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Le démantèlement des INB

Les enjeux du démantèlement

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Le démantèlement : des risques différents de l'exploitation

Après la fin de la phase de fonctionnement, les quantités de substances dangereuses et radioactives présentes dans l'installation vont décroître au fil des opérations d'assainissement et de démantèlement réalisées. Aussi, en règle générale, comparativement à la phase de fonctionnement, les risques associés à l'installation durant la phase de démantèlement sont plus faibles pour l'environnement et le public, alors que les risques pour les travailleurs deviennent plus importants, en raison de la nature des opérations d'assainissement et de démontage à effectuer qui nécessitent parfois l'intervention du personnel à proximité ou « au contact ». Ces risques peuvent aussi être très différents de ceux présents  en fonctionnement, voire transitoirement plus important (risque d’incendie, risque de criticité, etc.).

De même, les risques dits classiques deviennent notablement plus importants lors des opérations de démantèlement du fait notamment des travaux de démontage d'installations électriques ainsi que des manutentions, découpages et déconstructions effectués. Ils sont traités selon les règles de la sécurité classique, éventuellement complétées en tenant compte des implications sur les risques dits nucléaires.

Les aspects liés à la radioprotection des travailleurs nécessitent une attention forte de la part de l'exploitant. Dans ce cadre, la démarche d'optimisation de la radioprotection mise en place ainsi que la rigueur d'organisation et d'exploitation constituent des enjeux importants. A cet égard, l'IRSN s'attache prioritairement à évaluer la qualité de la démarche de radioprotection mise en œuvre par l'exploitant (notamment objectifs de dose et choix des dispositions de protection, suivi dosimétrique, études prévisionnelles de poste...) ainsi que la bonne prise en compte des facteurs organisationnels et humains.


Le démantèlement : l'enjeu spécifique de la gestion des déchets

Le démantèlement d'une installation nucléaire de base entraîne la création de déchets et d'effluents pouvant être très différents de ceux produits lors de la phase de fonctionnement et dont les quantités peuvent être notablement plus importantes, notamment pour ce qui concerne les déchets de très faible radioactivité. La gestion de ces déchets et effluents doit viser à en minimiser les volumes et activités, à définir les traitements à mettre en œuvre et à en déterminer le devenir, compte tenu de leurs caractéristiques radioactives et chimiques.

Cela nécessite notamment la réalisation d'« études déchets » permettant, d'une part de distinguer sans ambiguïté les zones à production possible de déchets nucléaires des zones productrices de déchets conventionnels, d'autre part d’optimiser leur gestion (valorisation, destruction ou stockage des déchets ultimes).

Un enjeu spécifique du démantèlement concerne les filières d'élimination des déchets présents dans l'installation (cas d'entreposages anciens à reprendre) ou à produire lors de ce démantèlement. A cet égard, l'expertise réalisée par l'IRSN s'attache tout particulièrement à évaluer la caractérisation des déchets produits, leur conditionnement, avec notamment l'adéquation des colis de déchets ainsi réalisés aux spécifications des filières d'élimination associées, ainsi que les conditions d'entreposage de ces colis puis de transport vers les filières définies.

L'absence de disponibilité immédiate d'une filière peut conduire l'exploitant, soit à créer un entreposage intermédiaire, soit à différer la production des déchets concernés dans l'attente de l'ouverture de la filière correspondante, ce qui peut entraîner un retard dans l'échéancier du démantèlement. Toutefois, l’IRSN estime que l’absence de disponibilités immédiate d’une filière de gestion des déchets ne doit pas conduire à retarder significativement le démantèlement. A cet égard, il existe en France un Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs (PNGMDR) dont l’objet est d’identifier et de développer les filières nécessaires. En outre, désormais le code de l’environnement impose le démantèlement au plus tôt après l’arrêt définitif (article L 593-25 du code de l’environnement).

La dissémination de substances radioactives est un risque majeur du démantèlement, notamment lors des opérations de récupération des substances  radioactives présentes dans les unités du procédé, pouvant nécessiter l'emploi de réactifs corrosifs, de démontage de ces unités puis d'assainissement des locaux les contenant. Les dispositions de confinement et de ventilation ainsi que les aménagements particuliers mis en place pour confiner et ventiler les zones de chantier et permettre l'accès et la mise en tenue du personnel d'intervention sont des thèmes particulièrement évalués par l'IRSN.

Les opérations de démantèlement ayant entre autres pour objet le démontage d'équipements et l'assainissement de surfaces contaminées, des risques d'incendie accrus sont à redouter du fait des techniques employées (découpe par outils créant des points chauds, utilisation de solvants de décontamination...) et de la création de quantités plus ou moins importantes de déchets combustibles (vinyles, cotons...). En particulier, des accumulations de matériels et de déchets combustibles peuvent survenir et augmenter la charge calorifique de l'installation.A cet égard, il est à noter qu’un départ de feu lors d’un repli de chantier sur le site de Brennilis le 23 septembre 2015 a conduit à un incendie entrainant la destruction d’un sas provisoire de confinement. Toutefois, compte tenu du très faible inventaire en substances radioactives il n’y a eu aucune conséquence sur l’environnement et les personnes.

Une attention particulière doit également être apportée aux risques d'explosion du fait des réactifs chimiques employés et de l'état des équipements à assainir, en tenant compte des produits précédemment utilisés dans le procédé et de leurs éventuels produits de dégradation. L'explosion survenue lors du nettoyage d'une cuve ayant contenu du sodium implantée dans les annexes du réacteur de recherche Rapsodie en 1994 rappelle, s'il le fallait, l'importance de ces risques et de leurs conséquences potentielles. Les risques d'incendie et d'explosion font ainsi l'objet d'une évaluation spécifique de l'IRSN.

Certains autres aspects nécessitent aussi une maîtrise rigoureuse : les risques liés à la co-activité entre chantiers différents, des opérations réalisées sur un chantier pouvant interférer avec les dispositions de sûreté mises en place sur un autre (ainsi, des travaux de démontage de circuits électriques peuvent induire des risques de perte de l'alimentation électrique nécessaire au maintien d'une ventilation dans une autre partie de l'installation), et l'appel à la sous-traitance pour mener à bien les opérations de démantèlement, du fait de compétences nécessaires notablement différentes de celles utiles pour la phase de fonctionnement (l'exploitant doit alors conserver la maîtrise d'ensemble de la sûreté et garantir le respect du référentiel de sûreté).

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Note :
1 - ALARA : Acronyme anglais signifiant “As Low As Reasonably Achievable”. En français, aussi bas que raisonnablement possible.