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Refroidissement des installations nucléaires

Accident Fukushima : anticiper la perte totale des sources froides et de l’électricité

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​La perte de l’ensemble des sources froides a été mise en évidence lors de l’incident de Cruas-Meysse en 2009. Avec la catastrophe de Fukushima en 2011, c’est le scénario d’une perte simultanée des sources froides et de l’électricité qui a dû être pris en considération.

 

Capteurs pour garantir le niveau de débit d’eau à la centrale de Cruas (Ardèche)

Le réservoir de sauvegarde du bâtiment réacteur est une innovation de sûreté de l’EPR de Flamanville (Manche). (Source : EDF)

À la demande de l’IRSN, EDF a réalisé dès 2005, à l'occasion du 3ème réexamen de sûreté des réacteurs de 900 MWe, des études sur le risque et les conséquences d’une éventuelle perte totale de toutes les sources froides d’un site à la suite d’une agression naturelle. « Elles ont notamment concerné le partage des ressources en eau entre les différents réacteurs d’un site », explique Patricia Dupuy, responsable à service d’évaluation des systèmes et des risques à l’IRSN.

Le principal point de fragilité concerne ainsi la réserve d’eau utilisée pour alimenter les générateurs de vapeur car, en général, commune à plusieurs réacteurs. Les quantités d’eau prescrites sur les sites sont désormais suffisantes pour réalimenter un réservoir appelé « bâches d’Alimentation de Secours des Générateurs de vapeur (ASG) » et satisfaire les besoins des générateurs de vapeur de tous les réacteurs pendant la durée estimée de perte de la source froide. L’événement de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2009 a confirmé la pertinence de cette approche.

 

Création d’une source froide diversifiée

L’accident de Fukushima, au Japon en 2011, a conduit à envisager une nouvelle situation accidentelle : une perte totale des sources froides et de l’électricité affectant l’ensemble des réacteurs et piscines d’entreposage de combustibles usés, qui se prolonge dans le temps.

« Nous avons examiné les dispositions retenues par EDF pour gérer une telle situation », rappelle Patricia Dupuy. Des modifications de grande ampleur sont prévues ou engagées, telles que la création d’une source froide diversifiée utilisant par exemple l’eau de la nappe phréatique, ou encore la Force d’action rapide nucléaire (Farn) convoyant des moyens mobiles capables de venir au secours d’une centrale en difficulté.

 

International : deux incidents significatifs aux Pays-Bas et au Royaume-Uni

Tout incident sérieux affectant un réacteur nucléaire doit être déclaré à l’International Reporting System (IRS) de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Depuis 1982, une trentaine d’événements significatifs affectant la source froide d’un réacteur ont ainsi été déclarés.  

« L’objectif consiste à examiner si ce retour d’expérience international est transposable à la situation locale et à en tirer les enseignements », explique Patricia Dupuy, responsable à service d’évaluation des systèmes et des risques à l’IRSN.

En 1984, la centrale de Borssele (Pays-Bas) a subi la concomitance d’une forte marée, d’un vent fort et d’un banc de sable dans le chenal d’amenée. En 2006, celle de Torness (Royaume-Uni) a dû faire face à une arrivée massive d’algues. 

Mais « en matière d’agression des sources froides, la France est un contributeur important à la base de données de l’IRS, du fait de l’importance de son parc nucléaire », note Céline Picot, experte en agressions et externes des installations à l’IRSN. L’incident de Cruas en 2009 a sans doute été le premier cas de perte totale de source froide dans le monde.


 

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