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La surveillance de l'environnement à l'international

Focus : La surveillance radiologique du territoire en Belgique

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La surveillance radiologique du territoire effectuée par l’autorité en Belgique – l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) – constitue en quelque sorte un « dépistage environnemental ». On espère ne rien mesurer ou, plus exactement, ne rien mesurer de significatif.

Année après année, cette surveillance montre en effet que la situation radiologique du territoire belge ne pose en général aucun problème. Elle traduit d’ailleurs les efforts accomplis par les exploitants d’installations où s’exerce une activité susceptible d’avoir un impact radiologique sur l’environnement pour réduire cet impact. Ainsi, ceux-ci sont non seulement tenus de mettre tout en oeuvre pour faire en sorte que leurs rejets restent en deçà des limites autorisées, mais également de limiter les rejets à un niveau minimum (principe Alara).

 

Organisation de la surveillance radiologique belge

La surveillance radiologique du territoire comprend deux volets complémentaires : une surveillance globale du territoire et une surveillance rapprochée autour de sites spécifiques.

Une surveillance globale du territoire : Effectuée en dehors des zones où s’exerce une activité nucléaire significative, elle indique notamment le niveau de la radioactivité auquel la population est naturellement soumise. Elle couvre en particulier des zones éloignées des sites nucléaires comme la région côtière ainsi que des zones dites « de référence » comme l’agglomération bruxelloise, qui est la plus grosse agglomération belge, avec 10 % de la population.

Une surveillance rapprochée autour des sites où s’exerce une activité susceptible d’avoir un impact radiologique sur l’environnement : Il faut noter qu’en Belgique, les exploitants des centrales nucléaires (GDF-Suez Electrabel) ne sont pas obligés d’effectuer une surveillance radiologique environnementale. Les autres sites mettent en place un contrôle dosimétrique sur site et aux abords et très rarement une surveillance de l’environnement proche.

La surveillance radiologique mise en place par l’AFCN vise à couvrir la totalité du territoire et les environs des sites nucléaires suivants :

  • les sites des centrales nucléaires de Doel et de Tihange ;
  • les environs, en territoire belge, de la centrale nucléaire française de Chooz ;
  • le site du Centre d’étude de l’énergie nucléaire (SCK•CEN), à Mol ;
  • les sites de Belgoprocess, de Belgonucléaire et de la Franco-belge de fabrication de combustibles (FBFC) International, à Mol et à Dessel ;
  • les sites de l’Institut national des radioéléments (Ire), de MDS-Nordion, de Sterigenics et de Ion Bean Applications SA (Iba) à Fleurus.

 

La surveillance rapprochée vise également les installations où sont utilisés des radioéléments, comme les hôpitaux, les universités ou encore certaines industries, telle l’industrie de production de phosphates alimentaires, installée dans la région de Tessenderlo. Le procédé de cette activité industrielle non nucléaire a en effet la particularité de concentrer un radioélément naturel, le radium 226, dans les effluents liquides qu’il rejette.

 

Le réseau automatique Télérad

En pratique, la surveillance radiologique du territoire, qui porte à la fois sur le niveau de la radioactivité artificielle et sur celui de la radioactivité naturelle, est exercée de deux manières :

  • de manière continue, par le réseau automatique Télérad de mesure de la radioactivité gamma ambiante de l’air ;
  • de manière discontinue, via des campagnes périodiques de mesures sur le terrain et de prélèvements d’échantillons qui sont ensuite analysés en laboratoires.

 

Le réseau Télérad est le réseau automatique de télémesure de la radioactivité sur le territoire de la Belgique. Il est composé de 219 stations qui mesurent en permanence la radioactivité de l’air et des eaux de rivières. Les stations de mesures sont réparties sur l’ensemble du territoire national, autour des installations nucléaires de Tihange, Doel, Mol et Fleurus, ainsi que dans les agglomérations proches de ces installations et de celle de Chooz en France.

Ces stations de mesures sont reliées à un système centralisé qu’elles alertent automatiquement si elles détectent une élévation anormale du niveau de la radioactivité.

Implantation des stations de mesures du réseau Télérad de l’AFCN belge.

Implantation des stations de mesures du réseau Télérad de l’AFCN belge.


