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Le transport de matières radioactives

Sûreté des transports de substances radioactives

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​Les risques liés aux transports de substances radioactives sont fonction du contenu du colis et des conditions de transport. Ainsi, les colis sont adaptés aux risques induits et les transporteurs, outre le bon acheminement, sont soumis à des exigences multiples telles que la formation du personnel ou encore l’entretien des véhicules.

 

Les substances radioactives présentent une grande diversité en termes de formes  physiques, de compositions chimiques et de radioactivité. Aussi, la réglementation de l’AIEA définit plusieurs types de colis, auxquels sont associés des critères de performance adaptés aux risques induits par les substances transportées.

Essai d’incendie d’un colis
Programme expérimental de l’IRSN visant à caractériser la combustion du bois présent dans la structure des capots amortisseurs de chocs des colis. (© Igor Le Bars/IRSN)
  • Risque d'irradiation.
    Les travailleurs et la population peuvent être exposés aux rayonnements émis par la matière radioactive. Pour s'en prémunir, l'emballage doit offrir une protection radiologique d'épaisseur adaptée à la nature et à l'intensité des rayonnements.

 

  • Risque de contamination.
    Le transfert de particules radioactives peut induire une irradiation interne, en cas d’ingestion ou d’inhalation, ou une irradiation externe, en cas de dépôt sur la peau ou sur le sol. Deux causes sont possibles : la décontamination insuffisante de la surface du colis ou la fuite de produits radioactifs.

 

  • Risque de criticité.
    Des conditions particulières de masse et de géométrie des matières fissiles peuvent amorcer une réaction en chaîne. L'émission intense de rayonnement gamma et de neutrons qui s'ensuit peut conduire à l'irradiation de personnes et au relâchement de radioéléments dans l'environnement.

 

  • Risque chimique.
    Pour certains colis, le risque chimique est pris en compte dans les expertises. Utilisé pour la fabrication du combustible, l'hexafluorure d'uranium est par exemple très réactif avec l'humidité de l'air et peut former, en cas d'accident, un nuage toxique d'acide fluorhydrique et d'oxyfluorure d'uranium.

 

  • Le vol ou le détournement.
    Certaines matières sensibles, comme le plutonium ou l’uranium enrichi, peuvent être détournées à des fins malveillantes dont il est nécessaire de se prémunir. Aussi, certains véhicules sont spécialement équipés et suivis en temps réel à l’aide d’un GPS et escortés par la Gendarmerie nationale.

 

 

Transport de substances radioactives : quels risques pour la population et les travailleurs ?

Les doses d’exposition reçues par le public lors des transports doivent être maintenues « au niveau aussi bas que raisonnablement possible » (principe Alara). Ainsi, la réglementation impose un débit de dose maximum de 2 mSv/h au contact du véhicule et de 0,1 mSv/h à deux mètres de celui-ci. Lors du stationnement pour une longue durée, des conditions particulières sont imposées : mise à l’écart, barrières, etc.

Concernant les travailleurs, les risques sont l’irradiation externe et, en cas de détérioration du colis, l’inhalation ou l’ingestion de particules radioactives. Aussi, l’expéditeur doit établir un programme de protection radiologique. Par exemple, pour le transport d’un colis irradiant, un écran peut être posé entre ce dernier et le chauffeur. Au même titre que les autres travailleurs du nucléaire, chauffeurs et manutentionnaires bénéficient d’une classification – A, B ou non exposé –, d’un suivi médical, etc. Les chauffeurs doivent suivre une formation spécifique.

 

 

Obligations et responsabilité des transporteurs

Plaque de couleur orange et trisecteur sur véhicule indiquant le transport d'une source radioactive
Plaque de couleur orange et trisecteur sur véhicule indiquant le transport d'une source radioactive. (© Nedim Imré/IRSN)

Les exigences liées au transport de substances radioactives concernent toutes les activités associées au mouvement de ces substances sur la voie publique. Outre le déplacement entre le site expéditeur et celui destinataire, le transport de substances radioactives concerne le chargement et le déchargement des substances radioactives, l’entreposage éventuel en transit ainsi que la conception des emballages, leur fabrication, leur entretien et leur réparation.  

Selon la réglementation, l’expéditeur est responsable de la sûreté du colis tout au long du transport et il engage sa responsabilité lorsqu’il le remet au transporteur, accompagné de la déclaration d’expédition. Le transporteur a la responsabilité du bon déroulement de l’acheminement et il est soumis à des exigences relatives à la formation de son personnel, à l’entretien de ses véhicules, à la conformité de l’arrimage du colis et à la signalétique du véhicule.

 

L’incident de Roissy en août 2002

L’événement survenu à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaule en août 2002, est le plus grave incident de transports de substances radioactives survenu en France. Il a été classé au niveau 3 (incident grave) sur l'échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (INES).

Lors d'un transport entre la Suède et les États-Unis par la société Federal Express, un colis présentant  un débit de dose supérieur à la limite réglementaire admissible a été détecté lors de son transit à l’aéroport francilien.

Le chargement comprenait 1 000 pastilles d’iridium 192 d’une activité totale de 366 térabecquerels (TBq). L’ouverture du colis a montré une erreur de conditionnement : les couvercles de deux des trois étuis étaient dévissés et de nombreuses pastilles se sont répandues dans le jeu autour du bouchon et du colis.

Des prélèvements sanguins effectués sur plusieurs opérateurs de l’aéroport ont permis de suggérer sur un des opérateurs une exposition récente et une (ou des) exposition(s) plus ancienne(s). Des examens complémentaires ont révélé que l’un des employés aurait reçu une dose pouvant aller jusqu’à 100 millisieverts (mSv).

 

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