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Effets sanitaires des faibles doses à faibles débits de dose : modélisation de la relation dose-réponse dans une cohorte de travailleurs du nucléaire


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Camille Metz a soutenu sa thèse le 19 septembre 2011 à Villejuif.

Type de document > *Mémoire/HDR/Thèse

Mots clés >

Unité de recherche > IRSN/DRPH/SRBE/LEPID

Auteurs > METZ Camille

Date de publication > 19/09/2011

Résumé

L’objectif de cette thèse est de contribuer à l’amélioration des connaissances des effets sanitaires des expositions chroniques externes à de faibles doses de rayonnements ionisants. Ce travail s’appuie sur la cohorte des travailleurs du nucléaire CEA-AREVA NC après prolongation du suivi jusqu’en 2004. Les étapes spécifiques de la thèse étaient (1) réaliser un bilan des études épidémiologiques chez les travailleurs du nucléaire, (2) finaliser la base de données et effectuer une analyse descriptive de la cohorte, (3) quantifier l’association dose-réponse par différentes méthodes statistiques et (4) modéliser la relation exposition-temps-risque pour les leucémies.

 

La cohorte inclut tous les travailleurs employés plus d’un an entre 1950 et 1994 dans le groupe CEA-AREVA NC et surveillés pour une exposition externe aux rayonnements ionisants. Le statut vital, les causes de décès, l’historique de carrière et la dose externe annuelle ont été reconstitués pour chaque travailleur. Le « rapport de mortalité standardisé » a été calculé en utilisant comme référence les taux nationaux de décès. L’analyse de la relation dose-réponse a été réalisée avec un modèle en Excès de Risque Relatif, en régression de Poisson et modèle de Cox. L’analyse des facteurs modifiants a été effectuée par ajout d’un terme d’interaction dans le modèle et par la méthode des fenêtres d’exposition.

La cohorte est composée de 36 769 travailleurs suivis en moyenne jusqu’à l’âge de 60 ans. Entre 1968 et 2004, 5 543 décès ont été observés, dont 2 213 décès par cancer, 62 par leucémie et 1 314 par pathologie cardiovasculaire. La dose moyenne externe cumulée chez les travailleurs exposés (57 % de la cohorte) est de 21,7 milliSieverts (mSv). Un fort Healthy Worker Effect est observé dans la cohorte. Des excès significatifs de cancers de la plèvre et du mélanome ont été observés mais sans relation avec la dose. Pour les décès par cancers solides, cancer du poumon et maladies cardiovasculaires, aucune association significative n’a été observée avec la dose. Une relation dose-réponse significative a été mise en évidence pour le risque de décès par leucémie, plus importante pour les doses reçues dans les 15 ans suivant l’exposition et pour des débits de dose années de plus de 10 mSv/an.

 

Ce travail de thèse contribue à l’évaluation des risques associés à des expositions chroniques externes aux rayonnements ionisants. Notre étude retrouve principalement l’existence d’un risque de leucémies associé à dose cumulée et a permis une première analyse des facteurs modifiant la relation dose-réponse. La prolongation du suivi a permis d’améliorer la précision des estimations de risque. Combinée à d’autres cohortes de travailleurs du nucléaire, cette étude permettra de quantifier plus précisément les risques associés à de faibles doses chroniques, afin de valider les hypothèses actuelles du système de radioprotection.