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Actions en région contre le risque radon

La Franche-Comté s’attaque au risque radon

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Une politique volontaire de prévention face au radon a été mise en place en Franche-Comté. Les spécialistes du bâtiment et les professionnels de santé travaillent à réduire sa concentration dans l’habitat et dans les lieux publics.

Démarche Pluraliste Radon en Franche-Comté Dans le cadre général du développement de son ouverture à la société au niveau territorial, l’IRSN a mis en place dès septembre 2011 « la démarche pluraliste radon Franche-Comté ». Lancée en partenariat avec le Pays Montbéliard Agglomération (PMA), l’Agence régionale de santé (ARS) et Atmo Franche-Comté, cette démarche s’est donnée comme objectif de réunir l’ensemble des acteurs intéressés afin de définir les moyens et les outils à mettre en œuvre au niveau local, en relation avec les différentes politiques liées à l’habitat et en particulier la politique de qualité de l’air intérieur.

« L’objectif est de sensibiliser les particuliers au problème et d’améliorer sa prise en charge par les élus, les professionnels du bâtiment et ceux de la santé », explique Marc Tirole, vice-président du Pays de Montbéliard agglomération.

Depuis sa mise en place, la démarche a élargi son domaine d’action bien au-delà des partenaires historiques et compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de partenaires. Cette ouverture l’a conduit à aborder la question du radon sous plusieurs angles : rénovation de l’habitat et efficacité énergétique, santé et qualité de l’air intérieur, formation des professionnels du bâtiment, mutualisation des données. Les quelques exemples ci-après permettent d’illustrer la diversité des partenariats et des actions engagées.

 

Intégrer la gestion du radon dans la rénovation énergétique de l'habitat

Rénover un bâtiment a comme conséquence de modifier les conditions d’entrée et d’accumulation du radon. Lorsqu’elles conduisent à dégrader les conditions de renouvellement de l’air intérieur, ces modifications conduisent souvent à augmenter les concentrations en radon. Mais il ne s’agit pas là d’une fatalité et moyennant une sensibilisation adéquate, il est possible d’adapter les travaux de manière à éviter d’aggraver le risque voire à l’abaisser.

C’est cette voie qu’a choisi d’explorer le Pays des Vosges Saônoises (PVS) - communauté de 30 communes regroupant 86 000 habitants en Haute-Saône - avec l’aide des partenaires de la démarche pluraliste radon en Franche-Comté. Pour cela, un dépistage du radon a été proposé aux habitants portant un projet de rénovation. Cette initiative, à laquelle l’IRSN a apporté un appui, notamment en concevant et fournissant des kits de mesure, a conduit à l’intégration de nouveaux partenaires dans la démarche : Pôle Energie Franche Comté, associations du monde du logement et de l’énergie.

« Je dois émettre un avis sur les permis de construire », explique Alain Dague, maire de Fresse (Haute-Saône). « Il me semblait intéressant d’avoir une indication du potentiel radon des terrains et d’attirer l’attention des constructeurs ou des occupants des bâtiments. Les gens ne sont pas du tout au courant. Les maîtres d’œuvre ne l’intègrent pas toujours dans leurs cahiers des charges. » 

« Il n’a pas hésité à faire du porte-à-porte auprès des habitants de sa commune pour distribuer les kits radon contenant un dosimètre et un document d’information », précise Pascal Doremus, géologue et chargé de mission d’ouverture à la société à l’IRSN.

La campagne mise en œuvre durant l’hiver 2014-2015 a conduit à une sensibilisation de plusieurs dizaines de particuliers engagés dans une démarche de rénovation énergétique mais aussi des acteurs chargés d’accompagner sur le terrain la politique gouvernementale dans ce domaine.

A partir de l’action de sensibilisation initiée avec le Pays des Vosges Saônoises, un effort de montée en compétence des acteurs de la rénovation énergétique de l’habitat s’est depuis mis en place. L’IRSN, accompagné par le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), la Haute Ecole d’Ingénierie et d’architecture de Fribourg (Suisse) et par le Pôle énergie de Franche Comté, travaille désormais avec les conseillers des espaces info-énergie afin de leur donner les connaissance et les outils nécessaires pour aborder la question du radon dans le cadre de leur mission d’appui aux particuliers. Le même travail est conduit avec les conseillers en énergie partagée qui sont les interlocuteurs des collectivités dans ce domaine. Ces deux réseaux, bien identifiés par leurs utilisateurs, seront ainsi des relais d’information importants entre particuliers et collectivités d’une part et les professionnels du bâtiment d’autre part.

 

Sensibiliser les futurs professionnels

Parce que les professionnels du bâtiment sont un maillon clé pour permettre la gestion du risque radon dans le domaine de l’habitat, l’IRSN et ses partenaires de la démarche pluraliste radon en Franche-Comté ont décidé de s’engager pour faciliter leur montée en compétence.

L’Université de Franche-Comté a ainsi pris l’initiative de former les futurs professionnels du bâtiment. « Nous consacrons une journée à la sensibilisation des étudiants de deuxième année de diplôme universitaire de technologie (DUT) et de licence professionnelle », précise Romain Richard, professeur à l’Institut universitaire de technologie (IUT) de génie civil.

