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1986-2011 – L’accident de Tchernobyl et les accidents graves

L’accident de Tchernobyl et les accidents graves

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Introduction

​​​​(Mise à jour) Pour un bilan actualisé en 2016, lire notre dossier « Tchernobyl, 30 ans après l'accident nucléaire »​​

L’Occident avait déjà connu un accident grave : celui de Three Mile Island (1979). Lors de cet accident, un manque de refroidissement avait entraîné la fusion partielle du cœur du réacteur. L’accident de Tchernobyl est de nature différente : il s’agit d’un accident de réactivité largement lié aux caractéristiques spécifiques des réacteurs RBMK. Néanmoins, à la suite d’études approfondies consécutives à l’accident, l’IRSN a identifié de nouveaux scénarios plausibles d’accident de réactivité, par exemple les scénarios de bouchon d’eau « claire » sur les REP. Des parades ont été mises en œuvre pour éliminer, autant que faire se peut, ce type de scénarios.

Dans un REP, il y a deux grandes causes d’accident de réactivité : la remontée ou l’éjection des barres de contrôle et la dilution du bore dans le circuit primaire. La tenue du combustible en cas d’accident d’éjection d’une barre de contrôle avait été étudiée dans les rapports de sûreté des réacteurs à eau français, au titre des accidents de dimensionnement. Elle avait fait l’objet d’un nouvel examen après que les centrales aient pratiqué des taux de combustion plus élevés que ceux retenus à la conception. Un programme d’études a donc été lancé sur la tenue des crayons combustibles en cas d’éjection d’une barre de contrôle. Ce programme, ambitieux et couronné de succès, le programme CABRI, lancé en 1988 en coopération avec EDF, se poursuit aujourd’hui avec la participation de l’Allemagne et des USA notamment.

Bien que de nature différente, l'accident de Tchernobyl a conduit à accélérer les travaux sur les accidents graves, avec fusion du cœur du réacteur (type Three Mile Island), y compris sur les possibilités de défaillance du confinement. Il y a essentiellement trois phénomènes pouvant conduire à une ruine brutale du confinement à court terme :

  • explosion de vapeur,
  • échauffement direct de l'enceinte,
  • explosion d'hydrogène.

   

Une réflexion spécifique a été menée pour les réacteurs à neutrons rapides et les réacteurs expérimentaux.

L’accident de Tchernobyl a souligné à nouveau, après l’accident de Three Mile Island, toute l’importance du facteur humain. Des études ont été lancées sur les possibilités matérielles et humaines de fonctionner alors que des sécurités sont inhibées (« débranchées »). Ces études ont aussi observé des cas de non-respect des spécifications techniques d’exploitation, en ont déterminé les causes et ont défini des mesures correctives appropriées.

Plus généralement, des études sur les accidents graves ont été lancées. Elles couvrent, par exemple, un code de calcul d’accidents graves (ASTEC), des programmes expérimentaux, les études probabilistes de sûreté de niveau 2. Ce sont des programmes importants, dans lesquels l’IRSN joue un rôle de premier plan.

La nouvelle génération de réacteurs à eau pressurisée (par exemple le réacteur EPR) utilise les améliorations des connaissances dues à ces recherches pour améliorer la sûreté dès la conception. Le concepteur a ainsi pu proposer des dispositions innovantes dans ce domaine.