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FAQ Santé et radioprotection

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1- Quelle est la différence entre l’irradiation et la contamination ?

On parle d'irradiation lorsque la source radioactive est située à l’extérieur du corps des personnes exposées. Plus la distance entre la source et la personne est importante, plus l’exposition par irradiation est faible. Pour stopper l’exposition par irradiation, il suffit donc d’éloigner les personnes de la source radioactive (évacuation par exemple) ou de les protéger dans un bâtiment en béton (mise à l’abri).

On parle de contamination lorsque la source radioactive pénètre à l’intérieur du corps des personnes exposées, soit par inhalation, soit par consommation de produits contaminés, soit par blessure avec des objets contaminés. Les particules séjourneront plus ou moins longtemps dans le corps en fonction de leur taille et des éléments radioactifs concernés, avant d’être éliminées dans les urines et/ou dans les selles. 

Lorsque les particules radioactives sont déposées sur la peau ou sur les vêtements sans avoir pénétré dans le corps, on parle de contamination externe. Celle-ci peut être éliminée par déshabillage et en douchant les personnes exposées.

 

2- Quelle est la signification des unités de mesure ?

La radioactivité est imperceptible. Pour la mesurer, il faut des instruments spécialisés.

Le becquerel (Bq) mesure l’activité (nombre de désintégration par seconde) de la matière nucléaire. Pour mesurer la radioactivité de l’air, on aspire cet air puis on le filtre et on mesure les particules sur le filtre. S’il y a très peu de particules, il faudra beaucoup de temps pour en avoir assez et avoir la mesure. Le résultat sera exprimé en Becquerel par mètre-cube (Bq/ m3).

Le gray (Gy) mesure la dose physiquement absorbée par un individu ou la matière. Ainsi, ce n’est pas parce que l’on est dans une pièce où il y a des particules radioactives que notre corps va être en contact avec toutes les particules, seule une petite partie peut nous atteindre. C’est ce que l’unité « gray » exprime.

Le sievert (Sv) permet d’évaluer l’impact du rayonnement sur la matière vivante. Il sert à quantifier le risque lié à une exposition à des rayonnements ionisants, et permet de comparer l’effet d’une même dose délivrée par des rayonnements de nature différente à des organismes, des organes ou des tissus qui n’ont pas la même sensibilité aux radiations. 

En effet, le sievert est la quantité de radioactivité absorbée par l’individu (gray) multipliée par deux facteurs possibles :

  • le premier facteur dépend du rayonnement : 10 pour le rayonnement alpha et 1 pour les autres, rayonnements beta et gamma;
  • le deuxième facteur prend en compte la sensibilité des organes du corps humain à la radioactivité des particules. Par exemple, la thyroïde est particulièrement sensible à l’iode radioactive, c’est pourquoi on indique toujours une dose à la thyroïde et une dose au corps entier.

 

Des seuils d’exposition maximum ont été définis par les spécialistes. Par exemple, la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) estime que l'exposition d'une personne du public ne doit jamais atteindre plus de 1 millisievert/an du fait de la radioactivité artificielle. 

Le Roentgen (R) est une unité qui n’a plus cours depuis de nombreuses années excepté aux Etats-Unis. Certains appareils de mesure (débitmètres) peuvent également être encore gradués en Roentgen. Il s’agit d’une grandeur qui était destinée à caractériser l’ionisation produite dans l’air par un faisceau de rayonnement X ou gamma et ainsi évaluer l’énergie transférée au milieu par ce faisceau. ependant, cette unité était définie à partir de grandeurs physiques et ne prenait pas en considération les effets biologiques qu’elle ne pouvait pas estimer. Le Roentgen ne permettait donc pas d’apprécier les conséquences sur l’homme des effets biologiques des rayonnements contrairement au Sievert, qui est l’unité utilisée aujourd’hui.

 

3 - Quelle est la dose annuelle moyenne de radioactivité reçue en France ?

