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Santé radiologique des rivières

Seine et Rhône : une surveillance pour répondre aux enjeux locaux

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La puissance d’analyse des données radiologiques permet aujourd’hui de retracer une pollution radioactive aussi faible soit-elle, et de trouver les sources de radioactivité ainsi que leur origines. Des vérifications qui sont utiles pour vérifier l’incidence sanitaire des rejets suite à des ​accidents, y compris plusieurs décennies après les faits.

 

Seine : retracer un rejet accidentel

Carottes sédimentaires prélevées dans la SeineDans la perspective d’aménagements portuaires susceptibles de remuer des polluants chimiques emprisonnés au fond de la Seine, le groupement d’intérêt public Seine-Aval a souhaité avoir un état précis des polluants qui s’y étaient accumulés au cours des dernières décennies.  Comme l’analyse radiologique permet de dater les différentes couches d’une carotte sédimentaire, donc les polluants chimiques qui s’y trouvent, des experts de l’IRSN ont participé à l’analyse des pollutions historiques dans le lit de la Seine.

En cherchant à identifier les radioéléments qui, par leur présence, pourraient servir de traceurs, les experts ont fait une découverte inattendue : des traces de plutonium d’origine inconnue, à hauteur de Rouen (Seine-Maritime). Or, elles ne correspondaient ni aux retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 1950-1960, ni à celles de l’accident de Tchernobyl (Ukraine, 1986). Par ailleurs, ce type de rejets n’avait pas été répertorié dans le passé.

Les experts de l’IRSN ont finalement trouvé la source. La profondeur, la concentration et la nature (238Pu) ont permis de dater et ensuite de relier les rejets à un déversement accidentel, en 1975, de plutonium dans les eaux usées du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).

L’Institut a également vérifié et conclu que ces concentrations bien que faibles n’avaient pas eu d’incidence sanitaire, à l’époque, sur les personnes consommant l’eau de la Seine ou travaillant à son contact – notamment les égoutiers de la station d’épuration d’Achères (Yvelines), qui ont traité ces effluents.

Lire l'avis de l'IRSN sur la détection de concentrations anormales en plutonium dans les sédiments de la Seine

 

Rhône : expliquer la radioactivité mesurée à Arles

À Arles, le tritium présent dans le fleuve est estimé à environ 300 TBq/anÀ l’embouchure du Rhône, les flux de radionucléides observés sont globalement cohérents avec les quantités de rejets déclarées par les exploitants des centrales et usines nucléaires implantées le long du fleuve et de ses affluents. Sauf pour quelques éléments qui témoignent de l’existence d’autres sources de radioactivité.

C’est ce qui résulte des mesures effectuée depuis 2008 par la Station Observatoire du Rhône en Arles (Sora). Pour des radioéléments spécifiques de l’industrie nucléaire (cobalts, antimoines), l’activité observée à Arles est cohérente avec les déclarations des exploitants. En revanche, des flux excédentaires de certains radionucléides, comme le tritium, le césium 137 et l’iode 131, ont été constatés.

Flux le plus important mesuré dans l’eau (environ 300 TBq sur un an), la présence de tritium résulte à la fois de l’industrie de l’atome, des retombées des tirs nucléaires passés, des rejets atmosphériques des installations nucléaires et de la radioactivité naturelle.

Les excédents mesurés de césium 137, de strontium 90 et d’actinides correspondent, quant à eux, aux retombées atmosphériques anciennes – essais d’armes nucléaires et accident de Tchernobyl, en Ukraine – remobilisées dans l’eau par le lessivage des sols et les brassages de sédiments liés aux crues.

Le surplus d’iode 131 résulte de l’activité des  services de médecine nucléaire. À  l’inverse, certaines concentrations mesurées à l’embouchure du Rhône sont bien inférieures aux déclarations des exploitants : cobalt 58, argent 110m… Cela s’explique par le dépôt d’une partie de ces éléments dans les sédiments avant leur arrivée à Arles.

Lire le rapport d'expertise « Flux de radioactivité exportés par le Rhône en Méditerranée en 2008 - Station Observatoire du Rhône en Arles (SORA) »

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