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Le radon

Campagne nationale de mesure du radon

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Historique des campagnes

Les premières campagnes de mesure du radon dans les bâtiments ont été lancées au début des années 1980, pour compléter les campagnes de mesure du débit de dose externe gamma démarrées quelques années plus tôt. Elles avaient pour objectif la connaissance de la distribution de l’activité volumique du radon dans l’habitat et l’estimation de l’exposition moyenne des populations en France. Les premiers départements étudiés ont été choisis en fonction de caractéristiques géologiques favorables a priori à l'émission du radon. Entre 1982 et 1990, 38 départements ont fait l'objet de mesures dont 2 678 utilisables pour le bilan.

En 1992, l'IRSN et la Direction Générale de la Santé (DGS) ont décidé de relancer la campagne nationale de mesure de l'exposition domestique au radon en ciblant les 58 départements non mesurés, avec la collaboration des Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS). L'objectif était de couvrir l'ensemble du territoire afin d'établir une carte du radon dans l'habitat au niveau national. La base de données ainsi constituée devait permettre d'améliorer la connaissance des facteurs contribuant à la variabilité des concentrations observées et d'estimer l’exposition des Français au radon ainsi que la proportion de logements dont les concentrations de radon dépassent certains seuils. Cette campagne s'est terminée en 1997. Au total, les 58 départements mesurés sont couverts par 7 929 mesures validées, avec en moyenne 140 mesures par département.

En 1996, l'IRSN et la DGS ont lancé une nouvelle campagne de mesures, selon le même protocole que celui de la campagne nationale de 1992, dans une partie des départements qui avaient fait l’objet de mesures antérieurement à 1992. Ces départements ont été choisis car ils présentaient, pour la plupart, des zones à fort potentiel radon et avaient souvent des mesures en nombre insuffisant.

Le bilan publié en 2000 intègre ainsi 2 034 mesures complémentaires couvrant 16 départements, soit un total de 12 641 mesures sur l’ensemble des campagnes réalisées. L’ensemble de ces mesures est regroupé dans l’Atlas radon téléchargeable ci-après.

 

Recueil et exploitation des mesures

L’activité volumique du radon (ou concentration de radon) à l’intérieur des habitations s’exprime en becquerel par mètre cube (Bq.m-3). Elle est mesurée à l’aide d’un dosimètre Radon-Kodalpha qui se présente sous la forme d’un boîtier noir en plastique dont le couvercle sert de support à un petit film circulaire (LR115), capable d’enregistrer la concentration ambiante du radon dans la pièce où le dosimètre est posé. La durée d’exposition du dosimètre est de deux mois. Un questionnaire à remplir accompagne le dosimètre. Il sert à préciser les conditions de pose du dosimètre et les caractéristiques de l’habitation où la mesure est effectuée.

La pose et dépose du matériel (par habitation, un dosimètre et le questionnaire associé) ainsi que l’information aux élus locaux et aux particuliers ont été initialement prises en charge par des membres de la Protection Civile, puis, à partir de 1992, par des ingénieurs sanitaires des DDASS, en poste dans les départements participant à la campagne.

Avant 1991, la recherche des habitations où poser les dosimètres a été laissée à l’appréciation des responsables de terrain. A partir de 1992, la sélection des habitations dans un département s’est appuyée sur un double critère démographique et géographique. Il était retenu environ un point de mesure pour 1 500 habitants ; pratiquement, une mesure a été effectuée dans chaque commune de plus de 500 habitants en zone rurale ou entre 1 000 et 1 500 habitants en zone urbaine. Au plan géographique, la couverture ne devait pas présenter une trop grande hétérogénéité (c’est-à-dire trop de grandes zones sans mesure) ; un nombre de 100 à 200 points de mesure était en général suffisant pour couvrir un département. A partir de 1992, seuls les logements privés ont fait l’objet de mesures.

Les moyennes arithmétiques des valeurs d’activité volumique du radon mesurées ont servi à établir la carte des départements et à comparer les niveaux entre départements. Les valeurs d’activité volumique du radon fournies par l’Atlas radon sont distribuées de façon asymétrique ; les résultats sont beaucoup plus nombreux dans les faibles valeurs et forment une longue « queue » vers les valeurs élevées. Dans ces conditions, la moyenne arithmétique est fortement influencée par les valeurs extrêmes élevées. Cette distribution est proche de celle d’une loi dite log-normale. L’analyse de la distribution au sein de l’habitat est donc complétée par la médiane (= valeur telle que 50% des résultats observés sont en dessus et 50% en dessous de cette valeur) et la moyenne géométrique (= valeur telle que son logarithme est la moyenne arithmétique des logarithmes des mesures du radon du département).

 

Bilan

Compte tenu des réserves mentionnées ci-dessus, la moyenne arithmétique des mesures de radon dans l’habitat en France est égale à 90 Bq.m-3, la médiane est 50 Bq.m-3 et la moyenne géométrique est 54 Bq.m-3.

Les moyennes par département vont de 22 Bq.m-3 (Paris) à 264 Bq.m-3 (Lozère). Elles ont servi à construire la carte des moyennes par département.

Les 12 641 mesures concernent 10 013 communes. Les petites communes, en majorité, ne possèdent qu'une seule mesure qui est alors considérée comme une moyenne communale, faute de mieux. Seules les grande agglomérations ont fait l'objet de plusieurs mesures qu'il est possible de moyenner. Les "moyennes communales" ont servi à construire la carte des niveaux d’activité volumique par commune.

Il convient également de souligner que les résultats fournis par l’Atlas sont des résultats bruts. Avant de les interpréter et de les généraliser, il convient de tenir compte des facteurs pouvant influencer les concentrations mesurées, tels que le type d’habitat (individuel ou collectif), le facteur saison ou la pièce dans laquelle la mesure a été effectuée. Soulignons aussi que le facteur géologique n’est pas intervenu dans le choix des habitats lors de cette campagne.

La moyenne, redressée pour le type d’habitat et la saisonnalité, et pondérée par la densité d’habitation (sur la base de données INSEE par département), est égale à 68 Bq.m-3. C’est cette valeur qui, à l’heure actuelle, reflète le mieux l’exposition moyenne de la population française. Elle est inférieure à la moyenne arithmétique car les départements les plus peuplés présentent, en général, des moyennes plus basses.

 

Carte des activités volumiques du radon dans les habitations

Bilan de 1982 à 2000, campagne nationale de mesure de la radioactivité naturelle dans les départements français - IPSN /DPHD-SEGR-LEADS : Bilan du 01 Janvier 2000

Carte des activités volumiques du radon dans les habitations 

  Carte des activités volumiques du radon dans les habitations
 

Atlas radon

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Cette atlas a été préparé par Jean-Pierre GAMBARD, Nicolas MITTON et Pilippe PIRARD
Référence : Notes Techniques SEGR/LEADS–2000/14

(Dernière mise à jour : Décembre 2013)