pour une partie des mineurs de la cohorte et une enquête par questionnaire menée entre 2003 et 2005 auprès des mineurs vivants ou d'un proche pour les mineurs décédés. Cette enquête par questionnaire a été menée par un ancien mineur de CEA-COGEMA lors d'entretiens téléphoniques ou de visites à domicile. Des questionnaires ont également été adressés par voie postale. Le risque de décéder d'un cancer pulmonaire en fonction de l'exposition cumulée au radon et du statut tabagique a été analysé grâce à des méthodes statistiques classiques dans le domaine de l'épidémiologie des rayonnements ionisants. Un modèle linéaire en excès de risque relatif a d'abord été ajusté aux données afin d'estimer le risque de décès par cancer pulmonaire en fonction de l'exposition cumulée au radon, puis un modèle multiplicatif a été ajusté pour évaluer les effets conjoints du tabac et du radon sur le risque de cancer pulmonaire. Ces ajustements ont été réalisés en se basant sur des régressions logistiques conditionnelles. Résultats Le travail de recherche sur les habitudes tabagiques des mineurs inclus dans l'étude a permis de reconstituer le statut tabagique « non fumeur » ou « ex-fumeur ou fumeur » de 62 cas et de 320 témoins, sur lesquels ont été basées les analyses. Parmi eux, 90 % des cas et 73 % des témoins avaient fumé. Parmi les cas présentant une exposition non nulle (90 %), la moyenne de l'exposition cumulée au radon est de 114,75 WLM avec des valeurs comprises entre 0,1 et 960,1 WLM. Chez les témoins présentant une exposition non nulle (83 %), cette moyenne est de 70,8 WLM avec des valeurs comprises entre 0,1 et 592,1 WLM. L'analyse des données sans prendre en compte l'information tabac permet de mettre en évidence une augmentation significative du risque de décès par cancer pulmonaire associée à l'exposition cumulée au radon. L'excès de risque relatif (ERR) pour 100 WLM est de 0,98 avec un intervalle de confiance à 95 % (IC-95%) de 0,2-2,0. Lorsque le tabac est pris en compte dans l'analyse, l'augmentation significative du risque associée à l'exposition au radon persiste : l'ERR pour 100 WLM est de 0,85 avec un IC-95% de 0,12-2,79. Le coefficient de risque associé au radon estimé d'après l'étude de cohorte des mineurs d'uranium français, pour les individus vivants après 1980, était ERR = 1,07 pour 100 WLM (IC-95% : 0,25-1,89), ce qui est très proche de l'estimation basée sur l'étude cas-témoins. Conclusion Jusqu'à présent, peu d'études épidémiologiques visant à étudier l'effet de l'exposition au radon sur le risque de cancer pulmonaire dans des populations de mineurs disposaient de données détaillées sur le statut tabagique des mineurs. Cette étude cas-témoins nichée dans la cohorte des mineurs d'uranium français a permis de prendre en compte le tabac dans l'évaluation du risque de décès par cancer pulmonaire en fonction de l'exposition cumulée au radon. Elle montre que la relation entre l'exposition au radon et le risque de décès par cancer pulmonaire persiste même lorsque le statut tabagique est pris en compte dans l'analyse. Ce résultat est concordant avec ceux des études disponibles sur ce sujet dans la littérature scientifique. De plus, les coefficients de risque estimés d'après l'étude cas-témoins sont cohérents avec les coefficients de risque estimés d'après l'étude de cohorte française. Une limite de cette étude est le nombre de données manquantes non négligeable dans la reconstitution de l'information tabagique des mineurs. Néanmoins, cette étude s'inscrit dans un projet d'analyse conjointe de données issues de trois études cas-témoins semblables (étude allemande, étude tchèque et étude française), dans le cadre d'un projet de recherche européen, « Alpha-Risk », visant à quantifier les risques de pathologies cancéreuses et non cancéreuses associés aux expositions chroniques multiples aux rayonnements ionisants (www.alpha-risk.org). Cette étude conjointe permettra d'améliorer la puissance statistique dans l'analyse du risque de décès par cancer pulmonaire lié au radon et au tabac chez les mineurs d'uranium en augmentant les effectifs de cas et de témoins.
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