SharePoint
Aide
 

1986-2011 - L'accident de Tchernobyl et ses conséquences pour l’environnement et la santé

L'exposition des personnes en France

Fermer

Authentification

Email :

Mot de passe :

​​​​(Mise à jour) Pour un bilan actualisé en 2016, lire notre dossier « Tchernobyl, 30 ans après l'accident nucléaire »​​

C’est en 1986 que l’essentiel des doses dues aux retombées de l’accident ont été reçues, en France comme dans les autres pays.

Parmi les différentes voies d’exposition, c’est l’ingestion des aliments contenant des radionucléides (légumes à feuille frais, lait frais, viande…) qui a constitué la source principale des doses moyennes reçues en France en 1986, suivie de l’irradiation externe par les dépôts au sol.

L’exposition de la glande thyroïde a principalement été causée par l’ingestion d’iode 131. Les autres voies d’atteinte et les autres radionucléides ont eu une contribution marginale. Ces doses étaient fortement liées au régime alimentaire, et dépendaient de l’âge de la personne; c’est parmi les jeunes enfants que les doses ont été les plus fortes.

La répartition géographique des dépôts ne détermine pas, à elle seule, la répartition des doses reçues en 1986 par ingestion d’aliments contaminés. Des doses dépendent aussi de la circulation des produits et des modes de vie locaux, notamment de l’ingestion régulière de produits frais particulièrement sensibles (lait de brebis ou de chèvre en particulier). Il n’est pas possible de faire une cartographie des doses reçues à l’image de celle des dépôts.

Après 1986, seul le césium 137 a exposé les populations, par irradiation externe due au dépôt rémanent et par ingestion d’aliments faiblement contaminés. L’analyse des nombreux résultats de mesures de la contamination interne réalisées entre 1986 et 1988 sur les travailleurs de l’industrie nucléaire, dans le cadre de leur suivi dosimétrique de routine, montre l’omniprésence de l’exposition au césium 137 sur l’ensemble du territoire, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest du pays, témoignant d’une tendance à l’homogénéisation des doses moyennes par la circulation des produits frais et des personnes.

En France, le questionnement sur les risques associés aux retombées de l’accident de Tchernobyl s’est focalisé sur les cancers de la thyroïde, en raison de l’épidémie observée dans les territoires les plus contaminés d’Europe de l’Est. Ce sont plus particulièrement les enfants qui résidaient dans l’Est de la France en 1986 qui ont reçu les doses à la thyroïde les plus importantes, en moyenne ou du fait de leur mode de vie particulier. En 2000, une étude menée conjointement par l’IPSN et l’Institut de Veille Sanitaire a évalué le risque pour cette catégorie de population et la possibilité de le mettre en évidence par différentes approches épidémiologiques.

Au-delà du questionnement particulier sur les risques sanitaires liés à l’accident des Tchernobyl, cette étude a pointé l’intérêt de mieux expliquer l’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde observée en France depuis les années 70, en tenant compte du biais introduit par un meilleur dépistage de cette maladie. De plus, en raison de la sensibilité des pathologies thyroïdiennes vis-à-vis de l’exposition aux rayonnements ionisants, il importe d’augmenter la surveillance épidémiologique au travers des registres de morbidité.

Page 1 de 234