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Fukushima en 2015

Accident de Fukushima : Décontamination et gestion des déchets en 2015

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​Près de 4 ans après les rejets radioactifs qui ont suivi l’accident de mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, l’IRSN fait le point sur les actions de décontamination qui ont pour conséquence la génération d’un volume très important de déchets.

Télécharger la note « Décontamination et gestion des déchets » (PDF, 682 Ko)

 

Planification et mise en œuvre de la décontamination

L’État japonais a promulgué en août 2011 une loi définissant les dispositions relatives à la gestion des déchets issus de la contamination par les rejets de l’accident. Elle distingue deux zones dans lesquelles les responsabilités sont différemment distribuées :

  • la zone dite « special decontamination area », la plus proche de la centrale de Fukushima Daiichi et la plus touchée par la contamination, correspond approximativement à la zone évacuée à la suite de l’accident ;
  • la zone dite « intensive contamination survey area » correspond aux territoires non évacués mais dont l’ambiance dosimétrique initiale était estimée conduire à une exposition supérieure à 1mSv/an.

Délimitation des deux zones pour la gestion des déchets  

La stratégie de délimitation des zones faisant l’objet des dispositions fixées par la loi sur la stratégie de décontamination et de gestion des déchets (source : MoE)

 

La stratégie de décontamination et de gestion des déchets est du ressort du ministère de l’Environnement dans la zone « special decontamination area », tandis qu’elles dépendent d’une centaine de municipalités, aidées financièrement et techniquement par l’exploitant de la centrale de Fukushima Daiichi Tepco et l’État, dans la zone « intensive contamination survey area ».

Dans ces 2 zones, la loi fixe un objectif de réduction de la dose ambiante à des valeurs inférieures à 1 mSv/an. Un premier retour d’expérience montre que l’efficacité des techniques de décontamination, est très variable selon les surfaces traitées ; les techniques employées ne permettent que rarement une réduction de plus de 70% de l’activité initiale.

 

Gestion des déchets générés par la décontamination

Les volumes de déchets liés à la décontamination sont estimés entre 28 à 55 millions de m3. Ils sont répartis dans de petits entreposages sur les sites de décontamination, dans des entreposages municipaux de tailles très variables et de technologies diverses, dans l’attente d’une évacuation vers une filière dédiée, d’un traitement ou d’une solution définitive de stockage.

 

Gestion des déchets pour la préfecture de Fukushima

Les déchets sont orientés, quel que soit leur niveau d’activité, vers des installations d’entreposage de très grande capacité « interim storage facility » (ISF) dans l’attente de la disponibilité d’une solution de stockage. La localisation de l’ISF est actuellement prévue dans les territoires des communes évacuées jouxtant la centrale. 

Il est à noter qu’à ce jour, aucune solution de stockage définitif n’a été retenue par l’Etat japonais, mais que si ce stockage devait voir le jour, il ne pourrait être situé sur le territoire de la préfecture de Fukushima, en vertu d’un accord passé entre les autorités nationales et locales. 

Concernant les autres déchets, les déchets combustibles présentant une activité massique supérieure à 8 000 Bq/kg devront être dirigés vers des incinérateurs dans le but de réduire leurs volumes. Les cendres issues de ce traitement sont orientées, avec les déchets non combustibles, vers des décharges dites « controlled type landfill » (qui font l’objet d’un suivi radiologique) lorsque leur activité massique ne dépasse pas 100 000 Bq/kg. Si les cendres dépassent ce seuil, elles sont alors orientées vers l’ISF.

 

Gestion des déchets pour les autres préfectures

Les filières de gestion sont globalement identiques à celles définies pour la préfecture de Fukushima, à l’exception des déchets présentant une activité massique supérieure à 100 000 Bq/kg qui devront être directement transférés vers des décharges dites « isolated type landfill » conçues pour accueillir des déchets dangereux (sans passage par une installation de type ISF). 

Les autres déchets, ainsi que les sols collectés issus des opérations de décontamination, devront être dirigés vers des décharges dites « controlled type landfill ». Le concept de ces décharges prend en compte des dispositions de prévention concernant la dispersion des substances radioactives vers les eaux souterraines.

Dans toutes les préfectures, les déchets présentant une activité massique inférieure à 8 000 Bq/kg devront être envoyés vers des décharges conventionnelles gérées par les municipalités.

 

Résultats et conséquences de l’application de ces stratégies

Une dizaine de plans de décontamination ont été élaborés par le Ministère de l’Environnement dans la zone dite « special decontamination area ». A fin 2014, quatre municipalités dont les territoires se trouvent pour partie dans cette zone ont terminé leurs opérations de décontamination. 

A titre d’exemple, le plan de décontamination de la portion de « special decontamination area » située sur le territoire de la municipalité de Tamura a été mené à son terme, ce qui a conduit notamment à diminuer l’ambiance radiologique dans les zones résidentielles de 28 à 56 %.

Les travaux mis en œuvre ont permis de soulever un certain nombre de questions, par exemple concernant la multiplication des entreposages existants ou l’utilisation d’installations conventionnelles pour le traitement des déchets, en particulier dans les zones habitées. 

En outre, certains délais prévus initialement dans la loi concernant les travaux de décontamination et les créations d’installations dédiées au traitement ou à la gestion des déchets sont dépassés

Enfin, dans un futur proche devront être traitées les questions relatives à la sûreté à moyen terme et à la surveillance des entreposages existants, puis à la récupération de ces déchets par l’État japonais et de leur transport vers les installations d’entreposage ou de stockage futurs.

 

Télécharger la note « Décontamination et gestion des déchets » (PDF, 682 Ko)

 

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