SharePoint
Aide
 

Crise

Soutien aux Français expatriés au Japon

Fermer

Authentification

Email :

Mot de passe :

Au lendemain du drame japonais, l'IRSN dépéchait un spécialiste des situations de crise, Olivier Isnard, à l’ambassade de France à Tokyo. Il y est resté cinq semaines auprès des expatriés, des entreprises françaises et aux côtés de Philippe Faure, alors ambassadeur. Il a su informer et rassurer les Français installés au Japon.

« Faire appel à lui a été l’une des meilleures décisions que j’ai prises durant cette crise. » C’est en ces termes que Philippe Faure, alors ambassadeur de France au Japon, parle de la venue au pied levé d’Olivier Isnard, expert des situations d’urgence et d’organisation de crise de l’IRSN, à la demande de son directeur général, Jacques Repussard.

Cinq semaines passées sur le terrain, aux côtés de l’ambassadeur, des expatriés et des entreprises françaises, pour Olivier Isnard, relayé durant une semaine par son collègue Olivier Chabanis. « L’aide concrète apportée par ces experts a consisté à traduire de manière compréhensible les événements auxquels nous avons eu à faire face », poursuit l’ambassadeur. « Leur avis technique, complété par l’expertise du conseiller nucléaire de l’ambassade, issu du CEA, m’ont guidé dans une prise de décision assez difficile.

« Ces spécialistes ont notamment rédigé un bulletin d’information quotidien à destination de la communauté française à Tokyo, publié sur le site Internet de l’ambassade. Nous étions la seule ambassade à donner une information aussi précise et complète. C’est également avec Olivier Isnard et le conseiller nucléaire que je tenais, deux fois par jour, des points presse et des réunions avec la communauté française à l’ambassade. »

EN CHIFFRE

70 000 connexions enregistrées pour la seule journée du 14 mars 2011 sur le site de l’ambassade de France au Japon, actualisé quasiment en temps réel avec l’aide d’Olivier Isnard.

En parallèle, le centre d’appel de l’ambassade répondait à plus de 1 000 appels quotidiens.

En cette période d’urgence, il s’avérait impératif de communiquer. Les prises de parole se sont succédé pour Olivier Isnard. À commencer, deux fois par jour, par des réunions d’information avec le personnel de l’ambassade. Mais le cercle des auditeurs s’est agrandi progressivement, avec de nombreux ressortissants. « De plus en plus de personnes ont même apporté des caméscopes. Cela entraînait un risque de mauvaise utilisation des images diffusées sur Internet. En même temps, l’avantage était d’élargir indirectement le public », se remémore-t-il.

Les entreprises françaises implantées au Japon se sont également montrées avides d’information, notamment de projections à six mois de la situation. « Deux ou trois réunions ont été organisées dès les quinze premiers jours de la crise. Des sociétés comme Danone ont pu faire le point sur la conduite à tenir à l’égard de leur personnel, mais aussi sur les risques pour leurs productions locales, en l’occurrence de yaourts et d’eau... »

  

Une expertise au lycée français de Tokyo

Lycée français de Tokyo. Une expertise a permis d’évaluer les risques auxquels étaient exposés les occupants.©LFJTokyoQuinze jours après le début de la crise, Olivier Isnard et une vingtaine de sauveteurs de la Sécurité civile ont mené une expertise au lycée français de Tokyo : état des bâtiments après le séisme, risque radiologique, identification de lieux de mise à l’abri des enfants en cas de nouvel incident sismique ou radiologique, etc. 

À la réouverture de l’établissement, une première réunion avec les enseignants et le personnel a été tenue, puis une seconde avec les parents d’élèves, qui ont participé à une vidéoconférence en direct avec deux experts du centre technique de crise de l’Institut, situé à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).

Olivier Isnard avoue avoir été impressionné par « le calme de ces parents d’élèves. Ils connaissaient déjà bien la situation par les relais au sein de la communauté d’expatriés. Ils étaient avant tout demandeurs de réponses opérationnelles : peut-on boire l’eau du robinet ? Vaut-il mieux inscrire nos enfants dans des lycées en France ? » L’ambassadeur résume : « Les experts de l’IRSN ont donné aux gens des clés pour comprendre et prendre des décisions responsables. » 

 

Éducation : Les experts ont redonné confiance à la communauté scolaire

Interview de Michel Sauzet, proviseur du lycée franco-japonais de Tokyo.

Pourquoi avoir fait appel à l’Institut ?