Un Français reçoit au total une dose annuelle moyenne de l’ordre de 4,5 mSv. Cette dose est due à l'exposition à la radioactivité naturelle (radon, rayonnements telluriques, rayonnements cosmiques), à l'exposition médicale et à l'exposition aux radionucléides artificiels. 

Cette valeur, qui dépend de l’emplacement géographique et du mode de vie, est à considérer comme un indicateur macroscopique – à l’échelle de la France entière - et n’est pas applicable à un groupe de personnes en particulier.

Pourcentages de l'exposition naturelle et artificielle moyenne annuelle par personne en France. 

  

4- Quelle est la dose dangereuse pour la santé ?  

Il faudrait, pendant une année entière, avoir un débit de dose de 114 nanosievert par heure (nSv/h) pour atteindre la limite d’exposition du public qui est de 1 millisievert par an (mSv/an), en dehors des expositions médicales et naturelles.  

A partir de 10 mSv, on préconise une mise à l’abri des populations. Cette dose représente 3 fois la dose annuelle reçue par la population française.  

Au-delà de 50 mSv, l’évacuation est recommandée. Cela représente 15 fois la dose reçue par an par la population française.  

Pour la population, on parle de fortes doses au-delà de 100 mSv, c’est-à-dire 30 fois la dose reçue par an par la population française.  

Pour les travailleurs du nucléaire, la limite réglementaire d'exposition est en France de 20 mSv/an.  

Une exposition à une dose de 100 mSv/an peut être autorisée pour des interventions techniques d’urgence et de 300 mSv/an pour une intervention de secours à victimes. Pour un niveau inférieur à 100 mSv, aucun effet à long terme sur la santé n’a été démontré.   

Au-delà de 100 mSv, des effets à long terme des rayonnements ionisants ont été démontrés par des études épidémiologiques (étude des populations d’Hiroshima et de Nagasaki).   

1000 mSv est une dose très élevée qui correspond à 1 Gray. Ce niveau d'exposition à la radioactivité a un effet direct sur la santé et implique un risque pour la vie de la personne exposée dans les semaines et les mois qui suivent. A partir de ce niveau de dose, les rayonnements ionisants commencent à détruire la moelle osseuse. Ils atteignent les cellules souches et entrainent une diminution des plaquettes sanguines et des globules blancs. 

 

5 - 15/03/2011: Quelles sont les mesures de précaution nécessaires en France pour se protéger des retombées radioactives consécutives à l’accident à la centrale de Fukushima ?  

Il n’y a aucune mesure à prendre lors de l’arrivée des masses d’air en provenance du Japon au dessus de la France.   

En effet, les retombées radioactives consécutives au passage des masses d’air en provenance du Japon devraient être 1 000 à 10 000 fois inférieures à ce qui a été observé en France après l’accident de Tchernobyl.   

Ces retombées seront sans conséquence pour la santé des Français et pour l'environnement. Aucune précaution particulière n’est à prendre pour les adultes, femmes enceintes et les enfants : pas de restriction alimentaire, pas de prise d’iode stable, pas de mise à l’abri ou de confinement.

Pour rappel, la prise d’iode stable doit se faire uniquement sur ordre du Préfet. Il est dangereux d’ingérer des comprimés d’iode stable lorsque la situation ne l’exige pas.

 

6 - Comment relier les mesures de rejet dans l’environnement faits par les balises et les doses reçues par la population ?

Il est difficile d’interpréter les mesures dans l’environnement directement en terme de risque ou de dose. En effet, la mesure dans l’environnement donne l’importance des gaz et des particules rejetés à un endroit et à un moment donné. Mesuré par une balise, ce débit de dose est exprimé en micro ou milli sievert par heure. C’est seulement un indice que des rejets ont eu lieu.   

