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Utilisation du Flt3 ligand dans deux accidents d'irradiations récents


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Titre du congrès :8ème Colloque International de Radiobiologie Fondamentale et Appliquée Ville du congrès :La Londe Les Maures Date du congrès :16/09/2007

Type de document > *Congrès/colloque

Mots clés >

Unité de recherche > IRSN/DRPH/SRBE/LRTOX

Auteurs > BERTHO Jean-Marc, DE REVEL Thierry, DEMARQUAY Christelle, GOURMELON Patrick, ROY Laurence

Date de publication > 21/09/2007

Résumé

L'une des difficultés du traitement des victimes d'irradiation accidentelle reste l'évaluation des dommages aux organes critiques pour la survie de l'individu. Nous avons développé depuis plusieurs années un bio-indicateur de l'atteinte à la moelle osseuse, la mesure de la concentration sanguine de Flt3 ligand. Les études cliniques ou chez l'animal ont montré que les variations de concentration du Flt3 ligand après irradiation sont directement corrélées à la fois à la dose d'irradiation et à la fraction de moelle osseuse irradiée. De plus, nous avons démonté que la concentration sanguine de Flt3 ligand permet d'évaluer l'hématopoïèse résiduelle et de prédire l'évolution hématologique de l'individu irradié. L'occurrence récente de deux accidents d'irradiation à Fleurus (Belgique, mars 2006) et à Dakar (Sénégal, Août 2006), dont une partie des victimes a été traité à l'hôpital Percy (Clamart, France), a permis le suivi hématologique de trois victimes. Les circonstances de ces deux accidents sont très dissemblables. Dans le cas de l'accident de Fleurus, la victime a pénétré dans une cellule d'irradiation alors que la source de cobalt-60 était encore sortie, ce qui a induit une irradiation globale à forte dose. Dans le cas de l'accident de Dakar, il s'agit d'un dysfonctionnement d'un gammagraphe contenant une source d'Iridium qui a provoqué des irradiations localisées à dose élevée chez deux victimes et l'irradiation potentielle à faible dose d'une soixantaine de personnes. Dans le cas des trois victimes irradiées à forte dose, un suivi de la concentration sanguine de Flt3 ligand a été réalisé en parallèle avec le suivi de différents paramètres hématologiques. Ce suivi a permis une évaluation des dommages radio-induits à la moelle osseuse au moment de la prise en charge des victimes, et un suivi de la reconstitution hématologique à la suite de la mise en place d'un traitement par cytokines. Cette étude de trois cas d'irradiation a permis de confirmer, en situation d'irradiation accidentelle, la validité de l'utilisation du Flt3 ligand pour le suivi de l'atteinte à la moelle osseuse. L'accident de Dakar a également posé le problème du tri des victimes dans un accident de grande ampleur. Dans ce cas, ceci a été compliqué par le fait que l'irradiation potentielle a été fractionnée, à faible débit de dose et sur une période allant jusqu'à deux mois. Les critères habituellement utilisables (apparition et sévérité du syndrome initial, pente de chute des lymphocytes) n'étaient donc pas applicables. Nous avons donc développée une nouvelle approche, basée sur l'analyse conjointe de la NFS et de la concentration sanguine de Flt3 ligand, et confronté les résultats obtenus avec la dosimétrie biologique. Les résultats ont montré une corrélation entre les deux méthodes, ce qui suggère une utilisation possible d'un système de score simplifié basé sur l'analyse de la NFS et du Flt3 ligand dans le tri des victimes. Globalement, ces deux accidents d'irradiation ont permis de valider l'utilisation du Flt3 ligand dans les situations d'irradiation accidentelle, que ce soit pur le tri des victimes ou pour le suivi de l'évolution hématologique des patients.