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L’inspection des réacteurs nucléaires

Inspections : vérifier la sûreté des réacteurs nucléaires sur le terrain

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Afin de vérifier la sûreté des installations nucléaires, plusieurs centaines d’inspections sont menées chaque année par l’ASN, avec l’appui technique de l’IRSN. Tout est passé au crible : matériel, modes opératoires, organisation…

 

À la centrale du Blayais (Gironde), l’inspection contrôle des interventions réalisées par des agents EDF
À la centrale du Blayais (Gironde), l’inspection contrôle des interventions réalisées par des agents EDF.

Chaque centrale EDF est inspectée une vingtaine de fois par an. En France, c’est à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) que revient cette mission. Ses inspecteurs ont le pouvoir d’accéder à tout moment à un site nucléaire, de contrôler les installations et d’exiger tous les documents qu’ils souhaitent consulter. Durant plusieurs heures, ils passent ainsi l’installation au peigne fin pour vérifier sa conformité réelle aux exigences définies pour la « protection des intérêts » pour les travailleurs, l’environnement ou les populations alentour, conformément au Code de l’environnement.

Mais comment s’y retrouver dans une installation aussi complexe qu’un réacteur, où tous les sous-ensembles, toutes les pièces jusqu’au moindre interrupteur, toutes les procédures, obéissent à des référentiels détaillés ?

C’est là qu’intervient l’IRSN : il apporte un appui technique à l’ASN au moment d’établir le programme annuel d’inspections, de préparer chaque visite et enfin d’analyser les résultats.

Lors de la visite proprement dite, les inspecteurs de l’ASN se font accompagner la plupart du temps par un expert de l’IRSN. « Au moindre doute, ils demandent à l’expert des éléments d’appréciation sur la situation d’un équipement ou sur la crédibilité de ce qu’avance l’exploitant », explique Hervé Bodineau, responsable du service de sûreté des réacteurs à eau sous pression à l’IRSN.

Éric Gaucher, responsable du bureau Exploitation des centrales nucléaires à l’ASN, confirme : « Si nous détectons un écart, leur expertise est précieuse pour évaluer à chaud l’importance du problème et orienter notre action à la suite de l’inspection ».

 

Une connaissance détaillée de chaque réacteur

Même si la standardisation du parc nucléaire est une particularité française, aucun réacteur n’est totalement identique à un autre. Or, les spécialistes de l’IRSN ont une connaissance détaillée de chaque réacteur. Près de 30 « chargés de site » suivent ainsi en permanence l’exploitation d’un ou deux réacteurs d’EDF. Ils en connaissent l’histoire, le vieillissement, les incidents, les modifications, les points forts et faibles, les équipes…

Souvent présent lors d’une visite dans « sa » centrale, le chargé de site va aider l’inspecteur de l’ASN à confronter l’exploitant à l’état réel de son installation. Il arrive, lors d’une visite thématique, que l’IRSN dépêche plutôt un spécialiste de la question à l’ordre du jour, comme la neutronique ou la mécanique. Pour ce faire, l’IRSN a construit une expertise dans l’ensemble des domaines relatifs aux risques nucléaires et radiologiques. 

 

Répartition des rôles entre l’ASN et l’IRSN pour les inspections
Quelle est la répartition des rôles entre l'ASN et l'IRSN pour les inspections ?
Source : Antoine Dagan/Spécifique/IRSN

 

Utile à l’amélioration continue de la sûreté

Si les inspections constituent pour l’ASN le moyen d’assurer sa mission de contrôle des installations, l’IRSN y trouve un intérêt propre. Les résultats d’inspections font partie intégrante de la veille technique de l’IRSN. « Elles participent aussi à former une nouvelle génération d’experts », ajoute Hervé Bodineau. 

 « Les inspections nous ‘réalimentent’ : nous en retirons des informations, nous observons concrètement la mise en œuvre sur le terrain, comme l’intégration du retour d’expérience », explique Olivier Elsensohn, expert IRSN en contrôle-commande, intervenant sur la maintenance et la gestion des écarts.

De même, l’exploitant en tire l’opportunité de progresser. Si l’écart constaté s’avère générique – résultant par exemple du vieillissement d’un composant commun à tout un palier –, le parc des réacteurs dans son ensemble en bénéficie. « Les inspections participent à notre démarche d’amélioration continue », souligne Christophe Martin, ex-directeur en charge de la sûreté à la centrale de Dampierre (Loiret) et désormais aux services centraux d’EDF.

Pour la société civile, cette démarche représente l’assurance que la sûreté des installations est constamment mise à l’épreuve de façon concrète. Guy Moineville, élu de La Ferté-Saint-Cyr (commune proche de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir et Cher) et membre de la Commission locale d’information (CLI), a assisté à l’une de ces visites. « J’en ai retiré une impression de rigueur, jusque dans les moindres détails, au prix d’une complexité certaine. C’est une procédure lourde, mais au final assez rassurante », conclut-il.

 

Plus de 2 000 inspections en 2014

Une vingtaine d’inspections de l’ASN par an et par centrale est une moyenne. Un arrêt de tranche (arrêt pour maintenance programmée) est l’occasion de plusieurs « visites de chantier », dont certaines prennent le statut d’inspection. Les réacteurs en révision décennale en subissent davantage.

En 2014, les 273 inspecteurs de l’ASN ont effectué plus de 2 000 contrôles, dont environ 700 concernaient des installations nucléaires de base (INB) : réacteurs, usines de retraitement, sites de stockage. Le reste est dévolu au nucléaire « de proximité », comme les hôpitaux. De son côté, l’IRSN a aidé à préparer 329 visites d’INB et a assisté sur le terrain à 296 d’entre elles.

 

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