SharePoint
Aide
 

Actions en région contre le risque radon

La Franche-Comté s’attaque au risque radon

Fermer

Authentification

Email :

Mot de passe :

Une politique volontaire de prévention face au radon a été mise en place en Franche-Comté. Les spécialistes du bâtiment et les professionnels de santé travaillent à réduire sa concentration dans l’habitat et dans les lieux publics.

La Franche-Comté a lancé en septembre 2011 une démarche pluraliste pour améliorer la prise en charge du risque radon. « L’objectif est de sensibiliser les particuliers au problème et d’améliorer sa prise en charge par les élus, les professionnels du bâtiment et ceux de la santé », explique Marc Tirole, vice-président du Pays de Montbéliard agglomération.

Cette initiative est soutenue par l’Agence régionale de santé, Atmo Franche-Comté et l’IRSN. Des experts de l’IRSN ont tenu des réunions informatives et ont animé des formations destinées aux professionnels intervenant dans les milieux collectifs et privés, principalement des spécialistes du bâtiment.

Une démarche qui s’étend progressivement à d'autres domaines. L’IRSN réalise ainsi une étude sur l’influence potentielle des karsts – cavités naturelles, comme les grottes. « Ces travaux sont une base de réflexion sur la prise en compte de ce facteur. Objectif : affiner la carte du potentiel radon dans les régions concernées.

 

Pays des Vosges saônoises : Une démarche pionnière contre le radon

Le Pays des Vosges saônoises, en Haute-Saône, a été le terrain d’expérimentation d’une démarche pluraliste sur la thématique du radon. L’implication de nombreux acteurs a permis de développer les compétences de professionnels, de sensibiliser la population et de faire de ce gaz une préoccupation de tous.

​Cliquer sur l'image pour l'agrandir
​Cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

Informer sans effrayer

Cette méthode s’inscrit dans la continuité d’une démarche initiée en 2010 par l’IRSN. Repoussant l’idée de nouvelles obligations réglementaires, les ateliers citoyens organisés par l'Institut ont préconisé une démarche de sensibilisation et d’information. Leur souhait était de disposer de relais régionaux et locaux dans les administrations et chez les professionnels de santé et de l’habitat. 

« Je dois émettre un avis sur les permis de construire, explique Alain Dague, maire de Fresse (Haute-Saône). Il me semblait intéressant d’avoir une indication du potentiel radon des terrains et d’attirer l’attention des constructeurs ou des occupants des bâtiments. Les gens ne sont pas du tout au courant. Les maîtres d’œuvre ne l’intègrent pas toujours dans leurs cahiers des charges. » 

« Il n’a pas hésité à faire du porte-à-porte auprès des habitants de sa commune pour distribuer les kits radon contenant un dosimètre et un document d’information », précise Pascal Doremus, géologue et chargé de mission d’ouverture à la société à l’IRSN.

 

Sensibiliser les futurs professionnels

L’Université de Franche-Comté a ainsi pris l’initiative de former les futurs professionnels du bâtiment. « Nous consacrons une journée à la sensibilisation des étudiants de deuxième année de diplôme universitaire de technologie (DUT) et de licence professionnelle, précise Romain Richard, professeur à l’Institut universitaire de technologie (IUT) de génie civil.

Célia Rodrigues a effectué en 2013, une licence en alternance au sein de cet IUT. « J’ai bénéficié d’une journée de sensibilisation au radon, témoigne la jeune femme. À cette occasion j’ai pris conscience de ce risque invisible. La même année, j’ai travaillé sur le chantier d’un particulier où il y avait des émanations. À mon tour, j’ai pu le sensibiliser. Une solution technique lui a été proposée. »

Les travaux à mettre en œuvre sont classiques en maçonnerie et ventilation. Ils ne posent pas de problèmes techniques. La difficulté est dans le diagnostic et la préconisation de travaux les plus simples et les moins coûteux. Seulement, faute de réglementation dans l’habitat et donc de marché pour les professionnels, les compétences en remédiation manquent.

 

Un dosimètre à domicile

En Franche-Comté, les premières mesures radiologiques menées dans des établissements recevant du public ont porté sur 57 écoles. Trois actions correctives ont été réalisées pour un coût inférieur à 15 000 euros. La détection s’étend progressivement à d’autres structures, comme les crèches, les administrations…

Côté particuliers, les études initiées par les communes sont effectuées chez les personnes volontaires. En cas d’activité volumique due au radon supérieure à 300 becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3), les habitants sont orientés vers des solutions adaptées mettant en œuvre la ventilation (cf. schéma ci-contre).

 

Les techniques pour réduire le radon © Art Presse/IRSN - Source : IRSN 

 

Dans ce cadre, le Réseau d’allergologie de Franche-Comté (RAFT) propose une gestion du radon intégrée à la mesure des polluants de l’air intérieur. « Ce gaz n’est pas allergène, mais le RAFT défend l’idée d’une prise en charge globale des problématiques de santé », explique Jean-Marc Rame, allergologue et coordonateur du réseau. 

« Notre conseillère médicale en environnement intérieur audite les logements de patients allergiques, détaille Jean-Marc Rame. Elle fait un diagnostic du logement. Elle donne des recommandations personnalisées afin d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Depuis fin 2012, elle pose des dosimètres passifs, placés dans les endroits les plus appropriés de l’habitation. Les particuliers ne les refusent jamais. »

 

Page 1 de 234