En cas d’accident nucléaire, le réseau Télérad jouerait un rôle primordial dans l’évaluation de la gravité de l’accident, dans la prise des décisions, dans l’optimisation des interventions et des mesures à mettre en oeuvre pour prévenir les effets de l’accident, ainsi que dans l’information continue de la population. En situation normale, le réseau Télérad mesure le débit de dose ambiant dû au rayonnement gamma. Ce débit de dose est lié au niveau de la radioactivité naturelle, aussi appelé bruit de fond.

 

Les campagnes d’échantillonnage et les mesures

Les campagnes d’échantillonnage et les mesures sur le terrain constituent la véritable clé de voûte de la surveillance radiologique du territoire. Elles permettent d’affiner le profil radiologique du territoire belge et doivent permettre d’évaluer précisément les niveaux de radioactivités naturelle et artificielle de l’environnement et d’évaluer les doses de rayonnement à la population. Elles ciblent dès lors de manière systématique les principaux compartiments de l’environnement et les principaux composants de la chaîne alimentaire susceptibles d’être contaminés et auxquels la population peut être exposée.

Les échantillons sont prélevés pour le compte de l’AFCN par des équipes spécialisées du SCK-CEN et de l’Ire-Elit. La fréquence des prélèvements a été définie de façon à disposer d’informations aussi utiles que possible, tout en tenant compte des contraintes techniques et matérielles. Les échantillons sont ensuite analysés dans les laboratoires de ces institutions afin de déterminer très précisément la nature et le niveau de radioactivité qu’ils contiennent.

Ces analyses mesurent les radionucléides émetteurs alpha, bêta ou gamma soit globalement, soit de façon spécifique. Dans ce dernier cas, elles s’attachent en particulier à mesurer des radionucléides naturels (comme le béryllium 7 et le potassium 40), qui servent de points de référence, et des radionucléides caractéristiques d’activités humaines spécifiques (comme ceux liés à la fabrication du combustible qui alimente les réacteurs nucléaires, des traceurs radioactifs utilisés en médecine nucléaire, et le radium 226, radionucléide naturel qui se retrouve concentré dans les effluents liquides du procédé de production des phosphates alimentaires). Les résultats obtenus sont ensuite centralisés, analysés et interprétés par l’AFCN.

Le programme de surveillance radiologique du territoire représente près de 5 000 prélèvements annuels qui font l’objet de 29 500 analyses. Les rejets atmosphériques et liquides des principaux sites nucléaires sont également suivis et analysés.

 

Une situation radiologique globalement excellente

La surveillance radiologique du territoire, qui permet de dresser un tableau précis de la radioactivité de l’environnement en Belgique et des risques encourus par la population, ne met en évidence aucun problème important. La plupart du temps, la radioactivité d’origine artificielle est largement inférieure à la radioactivité d’origine naturelle, quand elle n’est pas tout simplement non mesurable.

Cette surveillance montre également de façon claire que le débit de dose (radioactivité ambiante), en conditions normales et hors exposition médicale, dépend avant tout de la nature du sol : les sols rocheux du sud du pays exhalant davantage de radon (gaz radioactif naturel) que ceux du nord du pays (sableux). C’est ainsi, par exemple, que le débit de dose mesuré en Wallonie est supérieur à celui mesuré au voisinage de la centrale nucléaire de Doel, dont l’impact radiologique sur l’environnement est négligeable. Les centrales nucléaires, en particulier, ont un impact radiologique négligeable sur l’environnement, voire non détectable.

Si la situation radiologique du territoire belge est tout à fait satisfaisante, un bassin retient néanmoins l’attention de par sa charge anormalement élevée en radioactivité artificielle mais aussi en radioactivité naturelle (226Ra) : il s’agit de l’ensemble du réseau hydrographique Laak-Winterbeek- Nete-Escaut. En effet, certaines installations nucléaires de la région de Mol–Dessel ont un impact radiologique mesurable, bien que faible, sur l’environnement. Il en va de même de l’industrie non nucléaire de production de phosphates alimentaires dans la région de Tessenderlo qui rejette du 226Ra. Cependant, l’impact radiologique – mesurable – de ces installations du nord-est du pays est en nette diminution ces dernières années.

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