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Evaluations complémentaires de sûreté

Analyse et conclusions des rapports fournis par les exploitants

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Le 17 novembre 2011, l'ASN, l'IRSN et les membres des groupes permanents d’experts ont présenté le rapport d’expertise préparé à la suite de l’examen des rapports des Evaluations complémentaires de sûreté (ECS) des exploitants nucléaires.

Cet imposant travail d’analyse a été réalisé dans un délai très court à la fois par les exploitants d’installations nucléaires (EDF, CEA et Areva notamment) et par l’IRSN, qui a mobilisé une centaine de ses experts pendant plusieurs mois. La contre-expertise menée par l’IRSN sur les dossiers de sureté soumis par les industriels, en cas de catastrophe exceptionnelle, a permis de dégager plusieurs constats.

 

Les conclusions des experts

Première conclusion : si les installations autorisées en France peuvent être légitimement considérées comme sûres, il s’avère que certaines d’entre elles ne répondent pas complètement aux exigences définies dans les référentiels de sûreté qui leur sont applicables. Ces écarts doivent être résorbés rapidement.

Concernant la résistance des installations à des scénarios dépassant ceux imaginés, lors de la conception ou de la réévaluation de sûreté, la conclusion des experts est double :

  • l’accident de Fukushima et les ECS ont mis en évidence certaines limites des référentiels de sûreté actuels. « Ils ne considèrent pas le cumul de la perte totale des alimentations électriques ou de sources de refroidissement avec les agressions externes prises en compte dans les référentiels », explique Caroline Lavarenne. « Or Fukushima a montré que c’était possible. »
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  • les équipements nécessaires à la gestion de ces situations ne sont pas tous protégés et la survenue d’une perte totale de refroidissement ou de sources d’énergie affectant simultanément plusieurs installations d’un site n’est pas envisagée. « Certains équipements comme des pompes ou les dispositifs de dépressurisation et de filtration sont communs à deux tranches. Des moyens de secours mobiles existent sur les sites, mais sont prévus pour un réacteur ou une installation uniquement », illustre Karine Herviou.
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Enfin, la nécessité de renforcer ou de mettre en place des équipements essentiels à la gestion de situations extrêmes, capables de résister à des séismes ou des inondations importants. Ils constitueraient un "noyau dur". Mais il faut aussi concevoir des dispositifs pour maîtriser l’éventuel accident. Ce que Karine Herviou résume d’une expression : “ceinture et bretelles”. Les moyens de gestion de crise doivent également être rendus robustes pour ces situations.

 

Des items déjà connus

Certaines des conclusions des ECS recoupent des travaux de longue date, par exemple sur les réacteurs. « L’inondation survenue en 1999 à la centrale nucléaire du Blayais avait déjà posé la question du cumul des agressions climatiques. La protection face aux inondations avait été renforcée », rappelle Martial Jorel, spécialiste de la sûreté des réacteurs à l’IRSN.

« Après l’accident de Three Mile Island, les centrales françaises ont été équipées de filtres à sable pour dépressuriser l’enceinte en cas d’accident grave, et de recombineurs d’hydrogène. À l’issue de la troisième vague de visites décennales en 2003, la décision a été prise de renforcer la boulonnerie de l’enceinte de confinement, d’équiper les réacteurs d’un système de détection de percée de cuve et d’un autre de mesure de l’hydrogène dans l’enceinte. »

Autant d’améliorations qui demeurent incomplètes, car ne résistant pas forcément aux agressions extrêmes. « Les filtres à sable ne tiennent pas face aux séismes », reconnaît Martial Jorel.

Une analyse partagée par Thierry Charles, Directeur général adjoint chargé du pôle Sûreté des Installations et Systèmes Nucléaires. « Comme les réacteurs, les usines du cycle du combustible font l’objet de réexamens de sûreté périodiques où tout est passé en revue au regard des dernières données et connaissances. Par exemple, l’usine de la société FBFC qui produit du combustible à base d’uranium avait bénéficié de nombreux renforcements entre 2003 et 2008, notamment en matière de comportement aux séismes : renforcement des bâtiments, du confinement avec la mise en place d’une deuxième barrière étanche autour des conteneurs d’UF6 (Hexafluorure d’uranium), de la protection contre l’incendie… »

 

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