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La gestion des déchets issus des démantèlements

Évolutions de la gestion des déchets de très faible activité

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​Des options alternatives ou complémentaires au stockage sont désormais étudiées pour les déchets de très faible activité (TFA). Elles visent à optimiser la gestion des déchets, voire à limiter leur production. Ces démarches sont en phase avec le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR), le code de l’environnement et les positions de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’IRSN.

 

Site de stockage unique pour les déchets TFA en France, le Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) peut contenir que 650 000 m3 de déchets. Cependant, la quantité de déchets TFA produite atteignait déjà 464 000 m3 à la fin 2015, selon l’Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra).

Par ailleurs, les besoins en stockage sont plus importants que ceux envisagés lors de l’inventaire initial des déchets TFA : 650 000 m3 en 2020, 1,1 million de m3 en 2030 et 2,2 million de m3 à la fin du démantèlement (hors traitement des sols potentiellement contaminés).

De nouvelles capacités sont donc nécessaires, même si les estimations présentent encore des incertitudes liées aux opérations d’assainissement des sols pollués par des substances radioactives ou chimiques prévues à la fin d’un démantèlement. Ces incertitudes sont liées, d’une part, à une connaissance parfois partielle de l’état radiologique des bâtiments à démanteler et, d’autre part, à la difficulté de caractériser les éventuelles pollutions présentes sous des bâtiments en fonctionnement.

Chantier de démantèlement à la centrale de Greifswald (Allemagne) 

Chantier de démantèlement à la centrale de Greifswald (Allemagne) : zone de conditionnement et de chargement
des déchets en conteneurs ISO avant leur évacuation (à gauche), entreposage de déchets issus du démantèlement des cinq réacteurs (à droite). (© IRSN/Dureuil)

 

Utiliser des modes de gestion complémentaires

Des options alternatives ou complémentaires au stockage de déchets sont néanmoins demandées. Le Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs (PNGMDR) indique que l’optimisation de la gestion des déchets TFA doit être recherchée afin de respecter les principes généraux du code de l’environnement. Ce dernier recommande une hiérarchisation des modes de gestion, privilégiant la prévention et la réduction à la source du volume et de la nocivité des déchets, puis la réutilisation (recyclage, valorisation) et dans un dernier temps l’élimination.

Pour l’IRSN, cette approche est à la fois proportionnée au risque radiologique très faible des déchets TFA et susceptible de mieux limiter les impacts environnementaux des opérations de gestion.

 

L’assainissement poussé, une nouvelle approche

Atelier de décontamination chimique des équipements et de structures sur le chantier de démantèlement de la centrale de Greifswald, en Allemagne
Atelier de décontamination chimique des équipements et de structures sur le chantier de démantèlement de la centrale de Greifswald, en Allemagne. (© IRSN/Dureuil)

Selon l’IRSN, il faut prendre en compte la limitation de la production des déchets TFA comme axe d’optimisation de leur gestion après la valorisation et la diversification des stockages. Par ailleurs, les nuisances environnementales associées aux solutions techniques envisagées et l’économie globale de la filière doivent être analysées.

Parmi les évolutions récentes figure « l’assainissement poussé », une démarche introduite dans la doctrine récemment proposée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Il consiste à dépolluer les sols et les bâtiments contaminés jusqu’à rendre leur état radiologique compatible avec les usages établis, envisagés et envisageables. Sa mise en œuvre est envisagée quand le retrait complet des pollutions pose des difficultés majeures, compte tenu des quantités de déchets qui seraient générés.

L’IRSN est favorable à cette démarche qui permet d’atteindre un triple objectif : promouvoir une graduation dans la démarche d’assainissement radiologique, tenir compte des cas particuliers susceptibles d’être rencontrés, veiller au respect des principes généraux de radioprotection.

Contrôle de la contamination externe des mains et des pieds en sortie de zone contrôlée sur le chantier de démantèlement du réacteur EDF de Chooz A, dans les Ardennes
Contrôle de la contamination externe des mains et des pieds en sortie de zone contrôlée sur le chantier de démantèlement du réacteur EDF de Chooz A, dans les Ardennes. (© IRSN/Dureuil)

 

Mieux caractériser la pollution

Plus globalement, l’évolution de la doctrine doit répondre à plusieurs enjeux :

  • définir des scénarios d’usages envisageables afin d’assurer une bonne cohérence des hypothèses que les exploitants doivent prendre en compte dans leurs évaluations ;
  •  

  • disposer d’éléments robustes sur le plan de la radioprotection afin de démontrer que l’impact résiduel après l’assainissement est suffisamment faible pour être compatible avec les usages futurs.

 

En outre, l’incertitude sur les volumes de déchets provenant de l’assainissement passe par de meilleures méthodes de caractérisation des contaminations des bâtiments et sites. Pour ce faire, les efforts de recherche et d’étude doivent être poursuivis, en particulier sur le traitement mathématique des données permettant d’identifier la distribution des contaminants et sur les techniques de mesure (portabilité, vitesse d’acquisition...).

Enfin, la société civile doit être pleinement associée à la décision sur les orientations futures pour la gestion des déchets TFA. Il y a donc lieu de créer les conditions permettant de débattre des enjeux liés aux doctrines de gestion pour instruire avec la société les voies à explorer.

   

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