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Evaluations complémentaires de sûreté

ECS : l'état des lieux des installations nucléaires post-Fukushima

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Derrière le sigle ECS se cachent les évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima. Cet état des lieux de la quasi-totalité des installations nucléaires françaises a nécessité un long travail.

Les accidents nucléaires de Three Mile Island aux États-Unis en 1979 ou de Tchernoby en Ukraine en 1986 avaient pour origine des défaillances internes. Celui de Fukushima en mars 2011a été provoqué par des agressions naturelles extrêmes. Ceci a conduit à se demander jusqu’à quel niveau de séisme et d’inondation les centrales européennes, et notamment françaises, pouvaient résister. Et quels seraient les délais avant que des rejets surviennent dans l’environnement en cas de perte totale d’alimentation électrique ou de source de refroidissement.

Ces questions ont fait l’objet des évaluations complémentaires de sûreté (ECS) demandées aux exploitants français le 5 mai 2011 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « Les exploitants ont estimé si, oui ou non, leurs installations pouvaient résister à un séisme 50% plus fort que celui retenu pour le dimensionnement de la centrale, à des crues 30% plus fortes et à des pluies doublées », résument Karine Herviou et Caroline Lavarenne, expertes de l’IRSN chargées de l’instruction des dossiers ECS.

Les ECS ont été initiées à l'origine par le Premier ministre français, ainsi que par le Conseil européen qui a décidé en mars 2011 la réalisation de « stress-tests » (tests de résistance) dans les installations nucléaires européennes.

Il y a quelques différences entre les stress tests européens et les ECS français. Ils ont justifié deux rapports différents dans la forme, même si le fond reste le même : le périmètre des évaluations françaises est ainsi plus large. Elles couvrent non seulement les réacteurs, mais aussi les installations de recherche et les usines du cycle du combustible.

 

79 installations prioritaires

Soixante-dix-neuf installations jugées prioritaires par l’ASN ont fait l’objet de rapports remis par les exploitants dès septembre 2011. Pour les autres installations, les exploitants ont disposé d’une année supplémentaire. La quasi-totalité des installations françaises ont donc été concernées : les 58 réacteurs à eau sous pression, l’EPR en construction, les installations de recherche et les usines du cycle du combustible.

Dans la pratique, si les installations visées sont nombreuses, les opérateurs le sont beaucoup moins, avec EDF, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Areva et l’Institut Laüe-Langevin (ILL).

 

Carte des installations nucléaires françaises soumises aux ECS
Cliquer sur la carte pour l'agrandir

 

« C’est sur la base du cahier des charges rédigé par l’association européenne des chefs des autorités de sûreté nucléaire, Wenra, que le cahier des charges français a été rédigé », explique Daniel Quéniart, conseiller du directeur général de l’IRSN, qui a participé à la mise au point du rapport d’analyse critique des dossiers des exploitants. Par ailleurs, « un chapitre dédié à la sous-traitance a été ajouté à la demande du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire. »

« Début juin 2011, les exploitants ont transmis un document synthétisant la démarche qu’ils comptaient mettre en place pour réaliser les ECS », explique Caroline Lavarenne, expert à l’Institut et pilote de l’instruction des dossiers d’ECS. « Les groupes permanents d’experts (GPE) apportent un appui technique à l’ASN. Sur la base d’une analyse de l’IRSN, ils ont jugé satisfaisantes ces démarches, en indiquant certains points de vigilance. Ensuite, l’ASN a imposé aux exploitants de prendre en compte l’impact d’éventuelles installations à risque, comme des usines chimiques, situées à proximité d’une centrale. »

 

Les domaines couverts par les ECS

Chaque dossier d'évaluation comporte huit chapitres:

1. Présentation du site
2. Séisme
3. Inondation
4. Phénomènes naturels extrêmes (grêle, foudre, tornade)
5. Perte de source froide/perte de source électrique
6. Gestion des accidents graves
7. Entreprises prestataires
8. Synthèse du site et du plan d’action associé

 

Durant l’été 2011, les exploitants des 79 installations prioritaires se sont donc attelées à la tâche pour remettre leur rapport le 15 septembre. « Pendant ce laps de temps, nous avons identifié les écarts de conformité, les points à améliorer sur les installations et calculé les délais disponibles avant rejets, réexaminé les aléas sismiques des sites... afin de disposer d’une grille d’analyse des rapports d’ECS en septembre », explique Karine Herviou.

Puis l’analyse des dossiers reçus a eu lieu. Un mois et demi plus tard, l’IRSN présentait devant les groupes permanents une synthèse et une analyse critique des propositions des exploitants, afin que les GPE puissent rendre un avis.

 

Les dates clés des évaluations complémentaires de sûreté :  

 

 

 

 

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