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Retombées des essais nucléaires

Contexte dans lequel s’est inscrit le travail de l’IRSN

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Contexte dans lequel s’est inscrit le travail de l’IRSN

La mise en évidence en 2002 par la CRIIRAD d’activités importantes en Césium 137 dans les sols de la Montagne Noire (Aude), zone presqu’épargnée par les retombées de l’accident de Tchernobyl, a permis de rappeler l’existence d’une rémanence sur le territoire français métropolitain, de radionucléides venant des retombées des essais aériens d’armes nucléaires pratiqués de 1945 à 1980 par Les Etats Unis, l’Union Soviétique, le Royaume Uni, La Chine et la France.

Ce sujet avait déjà donné lieu, en 2001, à la publication d’un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur les conséquences environnementales et dosimétriques en Afrique du Nord et en Polynésie des essais nucléaires français. Afin de mettre en perspective ces conséquences, ce rapport fournissait également des éléments sur les retombées globales à l’échelle hémisphérique, voire planétaire, des essais pratiqués par les Etats-Unis, la France, l’URSS, la Chine et le Royaume Uni. Il est ainsi apparu que les retombées sur le territoire français métropolitain n’étaient connues qu’à partir des évaluations du Comité Scientifique des Nations Unies sur l’effet des Rayonnements (UNSCEAR) faites à l’échelle mondiale, et n’avaient pas fait l’objet d’étude spécifique d’ampleur nationale.

Ce contexte a conduit en 2003 le ministère chargé de l’environnement (Direction de la Prévention des Pollutions et des Risques) à solliciter l’IRSN pour réaliser une étude visant à préciser les retombées en métropole des essais aériens d’armes nucléaires et à en évaluer les conséquences dosimétriques.

Il s'agissait de reconstituer l'évolution au cours du temps de l'activité des quatorze principaux radionucléides présents dans l'air, les dépôts et la chaîne alimentaire, puis d'évaluer les doses reçues par la population.

 

Méthode de travail et reconstitution des dépôts

Pour répondre à cette demande, l’IRSN a exploité plus de 40 000 résultats de mesures réalisées entre 1961 et 1978 par le Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI) et par l’Institut de Protection et de Sûreté Nucléaires, intégré à l’époque au Commissariat à l‘Energie Atomique (CEA/IPSN). L’exploitation des données a conduit l’Institut à restituer les résultats de son expertise en deux étapes successives, ponctuées chacune par la production de rapports. 

Reconstitution des dépôts au sol et de la contamination de la chaîne alimentaire

Le premier volet de l’étude a consisté à reconstituer les dépôts radioactifs mensuels à partir des mesures de la contamination de l’air et de l’eau de pluie. Le rapport IRSN/SESURE 2003-03 et la publication « Magnitude of fission products deposition from atmospheric nuclear weapon test fallout in France » dans la revue Health Physics (Renaud et al., 2004, Vol.86, N°4, 353-358) ont servi de point de départ à une reconstruction de la contamination de l’ensemble de la chaîne alimentaire, objet du rapport IRSN/ SESURE 2004-19.

En dépit du nombre élevé de mesures exploitées, le recours à la modélisation s’est révélé indispensable pour combler les lacunes dans les séries de mesures. En effet, les mesures disponibles ne concernaient pas toutes les denrées et tous les radionucléides en cause, sur toute la période considérée. Les données disponibles sur les fruits, les légumes, le blé, le lait et la viande ont ainsi pu être utilisées pour ajuster les évaluations aux différentes régions françaises.

 

Voies d’exposition de la population et doses reçues

Le deuxième volet de l’étude a consisté à évaluer toutes les voies d’exposition de la population aux retombées des essais nucléaires et à estimer les doses associées : les doses dues à l’inhalation et à l’exposition externe aux masses d’air contaminées, celles liées aux dépôts radioactifs et surtout la dose liée à l’ingestion de denrées contaminées. Les mesures effectuées sur les plateaux repas dans différents établissements scolaires ont fourni un élément de validation important de cette estimation de l’exposition. Parmi les différentes évaluations effectuées, le cas le plus pénalisant s’est révélé être celui d’un enfant né en 1961 pour lequel les doses efficaces annuelles ont été estimées jusqu’à l’issue de la période d’étude (1978, c’est-à-dire jusqu’à la dix-septième année de l’individu étudié) : la dose cumulée depuis la naissance est estimée à 1,5 millisievert (mSv) en moyenne et jusqu’à 5 mSv dans les régions les plus arrosées. La dose annuelle reçue a été maximale en 1963 (0,3 mSv/an).

Parmi la vingtaine de radionucléides en cause, le tritium et le carbone 14 n’ont pas été considérés dans les études précédentes. En effet, ces radionucléides n’ont pas été mesurés en France durant la période concernée, et ont par ailleurs un comportement dans l’environnement très différent de celui des autres radionucléides. Afin d’estimer spécifiquement les doses dues au carbone 14, susceptibles de ne pas être négligeables, l’IRSN a réalisé une étude spécifique en 2006 (apport IRSN/SESURE 2006-09) montrant qu’au maximum de concentration de ce radionucléide dans l’environnement (1964), la dose due au carbone 14 provenant des essais aériens d’armes nucléaires ne représentait qu’environ 5% de la dose totale imputable à ces essais.

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Pour en savoir plus :

  • Consulter le rapport de l’OPECST « Les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1996, et éléments de comparaison avec les essais des autres puissances nucléaires » (document PDF)
  • Consulter le rapport IRSN/SESURE 2003-03 « Les retombées en France des essais atmosphériques d'armes nucléaires - Production, fractionnement, dispersion atmosphérique et dépôt des produits de fission » (document PDF)
  • Consulter le rapport IRSN/SESURE 2004-19 « Contamination de la chaîne alimentaire par les produits de fission émis lors des essais aériens d’armes nucléaires » (document PDF)
  • Consulter le rapport IRSN/SESURE 2006-03 « Évaluation des conséquences dosimétriques des essais aériens d’armes nucléaires en France métropolitaine Période 1961-1978 » (document pdf)
  • Consulter le rapport IRSN/SESURE 2006-09 « Evaluation des doses dues au Carbone 14, depuis la fin des années 1950, en France métropolitaine » (document PDF)