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Refroidissement des installations nucléaires

Une remise à niveau sur l’ensemble des réacteurs depuis 2009

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À la suite des événements de 2009 à la cenrale de Cruas (Ardèche), EDF a engagé une remise à niveau des stations de pompage sur l’ensemble des réacteurs en France. Modifications matérielles, évolution des procédures de conduite, dispositif de gestion de crise, les sources froides sont mieux protégées contre les agressions naturelles.

 

Dégrilleur à la centrale de Cruas (Ardèche)

Dégrilleur à la centrale de Cruas (Ardèche) (Source : Noak/Le Bar/Floréal/IRSN)

Des grilles flambant neuves dominent de plusieurs mètres l’eau du canal d’amenée de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche. Elles sont surmontées de systèmes de nettoyage automatique. Les « dégrilleurs », énormes peignes métalliques motorisés (voir photo ci-contre), débarrassent les grilles des objets colmatants et les déversent dans une benne. Conséquence de l’incident qui a affecté en 2009 la disponibilité de la source froide, la station de pompage de la centrale a bénéficié d’une rénovation importante.

Un système de recirculation hivernale alimenté par une pompe assure également la protection des grilles de préfiltration contre le phénomène de frasil – des cristaux de glace collant qui se forme à la surface de l’eau quand celle-ci est très froide. « Cette pompe sera remplacée d’ici à la prochaine visite décennale par un système gravitaire : plus besoin d’électricité, il suffira d’ouvrir une vanne », explique Stéphane Boero, directeur délégué technique de la centrale. Cette nouvelle modification est la conséquence de l’évènement du 9 janvier 2009 à la centrale de Chooz B, dans les Ardennes.

 

L’évènement du 9 janvier 2009 à la centrale de Chooz B

Dans la nuit du 9 janvier 2009, la température de la Meuse descend en dessous de zéro. Résultat : de la glace colmate la grille anti-intrusion située en amont de la station de pompage de la centrale de Chooz B (Ardennes). Au matin, le niveau d’eau a baissé de 2 mètres dans le canal qui alimente la source froide des réacteurs au point de menacer l’approvisionnement des pompes.

 

Des actions à court et moyen terme

Avec des nuances propres à la géographie et à la configuration de chaque site, toutes les centrales ont bénéficié d’améliorations importantes des dispositifs de pompage. « L’incident de Cruas et les autres événements survenus en 2009 ont déclenché une réflexion globale », précise Stéphane Boero.

EDF a d’abord lancé un plan d’actions à « court terme », traitant l’aspect « agression colmatage ». Il avait pour but de réexaminer l’exploitation et la conception des sources froides face aux risques.

Capteurs pour garantir le niveau de débit d’eau à la centrale de Cruas (Ardèche)

Capteurs pour garantir le niveau de débit d’eau à la centrale de Cruas (Ardèche) (Source : Noak/Le Bar/Floréal/IRSN)

Surtout, une revue de robustesse des sources froides sur l’ensemble du parc a été réalisée en 2011. Elle a conduit à la surveillance des agresseurs potentiels (débit du fleuve, quantité de végétaux... ), à des modifications matérielles ou à l’amélioration de la maintenance des équipements de la station de pompage.

Côté matériels, des capteurs mesurant le niveau d’eau en aval des filtres ont été posés. Ainsi, dès que ce niveau atteint un seuil d’alerte à la baisse, l’eau disponible est désormais réservée aux pompes alimentant le circuit de refroidissement de sûreté. Par ailleurs, la salle des commandes dispose à présent d’une image du transit de l’eau brute.

À cela s’ajoutent, lorsque cela a été nécessaire, la mise en place de grilles de pré-filtration plus solides, le doublement des capacités de dégrillage ou encore l’installation d’une recirculation d’eau chaude contre le frasil.

En général, c’est l’ensemble des procédures de conduite, de maintenance et de  surveillance des installations qui ont été adaptées. Par exemple, les critères de dragage du canal d’amenée, pour éviter l’ensablement ou l’envasement, ont été révisés. De même, les procédures de gestion de crise et les critères de déclenchement du Plan d’Urgence Interne (PUI) ont été réexaminés.

De son côté, l’IRSN, saisi par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a entamé une étude approfondie de la nature des risques, des procédures, de la conception et de la protection de la station de pompage, à Cruas-Meysse puis sur l’ensemble des sites français.

 

Veille environnementale

Station de pompage de la centrale EPR de Flamanville (Manche)

Station de pompage de la centrale EPR de Flamanville (Manche) (Source : EDF)

Chaque site bénéfice désormais d’un bulletin hebdomadaire des risques pour chaque agresseur comme les végétaux, le froid ainsi que l’ensablement ou l’envasement. Depuis 2012, EDF assure en effet, une veille en recensant tout ce qui arrive sur les grilles et les filtres de chaque site. Puis, un service environnement tente de dégager des corrélations entre l’arrivée de tel ou tel colmatant et les données météorologiques ou hydrologiques, entre autres.

Concrètement, sur quelques dizaines de kilomètres en amont de chaque site, EDF suit la quantité de végétaux présents dans la rivière ou susceptibles de se décrocher des berges, en combinant comptages et images aériennes. L’exploitant a développé de nouveaux outils, en particulier un sonar pour détecter en temps réel la quantité de colmatants charriés par la rivière.

Peu à peu, les sources froides des centrales en exploitation adoptent certaines améliorations prévues pour le futur EPR de Flamanville (lire encadré ci-dessous). Malgré ces progrès, l’IRSN maintient sa vigilance, par exemple sur la capacité des réacteurs à faire face à des agressions : colmatants, frasil ou hydrocarbures.

 

L’EPR de Flamanville, une source froide renforcée

Dès sa conception, le réacteur EPR de Flamanville (Manche) a bénéficié de dispositions supplémentaires par rapport aux réacteurs en fonctionnement pour prévenir la survenue de situations de perte totale des sources froides et des sources électriques, ainsi que pour la limitation des conséquences d’un accident grave.

La station de pompage comprend ainsi quatre voies de prise d’eau indépendantes. Elle est équipée de deux types de filtres : à tambour et à chaînes. Par ailleurs, les systèmes de mesure de niveau d’eau sont fiabilisés et toute la chaîne « grilles / moyens de nettoyage / dispositifs de filtration » a été renforcée pour mieux faire face à des arrivées de colmatants.

L’EPR dispose enfin d’un circuit indépendant de refroidissement supplémentaire, le système de refroidissement ultime (SRU). Muni de deux trains de pompes secourues par des diesels d’ultime secours, il peut aspirer l’eau dans la station de pompage ou, à défaut, dans l’ouvrage de rejet en mer.

 

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