Par contre, pour estimer l’effet sanitaire (les doses que les personnes sont susceptibles d’avoir reçu ou de recevoir), il faut connaître la composition des gaz et la concentration des éléments radioactifs nocifs pour la santé : 

  • le calcul de la dose efficace due à une exposition interne est le résultat de modèles de calcul dosimétriques prenant en compte la quantité de radionucléides incorporés (« nombre de Becquerel ») et le comportement de ces radionucléides dans l’organisme ;
  • pour une exposition interne par inhalation en un lieu donné, la dose efficace est égale au produit de la concentration en radionucléides de l’air par le débit respiratoire, par le temps passé en ce lieu et enfin par un coefficient de dose par unité d’incorporation (dont les valeurs  sont fixées pour chaque radionucléide par un arrêté du 1er septembre 2003).

 

Donc quand un débit de dose est 400 fois supérieur au bruit de fond naturel, cela ne signifie pas que le risque est 400 fois supérieur.

  

7 - Quel est l’impact sanitaire en fonction de la dose reçue ? 

Entre 100 mSv et 1000 mSv, c’est le domaine d’étude – appelés fortes doses - où nous avons les connaissances les plus précises. En effet, nous disposons de l’étude épidémiologique issue d’Hiroshima et de Nagasaki. Cette étude a permis d’établir les coefficients de risque c’est-à-dire les risques de développer un cancer. Entre 100 mSv et 1000 mSv, le risque d’excès de "risque de cancer" est quantifié.

En dessous de 100 mSv – on parle de faibles doses -, la science ne connait pas la probabilité de développer un risque de cancer car c’est seulement une extrapolation du risque de développer un cancer lors d’une exposition à une forte dose (supérieure à 100 mSv).

>Plus d'informations sur les faibles doses.

 

8 - Quels sont les types de cancers pouvant être développés dans le cas d’une exposition importante ?

En cas d’exposition aux iodes radioactifs présents en forte concentration dans le panache émis en cas d’accident nucléaire (iode 131, iode 132 par exemple) et en l’absence de mesure de prévention et de protection, les personnes exposées courent un risque de développer dans les années suivant l’exposition un cancer de la thyroïde. Le risque est particulièrement élevé chez les enfants. Ainsi, après l’accident de Tchernobyl, près de 7 000 enfants biélorusses, ukrainiens et russes ont développé un cancer de la thyroïde entre 1991 et 2005.  

Outre l’évacuation et la mise à l’abri des populations, il est possible de prévenir cette apparition de cancers thyroïdiens en administrant des comprimés d’iode stable. L’iode stable viendra saturer la glande thyroïde et empêchera ainsi la fixation d’iode radioactif. Pour que cette mesure de prévention soit efficace, il faut que l’iode stable soit administré une à deux heures avant l’exposition et au plus tard, 24 heures après l’exposition. Au-delà, la mesure de prévention ne sera plus efficace.  

En cas d’exposition à d’autres éléments radioactifs présents dans le panache (par exemple le césium 137), les personnes exposées verront augmenter leur probabilité de développer certains types de cancers (par exemple, cancer digestif ou cancer pulmonaire) dans les années et décennies suivant l’exposition.  

Les impacts sanitaires pourront être différents entre les personnes en raison des différences de sensibilité à la radioactivité. Ainsi, certaines personnes développeront un cancer alors que d’autres personnes exposées à la même dose ne développeront pas de cancer. Plus la dose est importante, plus la probabilité de développer un cancer sera importante.

 

9 - Comment les personnes soumises à des retombées peuvent-elles se protéger des particules radioactives de l’air ? Comment réduire les doses reçues par les personnes vivant dans un territoire contaminé ?

Les particules radioactives en suspension dans l’air vont rapidement se déposer sur le sol. En cas d’exposition à ces fines particules qui viendraient se déposer sur les vêtements, il faut enlever les vêtements en les repliant sur eux-mêmes de l’intérieur vers l’extérieur puis se doucher à l’eau en utilisant un savon non agressif, sans oublier de se laver les cheveux. Il est déconseillé de frotter vigoureusement la peau car cela pourrait favoriser le transfert de particules radioactives dans la circulation sanguine. Il est utile également de laver fréquemment les sols.