M.S. : Avant de rouvrir notre établissement fermé suite à la catastrophe du 11 mars, il nous est apparu indispensable d’organiser des réunions d’information à destination des différentes composantes de la communauté scolaire (le personnel du lycée, les élèves et leurs familles) pour expliquer l’environnement dans lequel allait se dérouler le fonctionnement quotidien de notre établissement.

Les services de l’ambassade ont alors proposé que des réunions plénières soient programmées avec la participation des spécialistes de l’IRSN afin de décrire aussi bien que possible la situation et de répondre aux très nombreuses questions des parents et du personnel.

Quel type d’information ou d’aide vous ont-ils apporté ?

M.S. : À une période où le manque d’informations objectives était patent, où la véracité de l’information disponible localement n’était pas aisément vérifiable et où la propagation de rumeurs multiples et contradictoires rendait la situation stressante, les analyses des experts de l’Institut ont amené un réel apaisement.

Sur le plan de l’organisation interne de l’établissement, des procédures de sécurisation ont été mises en place grâce à leurs expertises. Cela concernait notamment les modes d’accès aux locaux, particulièrement en cas de pluie. Ces procédures de sécurité ont été affichées sur le site internet du lycée. Des équipements ont été acquis pour respecter ces consignes, comme la possibilité de laisser à l’extérieur les vêtements de pluie et les chaussures en cas d’intempéries.

À quel point cela a-t-il rassuré la communauté française au Japon ?

M.S. : Les interventions des experts de l’IRSN ont apporté de la confiance aux nombreuses personnes qui les suivaient, de même pour la foire aux questions mise en ligne sur les sites internet de l’ambassade et du lycée.

Il faut rappeler qu’un déficit important d’informations précises existait au Japon au printemps 2011. Même s’il a fallu multiplier les assemblées plénières pour répondre aux fortes inquiétudes de la population fréquentant l’établissement, la qualité du dialogue entretenu avec les intervenants de l’IRSN a toujours été soulignée et très appréciée par tous.

Il est indéniable que les échanges avec les experts ont été bénéfiques et ont ramené un climat un peu plus serein dans ce contexte difficile et incertain.

 

Sécurité civile : Accompagner une mission de sauvetage déblaiement

Entretien avec le lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers, Bertrand Domeneghetti, l’un des pilotes de la mission nationale d’appui à la gestion du risque nucléaire (MARN) à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (Ministère de l’Intérieur, de l’outre mer, des collectivités territoriales et de l’immigration).  

L’ambassadeur de France au Japon accueille les secouristes français à l’aéroport de Tokyo-Narita.©YoshikazuTsuno/AFP« L’IRSN nous a apporté trois types de soutien : en amont pour la compréhension générale de l’accident, au Japon pendant notre mission de sauvetage - déblaiement, et au retour de notre détachement. 

Le centre technique de crise (CTC) de l’IRSN a partagé avec nous son expertise, pour nous aider à mieux comprendre la situation au Japon et rédiger ainsi les synthèses quotidiennes, à l’attention du ministre de l’Intérieur.

Dans notre détachement de la sécurité civile qui comptait une centaine de personnes, nous avons intégré un expert de l’IRSN, Olivier Isnard. Si sa mission principale était d’assister l’ambassade de France, ce spécialiste de la radioprotection permettait aussi au détachement de maintenir une liaison avec le CTC dont les prévisions étaient indispensables à notre unité.

Le troisième volet du soutien apporté par l’IRSN est aussi important : il concerne le retour du détachement. Il a été décidé de ne pas rapatrier certains équipements susceptibles d’avoir été contaminés : quelques tentes et du matériel de protection individuelle.

Grâce aux dosimètres portés pendant toute la mission, nous savions que les doses intégrées étaient faibles. Cependant, nous avons multiplié les protections. Dès leur retour en France, les membres du détachement ont ainsi effectué un contrôle de contamination, dans un centre de secours des pompiers de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Les contrôles étaient tous négatifs mais chaque personne a tout de même subi par la suite un examen d’anthroporadiamétrie. 

Les bagages ont également été contrôlés à Tremblay, tandis que le matériel lourd était contrôlé à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). 19 objets, comme des gants, des parkas, des chaussures, ont été détectés positifs pour le fret et sur 70 m3 de matériel, environ 3 m3 affichaient des valeurs positives, de l’ordre de 2 à 5 fois le bruit de fond. Les objets radioactifs ont été stockés, conservés à l’abri, puis contrôlés à nouveau trois mois plus tard. Au final, seules 4 tentes n’ont pu être libérées et seront donc éliminées par la filière de retraitement des déchets radioactifs. Ce protocole de retour de mission, construit avec l’IRSN, a vocation à devenir un référentiel pour la sécurité civile. » 

Page 1 de 234