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Le démantèlement de Chooz A

Maîtriser les difficultés techniques d’un démantèlement

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Premier réacteur à eau sous pression à être démantelé en France, Chooz A permet de tester et de valider des solutions techniques qui pourront servir pour d’autres sites nucléaires. À commencer par celles choisies pour la décontamination des générateurs de vapeur ou pour la découpe de la cuve du réacteur.

Comment soulever, coucher puis extraire un générateur de vapeur de 110 tonnes et de 14 mètres de haut dans l’exiguïté d’une caverne ? Telle a été l’une des questions posées par le démantèlement du réacteur nucléaire de Chooz A. Et ce n’est pas la seule, loin de là. « Toute la difficulté vient du fait que le démantèlement n’a pas été prévu à la conception », explique Sophie Maurel, pilote du référentiel de sûreté de Chooz A  EDF. 


Décontaminer et extraire des générateurs de vapeur de 110 tonnes

La question de l’extraction des générateurs de vapeur aura finalement trouvé réponse dans la construction d’un pont, permettant de les lever et de les basculer avant de les déposer dans le hall d’accès de la caverne.

Mais cette problématique n’est pas la seule posée par les générateurs de vapeur de Chooz A. « Ces générateurs contiennent plusieurs centaines de tubes de quelques millimètres de diamètre. Pour décontaminer les tubes avant d’évacuer les générateurs de vapeur, un lavage chimique est prévu par circulation de différentes solutions acides dans les tubes », développe Xavier Masseau, chargé d’évaluation en sûreté nucléaire à l’IRSN.

« Cependant, durant la phase d’exploitation d’une centrale, quand un tube est suspecté de comporter une fuite ou une fissure, il est obturé. Le lavage chimique ne permet pas de nettoyer les portions obturées. » Pour ce faire, le sous-traitant chargé des travaux, Areva, a proposé un lavage mécanique : les tubes obturés sont débouchés au moyen d'une perceuse permettant de trouer les bouchons, avant d'y introduire un tuyau souple injectant un mélange d'air et de sable sous pression qui érode les quelques micromètres d’épaisseur de la surface contaminée.

Toute la difficulté pour les ingénieurs de l’IRSN a consisté à évaluer a priori l’efficacité de cette méthode. « Finalement, cette technique a été retenue et a été suffisamment efficace », poursuit Xavier Masseau. « Les déchets de très faible activité ainsi obtenus seront emmenés en camion sur des remorques à 14 essieux vers le site de stockage de déchets de Morvilliers (Aube) de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). »

 

Découper une cuve contaminée

Autre point sensible qui fait également l’objet d’un point d’arrêt : le découpage de la cuve du réacteur. « À la différence des générateurs de vapeur, il n’est pas possible de décontaminer la cuve dont le métal qui la constitue est activé dans son épaisseur », explique Xavier Masseau. Autrement dit, gratter la surface des parois de la cuve ne suffirait pas, la radioactivité étant présente sur une trop grande épaisseur. EDF a donc choisi de retenir un scénario différent, reposant sur une découpe sous eau.

« Près du puits de cuve, c’est-à-dire en fond de piscine, le débit de dose est trop important pour permettre de travailler au contact », confirme Sophie Maurel. « Le seul moyen de gérer ces éléments très irradiants en garantissant la protection des travailleurs contre les rayonnements ionisants est de remettre de l’eau dans la piscine de la cuve et de travailler depuis une passerelle située au-dessus de la piscine.

Depuis cette passerelle, des équipements télé-opérés vont sortir, un à un, les éléments internes de la cuve, sachant que pour le moment seul le combustible en a été extrait. Une fois l’ensemble de ces éléments évacués, la cuve en elle-même (qui pèse 200 tonnes à vide) sera à son tour découpée en morceaux. » Côté calendrier, le démantèlement de la cuve devrait s’achever en 2019.

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