Attention : les combinaisons ne protègent pas du risque d’irradiation et les masques chirurgicaux ne protègent des particules ultra-fines en suspension dans l’air.

Immédiatement après un dépôt radioactif important sur les sols, des actions de protection peuvent être mise en œuvre en fonction de l’importance des dépôts :

  • éloigner immédiatement la population, si la contamination de l'environnement est trop élevée pour permettre un maintien permanent de personnes. Cet éloignement peut être temporaire, le temps que la radioactivité diminue de façon spontanée ou que les opérations d’assainissement soient terminées.
  • interdire la consommation et la commercialisation des productions alimentaires d’origine locale, surtout les produits frais récoltés (légumes à feuilles et lait notamment).

 

10 - Que faut-il faire pour évaluer les risques sanitaires ? Comment peut-on être sûr des doses reçues ?

L’évaluation des risques sanitaires nécessite d’estimer les doses reçues par les personnes exposées. L’estimation de ces doses peut reposer sur les données relatives aux rejets de l’environnement (activités radioactives mesurées en Becquerel, composition des rejets) ainsi que sur les résultats fournis par les dosimètres portés par les intervenants de chaque centrale et les résultats des analyses réalisées chez les personnes potentiellement contaminées (mesures anthroporadiamétriques, analyses radiotoxicologiques). A partir des activités mesurées, la dose reçue par les personnes est calculée grâce à l’utilisation de modèles qui décrivent le devenir des éléments radioactifs dans le corps.

Les doses reçues par irradiation peuvent être évaluées grâce au port de dosimètres, petit appareil portatif dont sont équipées les intervenants de chaque centrale pour connaître en temps réel la dose reçue par irradiation (exposition externe). Les doses reçues par contamination interne nécessitent pour être évaluées de mettre en œuvre deux types d’examens : mesure anthroporadiamétrique et analyse radiotoxicologique.

La mesure anthroporadiamétrique consiste à placer des détecteurs devant la personne à mesurer, ces détecteurs permettant d’identifier et de quantifier les éléments radioactifs émetteurs gamma qui sont retenus à l’intérieur du corps. Cet examen est sans danger pour la personne (les détecteurs n’envoient pas de rayonnements) et permet d’obtenir un résultat très rapidement, en moins d’une heure.

L’analyse radiotoxicologique consiste à mesurer les éléments radioactifs éliminés du corps dans les urines ou dans les selles. Ces analyses nécessitent un prélèvement sur 24 heures des urines et sur 72 heures des selles. Les prélèvements doivent le plus souvent subir un traitement chimique suivi d’un comptage de la radioactivité pendant plusieurs jours. Ainsi, contrairement aux mesures anthroporadiamétriques, les résultats des analyses radiotoxicologiques nécessitent plusieurs jours.

 

11 - Quelles sont les conditions de prise de comprimés d’iode ?

L’iode est un médicament. Comme tout médicament, il faut mettre en perspective le bénéfice et le risque de la prise de ce médicament. Dans une population, suivant la quantité d’iode absorbée naturellement, il y aura un certains nombres d’effets indésirables sur 6 à 12% de la population : diarrhée, vomissement, urticaire. Mais pour les personnes en hypo et hyper thyroïdies, surtout chez les prématurés et les nourrissons, ces effets peuvent être plus graves.   

En France, la prise de comprimés d’iode stable ne doit se faire que sur ordre des autorités, le Préfet de région. La décision d’administration des comprimés d’iode stable est prise sur la base des estimations des doses pouvant être reçues à la thyroïde (au-delà de 50 mSv en France, au-delà de 100 mSv au Japon). Pour que cette mesure de prévention soit efficace, il faut que l’iode stable soit administré une à deux heures avant l’exposition et au plus tard, 24 heures après l’exposition. Au-delà, la mesure de prévention ne sera plus efficace.  

