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Enquête alimentaire autour des installations nucléaires

Des enquêtes en amont pour une meilleure gestion des conséquences d’un accident nucléaire

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En cas d’accident nucléaire, les enquêtes alimentaires menées au préalable par l'IRSN permettraient d’évaluer, sur une base réaliste, les zones où les autorités pourraient prendre des décisions d'interdiction alimentaire pour protéger les populations.

Pour l’évaluation de l’impact des installations nucléaires dans le cadre de leur fonctionnement normal, les enquêtes alimentaires générales réalisées en France sont suffisantes. Par contre, à la suite d’un rejet radioactif accidentel, des informations plus spécifiques sur l’alimentation des populations autour des sites sont nécessaires aux évaluations des risques liés à la consommation des denrées locales, justifiant les enquêtes alimentaires ciblées, réalisées par l’IRSN autour des installations nucléaires.

« Les résultats de ces enquêtes peuvent en premier lieu être utilisées pour étudier les conséquences des scénarios d'accidents, par exemple ceux présentés au Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique (Codirpa) », témoigne Didier Champion, directeur de la crise à l'IRSN.

Quid en cas d'accident nucléaire ? Les résultats des enquêtes alimentaires permettraient de mener rapidement les évaluations dosimétriques pour aider les autorités à prendre d'éventuelles décisions d'interdiction de consommer certains aliments locaux.

 

Un outil de gestion post-accidentelle

« Les résultats des enquêtes alimentaires autour des sites nucléaires ne servent pas à la gestion de l’urgence, mais serviraient aux expertises menées par l’IRSN pour la gestion post-accidentelle si un rejet nucléaire devait se produire », insiste Didier Champion. « Dans une telle situation, la première urgence consisterait à cartographier les zones les plus impactées par les retombées, pour ensuite évaluer les niveaux de contamination qui pourraient être atteints dans les denrées locales et en déduire les conséquences éventuelles pour les populations consommatrices de ces denrées. »

Une démarche prédictive et préventive qui diffère de celle appliquée au Japon après l’accident de Fukushima, où les autorités japonaises ont attendu le constat de contamination de certains territoires et aliments pour prendre des mesures.

Autre enseignement de la catastrophe japonaise : la nécessité d'aller vite. « Au Japon, il a fallu attendre plusieurs semaines avant que ne soit réalisée une cartographie des retombées, qui est le premier maillon indispensable des prévisions. En France, nous devons être plus rapide, même si cela suppose d'accepter d'être imprécis au début », ajoute Didier Champion. « Il est essentiel de trouver le bon compromis pour s'assurer que toute la population, et en particulier les personnes les plus exposées, est bien protégée. »

 

Une démarche raisonnablement prudente

« En théorie, il faut partir de l'idée qu'en cas de rejet nous ne disposerions que de très peu de mesures sur les denrées alimentaires le premier jour d'un accident. D'où l'intérêt de disposer de modèles prédictifs comme Symbiose et Paz. Le premier calculerait le niveau prévisible de contamination des denrées alimentaires et estimerait les doses pour le consommateur de ces denrées ; le second servirait à proposer un zonage pour la gestion des conséquences post-accidentelles. »

Ainsi, sur la base de l'estimation des rejets atmosphériques et des dépôts, et de la connaissance des habitudes de consommation des populations les plus exposées acquise grâce aux enquêtes alimentaires, ces deux logiciels permettraient d’estimer le niveau de contamination des denrées puis d’évaluer la dose prévisible pour l'homme, du fait de la consommation de ces denrées. Il s'agit donc d'outils ayant pour fonction de devancer l'avenir, de protéger l’individu de potentielles doses futures, et non de mesurer a posteriori les doses réellement consommées. « Ces outils prédictifs et préventifs permettraient d'interdire éventuellement la consommation de certains produits sur le territoire en cas de rejet », conclut Didier Champion. 

Au fil des jours, la cellule mobile d'intervention d'urgence de l'IRSN recueillerait des données de plus en plus nombreuses sur la contamination réelle des produits agricoles (ou d’origine naturelle) permettant une réévaluation périodique des premières estimations.

« Nous tablons, en cas d'accident, sur la mise en place d'une démarche itérative afin d'affiner progressivement nos évaluations : la dose ingérée serait d'abord calculée sur la base d'une estimation de la contamination des aliments puis, progressivement, sur les résultats d'analyses réalisées sur ces aliments. Mais même avec des mesures, l'idée est toujours de prédire ce qui va se passer dans les mois suivants puis sur une année complète. Nous appliquerions pour cela une démarche raisonnablement prudente d’évaluation des conséquences dans les territoires potentiellement impactés. »

L'idée est donc de ne pas être dans l'arbitraire complet et de tout interdire. « Dans un pays de la taille de la France, il ne serait pas raisonnable d’interdire la consommation des denrées produites à l’échelle du pays entier, après un accident nucléaire ; il est donc important de pouvoir identifier rapidement les zones du territoire où une telle interdiction pourrait être justifiée  », conclut Didier Champion.

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