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Santé radiologique des rivières

Les sources de rejets radioactifs et leur détection

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Comme pour les autres compartiments de l’environnement, l’IRSN assure une surveillance des fleuves et des rivières qui vise à garantir la protection des populations et des écosystèmes. « Ce suivi permet de dire l’état de santé du milieu aquatique », explique Jean-Christophe Gariel, directeur de l’environnement à l’IRSN.

À la différence des exploitants, responsables de la surveillance autour de leur site, la mission de l’Institut s’étend à l’ensemble du territoire et à une triple échelle : locale, régionale et nationale. Cette surveillance englobe toutes les sources de rejets radioactifs : centrales nucléaires, usines de combustible, centres de recherche, hôpitaux et laboratoires médicaux. 

Les mesures portent sur le rayonnement alpha global, le rayonnement bêta global et le niveau de tritium, soit les trois indices pris en compte pour le contrôle sanitaire des eaux de consommation, également utilisés pour la surveillance des écosystèmes aquatiques. 

 

Suivre toutes les sources de rejets radioactifs

« Depuis une trentaine d’années, les radionucléides dus aux activités humaines n’ont cessé de baisser dans le réseau fluvial », précise Jean-Christophe Gariel. Et Valérie Bruno, spécialiste de la veille environnementale à l’IRSN d’ajouter : « D’une manière générale, la radioactivité ajoutée par l’homme aux rayonnements naturels reste faible et bien en deçà des seuils susceptibles d’avoir des effets sur les populations. »

Aujourd’hui, l’analyse radiologique détecte d’abord le 'bruit de fond' de la radioactivité naturelle. « Présent en amont comme en aval des installations nucléaires, ce signal reflète la nature géologique des terrains traversés par les cours d’eau », annonce Olivier Pierrard, expert en surveillance de l’environnement à l’IRSN.

Les rivières conservent également les traces des retombées des essais nucléaires atmosphériques antérieurs à 1980 et de l’accident de 1986 à la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl. Dans ce dernier cas, il s’agit de traces de césium 137 que le lessivage des sols par les pluies continue de drainer vers le réseau fluvial. 

« Les rejets actuels contribuent marginalement à l’apport de radionucléides artificiels », ajoute Olivier Pierrard. Les principaux marquages concernent le tritium et, dans une moindre mesure, le carbone 14 produits par les centrales sous la limite des rejets autorisés. On retrouve aussi l’iode 131 issu de la médecine nucléaire. 

 

Abaisser les limites de détection d’un facteur 100 

Sauf pour le tritium, faiblement radiotoxique, et l’iode 131, les quantités mesurées diminuent au fil des ans du fait de la maîtrise croissante de leurs rejets par les exploitants, et ce même si des progrès peuvent encore être faits pour la gestion des effluents.

« Aujourd’hui, déceler la radioactivité devient très difficile avec des moyens classiques », précise Jean-Christophe Gariel. Cette situation amène l’IRSN à faire évoluer sa stratégie de surveillance.  

Au plan local, cette veille radiologique s’appuie sur un réseau d’hydrocollecteurs implantés à proximité des centrales. Ils permettent d’analyser des échantillons d’eau et de matières en suspension. Des prélèvements ponctuels de sédiments ou d’organismes aquatiques – algues, mollusques, poissons… – et des sondes mobiles de télémesure, utilisées notamment à l’entrée de stations d’épuration urbaines, complètent le dispositif. 

Prélevement d'eau et de sédiments en CorrèzeLes constats radiologiques régionaux s’éloignent des installations pour prendre une « photographie » de l’état radiologique d’un territoire. L’eau est au cœur de ces études, réalisées le plus souvent à partir de campagnes de prélèvements dans un bassin versant comme le Val de Loire et la  Vallée du Rhône. L’IRSN assure aussi la surveillance  de l’environnement autour des anciennes mines d’uranium en France, dont le premier constat radiologique minier a concerné le bassin de la Dordogne.

À l’échelle nationale, l’IRSN gère, avec Hydrotéléray, un réseau de balises de mesure en continu de la radioactivité dans les principaux fleuves en aval des installations nucléaires. Pour rendre cette surveillance plus efficace, les experts de l’Institut développent des outils. Par exemple, le compteur à scintillation liquide (Aloka), qui mesure le tritium par spectrométrie de masse, abaisse d’un facteur 100 les limites de détection par rapport aux moyens classiques.

« L’enjeu est de pouvoir continuer à tracer la décroissance de la radioactivité dans l’environnement afin d’apporter des réponses crédibles et chiffrées aux interrogations de la société », souligne Jean-Christophe Gariel. L’autre priorité est « d’optimiser les plans de surveillance avec des moyens qui ne doublonnent pas avec ceux des exploitants. Le développement des constats radiologiques régionaux en est l’illustration. »

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