En France, les comprimés d’iode stable sont des comprimés d’iodure de potassium contenant chacun 50 mg d’iode stable. La posologie est de 1/4 de comprimé (12,5 mg) pour les nourrissons de moins d’un mois, 1/2 comprimé (25 mg) pour les enfants âgés de un mois à trois ans, 1 comprimé (50 mg) pour les enfants âgés de trois à douze ans, 2 comprimés (100 mg) pour les personnes de plus de douze ans.

En médecine, les produits de contraste utilisés pour la réalisation de scanners sont des préparations injectables qui contiennent des composés iodés différents de celui qui constituent les comprimés d'iode stable.

  

12 - Que faire en cas d’allergie à l’iode ? Que peut-on absorber d'autre pour se protéger ?

Il n'existe pas d'autre médicament que l'iode stable pour se protéger d'une contamination par l'iode radioactive.

En cas d’allergie à l'iode, l'administration d'iode stable, si elle s'avère nécessaire, devra dans la mesure du possible être évitée. D’autres mesures telles que l'évacuation ou la mise à l'abri devront donc être préférées.

Si la prise d'iode stable s'avère indispensable, celle-ci doit se faire impérativement sous surveillance médicale très stricte après qu'un traitement préventif anti-allergique ait été administré au préalable. Mais encore une fois, le confinement ou le départ de la zone touchée par les retombées radioactives devront être privilégiés.

  
13 - Si une personne a été fortement exposée à de la radioactivité, y a-t-il un risque de contamination de personne à personne ? Et y a-t-il un risque que cette personne contamine son lieu de séjour ?

Il n'y a pas de risque à recevoir des Japonais chez vous, même s'ils ont été contaminés. En effet, pour présenter un risque, le niveau de contamination devrait être extrêmement élevé et sans rapport avec les risques de contamination actuellement rencontrés au Japon.

Pour ce qui est de la contamination de leurs vêtements, à titre de précaution, vous pouvez leur demander s'ils ont eu un test de détection au départ ou à l'arrivée à l'aéroport. Si non, toujours à titre de précaution, vous pouvez leur proposer de laver leurs vêtements.

  

14 - Comment se protéger face à des rejets radioactifs ? Existe t-il des kits de survie ou des vêtements de protection nucléaire accessible au citoyen ?  

D'une manière générale, pour se protéger d'un nuage radioactif lorsque sa concentration en radioéléments  le nécessite, il faut rester chez soi, fermer les portes et les fenêtres, arrêter la ventilation mécanique et écouter les informations données par les autorités.   

Dans l'hypothèse où les autorités recommandent la prise de comprimés d'iode stable, il faut suivre cette recommandation. Mais ne pas prendre ces comprimés sans que cette recommandation ne soit donnée : en effet, cela diminuerait l'efficacité de ces comprimés et présente des contre-indications.

  

15 - Que peut-on faire pour réduire l'impact éventuel de l'iode 131 qui aurait été absorbé (air, nourriture), en particulier pour des enfants ? Quel examen pratiquer pour connaître son niveau de contamination ?

Lorsque de l'iode radioactif a été inhalé/ingéré, il n'y a pas de moyen efficace d'en réduire l'impact. Le bilan à faire pour vérifier l'absence d'une éventuelle contamination de la thyroïde est un examen anthroporadiamétrique, qui mesure les rayonnements émis par la thyroïde et permet d'en évaluer la dose et le besoin éventuel de mettre en place un suivi médical.

 

16 - Quelles sont les mesures de précaution ou de protection à prendre pour un séjour à Tokyo ?

La radioactivité à Tokyo est désormais revenue à des valeurs habituelles. Les précautions à prendre concernent l’alimentation. Il convient de s’assurer que toute la nourriture, boisson consommées proviennent de sources dont la radioactivité a été contrôlée (supermarché par exemple) et d’éviter de se procurer des aliments dont le contrôle n’est pas certain (producteurs locaux, jardins potagers, …).  