Célia Rodrigues a effectué en 2013 une licence en alternance au sein de cet IUT. « J’ai bénéficié d’une journée de sensibilisation au radon », témoigne la jeune femme. « A cette occasion, j’ai pris conscience de ce risque invisible. La même année, j’ai travaillé sur le chantier d’un particulier où il y avait des émanations. À mon tour, j’ai pu le sensibiliser. Une solution technique lui a été proposée. »

Les travaux à mettre en œuvre sont classiques en maçonnerie et ventilation. Ils ne posent pas de problèmes techniques. La difficulté est dans le diagnostic et la préconisation de travaux les plus simples et les moins coûteux. Seulement, faute de réglementation dans l’habitat et donc de marché pour les professionnels, les compétences en remédiation manquent.

 

Favoriser la prise en charge globale des problématiques de qualité de l’air intérieur

Les patients atteints de pathologie allergiques et respiratoires constituent des cibles particulières pour les actions de sensibilisation aux problèmes de qualité de l’air intérieur. Sur préconisation de leur médecin, ils peuvent ainsi bénéficier d’un audit de la qualité environnementale de leur logement. 

Avec l’aide des partenaires de la démarche pluraliste, le Réseau d’Allergologie de Franche-ComTé (RAFT) a décidé d’ajouter la mesure du radon à la mesure des autres polluants de l’air intérieur. « Ce gaz n’est pas allergène, mais le RAFT défend l’idée d’une prise en charge globale des problématiques de santé », explique Jean-Marc Rame, allergologue et coordonnateur du réseau.

« Notre conseillère médicale en environnement intérieur audite les logements de patients allergiques », détaille Jean-Marc Rame. « Elle fait un diagnostic du logement. Elle donne des recommandations personnalisées afin d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Depuis fin 2012, elle pose des dosimètres passifs, placés dans les endroits les plus appropriés de l’habitation. Les particuliers ne les refusent jamais. »

L’IRSN collabore avec le RAFT pour l’interprétation des résultats notamment pour bénéficier, dans ce cas, des audits d’environnement intérieur qui permettent de collecter de très nombreuses informations sur les bâtiments et les habitudes de vie des occupants.

 

Une double reconnaissance pour la démarche

Au cours de la période récente, l’IRSN et ses partenaires se sont efforcés d’étendre la portée des actions mises en place depuis 2011 et d’en pérenniser les acquis. Les initiatives engagées ont d’ores et déjà conduit au lancement d’un programme INTERREG France-Suisse (projet JURAD-BAT) et à l’inscription de plusieurs actions dans le cadre du 3ème plan régional santé environnement (PRSE 3) de Bourgogne - Franche-Comté.

 

Le projet Jurad-Bat : une reconnaissance au niveau européen

Dans le cadre du programme européen Interreg France - Suisse, le projet JURAD-BAT a été lancé en 2016, par les partenaires français et suisses. Il vise à développer une plate-forme transfrontalière, dans l’arc jurassien, pour favoriser la mise en commun, le partage d’expériences et  de compétences ainsi que la formation des professionnels en matière de gestion du risque radon.

Cette plate-forme, dont la mise en ligne est prévue en 2019, constituera un outil d’aide à la décision pour les élus, les administrations,  les collectivités  publiques territoriales, les professionnels du bâtiment et les particuliers, dans une démarche de santé publique. Elle comportera : une base de données, des applications cartographiques, des sources documentaires, des modules de formation…

 

La perspective d’une extension à la région Bourgogne-Franche-Comté

En septembre 2017, les partenaires de la Démarche Pluraliste Radon en Franche-Comté ont participé à l’élaboration du troisième Plan Régional Santé Environnement de Bourgogne - Franche-Comté.

Plusieurs des actions qu’ils ont proposés ont été retenues. Elles concernent notamment l’extension du projet JURA-BAT à l’ensemble du territoire de la région Bourgogne - Franche-Comté avec la mise en place d’un observatoire régional QAI et Radon. Des sessions de formation et d’information seront également montées et proposées aux étudiants, aux professionnels du bâtiment, aux bureaux d’études, aux collectivités.  Les actions à destination des professionnels seront aussi renforcées.

 

Une expérience à partager

Afin de présenter les acquis de plus de cinq ans de partenariat et d’échanger avec d’autres acteurs impliqués dans des actions territoriales de gestion du risque radon, les partenaires de la Démarche pluraliste radon ont décidé d’organiser un séminaire intitulé « Radon & Territoires ».

Organisé à Montbéliard (Doubs) les 28 et 29 mai 2018, son objectif est d’échanger sur les écueils et les leviers pour améliorer la gestion du risque lié au radon au travers d’actions locales. Il s’adresse tout particulièrement aux élus, aux responsables des services techniques des collectivités territoriales, aux représentants des pouvoirs publics (ARS, ASN, DREAL…), ainsi qu’aux professionnels de la construction et aux experts de la radioprotection.

En savoir plus sur la Démarche et le séminaire « Radon & Territoires »

 

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