Cependant, la consommation occasionnelle de denrées contaminées même à des niveaux légèrement supérieurs aux normes autorisées ne présente pas de risque significatif pour la santé.

  

17 - Quelles sont vos recommandations concernant la consommation de poisson (frais et séché) vendus au Japon ?

Le milieu marin est  sous surveillance au Japon, les poissons font partie des denrées alimentaires surveillées dans la cadre de la protection de la population.  

Du point de vue des poissons et des organismes marins dans leur milieu naturel au voisinage de la centrale, il est clair qu'ils ont été contaminés par les rejets. Les autorités japonaises ont donc pris des mesures pour la pêche et l'aquaculture. A l'heure actuelle les installations pour l'aquaculture ont été détruites dans toute la région soumise au Tsunami, les activités de pêche ont été suspendues. Leur reprise sera soumise à des contrôles de contamination.

 

18 - Quels contrôles sont réalisés sur les denrées alimentaires importées du Japon ?

Le règlement européen UE 297/2011 du 26 mars 2011, modifié par les règlements 351/2011 et 506/2011, impose des conditions particulières à l’importation de produits alimentaires et des aliments pour animaux, incluant également les algues, crustacés et produits issus de la mer, en provenance du Japon. Ces nouvelles dispositions communautaires prévoient la réalisation de premiers contrôles avant export sous la responsabilité des autorités japonaises, puis la réalisation de contrôles à l’arrivée sur le territoire européen dans l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne.

En France, des contrôles sont assurés au niveau des postes vétérinaires aux frontières et des douanes par des laboratoires agréés ou habilités. Si une entreprise souhaite engager des contrôles complémentaires, ils sont effectués à partir d’un échantillonnage du lot. La valeur obtenue est habituellement considérée comme  représentative du lot. 

  

19 - Comment est contrôlé le fret aérien japonais qui arrive en France ?

A compter de la fin du mois de mars 2011, la radioactivité du fret aérien en provenance du Japon a été contrôlée sous la responsabilité des compagnies aériennes. Aucune détection positive n’a été rapportée.

Depuis le 11 avril 2011, un contrôle par sondage est réalisé à raison d’un avion par jour.

Vous trouverez plus d’information sur le site internet de la Direction Générale de l'Aviation Civile.

 

20 - Quels sont les risques à manipuler des marchandises venus d'Asie ?

Le risque d’exposition résulte de l’éventuel dépôt sur la surface des colis et  marchandises manipulés, de particules radioactives issues des rejets dans l’atmosphère suite à l’accident de Fukushima. Cette contamination est envisageable si les colis/marchandises ont été stockés à l’extérieur au Japon à proximité de l’installation accidentée.   

Seuls les postes de travail impliquant le contact des personnes avec les colis/marchandises/conteneurs sont à prendre en compte. En effet, la voie d’exposition potentielle des personnes est liée à une contamination interne, soit par inhalation à la suite d’une remise en suspension des particules radioactives lors de la manipulation des colis, soit par ingestion de telles particules après contact main-bouche.  

Nous considérons que le port de gants utilisés dans ce type d'opérations constitue une protection suffisante compte-tenu des voies d’exposition présentées ci-dessus. Aucun autre équipement collectif ou individuel n’est recommandé.  

Sur ce sujet, vous trouverez d’autres informations utiles sur le site "Travailler Mieux" du Ministère du travail, de l'emploi et de la santé.  

Pour les produits achetés dans une boutique française et qui proviennent du Japon, il convient de vous adresser à votre fournisseur qui doit être en mesure de vous indiquer si le produit qu'il reçoit du Japon a fait l'objet d'un contrôle préalable.

Si c'est le cas, le vendeur doit être en possession d'un certificat, le Japon ayant mis en place des contrôles systématiques de radioactivité avant l'exportation de tout matériel ou fourniture produits dans la préfecture de Fukushima. 

 

21 - Quels sont les risques à Fukushima concernant la santé des intervenants et de la population ?

En terme de radioprotection, il y a deux aspects :

  • la poussière radioactive qui peut être respirer ;
  • les rayonnements directs, liés à l'environnement et à l'installation, qui atteigne une personne. 

 

Pour éviter une contamination par inhalation,on peut se protéger en portant des tenues ventilées qui mettent à l’écart de la contamination de l’air.

Par contre, il est beaucoup plus difficile de se protéger de l’irradiation ambiante. En effet, les tenues qui protègeraient des rayonnements devraient être de véritables armures très encombrantes, qui empêcheraient donc tout mouvement. La méthode de protection est donc la limitation du temps d’intervention, ainsi que l’utilisation des protections naturelles comme les murs dans la centrale.

Les intervenants sur le site ont risqué leur vie dans les semaines et les mois qui ont suivi l'accident. En effet, à partir d’une certaine dose (1 Gray), le risque vital est mis en jeu : les cellules souches de la moelle osseuse sont atteintes par les rayonnements ionisants. En conséquence, les taux de cellules sanguines (globules blancs, plaquettes) diminuent dans l’organisme : il faut donc un traitement dans un hôpital.

 

22 - Quels sont les risques concernant la santé de la population ?

Personne ne va être malade immédiatement en raison des rayonnements ionisants. En revanche, le risque va augmenter chez certaines personnes les plus exposées de développer un certain nombre de cancers. Ils sont principalement dûs à certains radionucléides très volatils qui se trouvaient dans le panache et qui sont : l’iode 131 et le césium 137.

Ce sont les deux radionucléides qui sont prédominant dans la dose reçue par les personnes mais ils ne font pas du tout la même chose. L’iode 131 se fixe au niveau de la thyroïde, et entraîne donc une probabilité de développer un cancer de la thyroïde. Le césium lui va se repartir dans tout le corps et donc une probabilité de développer un certain nombre de cancers, en particulier les leucémies mais à plus long terme les cancers digestifs, les cancers pulmonaires par exemple.

  

23 - Quels sont les résultats des études épidémiologiques suite à l’accident de Tchernobyl ?

Les scientifiques ne pensent pas que le bilan de Tchernobyl sera, à l’avenir, modifié. Le bilan est donc d’environ 6,4 millions de personnes impactées, avec des doses en moyenne corps entier de l’ordre de 10 mSv.  Les doses à la thyroïde seraient en moyenne de l’ordre de 100 mSv.

Cela a entrainé 7 000 cas de cancer de la thyroïde car personne n’a été évacuée (ce qui n’est pas le cas de l’accident de Fukushima où les populations ont été évacuées).

Mais le cancer de la thyroïde se soigne bien : il n’y a donc eu que 15 décès. Ce chiffre peut évoluer mais l’épidémie est passée.

  

24 - Les maladies de la thyroïde en France sont-elles dues, comment beaucoup l'affirment, aux conséquences de l'accident de Tchernobyl (notamment les retombées du césium 137) ?

Aucune étude épidémiologique n'a pu mettre en évidence une augmentation des maladies de la thyroïd (maladie de Basedow, maladie d'Hashimoto) chez les personnes exposées aux retombées atmosphériques de la catastrophe survenue à la centrale de Tchernobyl en 1986, y compris au sein des populations les plus touchées en Biélorussie, Ukraine et Russie.  

La seule certitude que nous avons aujourd'hui concerne l'augmentation des cancers de la thyroïde chez les personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans en 1986 en Biélorussie, Ukraine et Russie. Cette forte augmentation des cancers de la thyroïde n'a en revanche pas été observée chez les personnes qui étaient adultes en 1986, y compris dans les zones les plus touchées.

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