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Programme Multibiodose

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Dernière mise à jour en août 2014


Le programme Multibiodose (Multi-disciplinary biodosimetric tools to manage high scale radiological casualties) est un projet lancé dans le cadre du 7e PC Euratom en mai 2010 et qui s’est achevé en avril 2013. Son objectif était d’analyser le caractère opérationnel de différents outils de biodosimétrie dans différents scénarios possibles d’irradiation accidentelle à grande échelle.


 

Contexte et objectif

 

Dans le cas d’une urgence radiologique de grande ampleur, le tri des victimes irradiées se fait sur l’évaluation des signes cliniques (fréquence des vomissements, numération formule sanguine,  fréquence des céphalées, présence d’un érythème, …). Ce tri permet d’identifier les personnes  réellement exposées devant recevoir un traitement médical approprié, en les séparant des personnes peu ou pas irradiées ne nécessitant pas de traitement immédiat. L’expression des signes cliniques dépend directement de la dose reçue par la victime et du volume corporel irradié.


Un certain nombre d’outils biodosimétriques (analyse des chromosomes dicentriques, micronoyaux, techniques RPE, OSL,  etc.) renseignent sur la dose reçue par la victime. Ces méthodes ont déjà été validées pour des irradiations accidentelles impliquant un nombre limité de victime mais avaient  besoin d’être testées et éventuellement adaptées dans le cadre de scénarios d’irradiation accidentelle à grande échelle.
 
Le projet Multibiodose regroupait 14 partenaires européens spécialisés en biodosimétrie. Ce projet a permis de définir les avantages et les limites de chacun des outils biodosimétriques susceptibles d’aider dans la phase de tri des victimes et de développer partiellement les outils de dosimétrie les plus efficaces dans un contexte opérationnel d’accident. Il comportait deux volets, l’un en dosimétrie biologique, l’autre en dosimétrie physique :

  • en dosimétrie biologique, l’un des objectifs du projet consistait à valider des méthodes d’analyse rapides et tester leurs potentielles utilisations en situation de tri des victimes ;
  • en dosimétrie biophysique, les efforts ont été portés sur l’amélioration des capacités opérationnelles de la dosimétrie RPE, en particulier sur l’optimisation des délais nécessaires au rendu des résultats en cas d’expertise et de la sensibilité des protocoles sur les ongles, l’émail dentaire et les tissus osseux.


Les résultats du projet Multibiodose ont contribué à mettre en place le projet de réseau de biodosimétrie qui est en cours dans le projet européen Reneb. Le projet Reneb a pour objectif d’établir un réseau européen de laboratoires spécialisés en biodosimétrie.

 

 

Déroulement

 

Le projet Multibiodose était structuré en 5 work packages (WP) :

  • WP1 (coordonné par BfS): Évaluation de la technique d’analyse des chromosomes dicentriques susceptible de fournir les données biologiques permettant d’identifier rapidement les victimes les plus fortement exposées ;
  • WP2 (coordonné par l’Université de Gent) : Évaluation de la technique d’analyse des micronoyaux des lymphocytes du sang susceptible de fournir les données biologiques permettant d’identifier rapidement les victimes les plus fortement exposées ;
  • WP3 (coordonné par HPA) : Développement et évaluation de la technique Gamma-H2AX susceptible de fournir les données biologiques permettant d’identifier rapidement les victimes les plus fortement exposées. L’IRSN a participé en fournissant son expérience sur l’utilisation des systèmes d’imagerie et de comptage de la technique gamma-H2AX ;
  • WP4 (coordonné par l’IRSN) : Évaluation de la technique d’analyse optique « Speckle » (Skin speckle assay, SSA) et d’une approche de protéomique sur prélèvement sanguin (Serum protein assay, SPA)  pour le diagnostic des brûlures radiologiques cutanées ;
  • WP5 (coordonné par ISS) : Développement et évaluation de méthodes de Résonance paramagnétique électronique (RPE) sur l’émail dentaire et les ongles /Luminescence optiquement stimulée (OSL) sur les fenêtres de téléphone portable.

 

Les laboratoires du SRBE (LDB, LRTE) et du SDE (LDRI) ont participé aux WP1, 3 et 5. En outre, l’IRSN était représenté dans le conseil scientifique de Multibiodose.


 

Résultats

 

Les différentes méthodes biodosimétriques  ont été harmonisées de façon à pouvoir être utilisées  par le réseau européen de laboratoires de biodosimétrie et répondre au mieux à une situation d’urgence radiologique. Les autres outils évalués (analyse des micronoyaux des lymphocytes du sang, technique Gamma-H2AX, méthodes RPE et OSL) ont été validés. À ce stade, ces techniques sont utilisables dans la phase de consolidation du diagnostic des victimes, pour un nombre important de victimes. Les techniques d’analyse optique « speckle » (SSA) et d’analyse des protéines du sang (SPA) n’ont pas été retenues de par leur manque de maturité technique.

 

Un logiciel a été développé, dans lequel sont intégrés et croisés les résultats de chaque outil biodosimétrique lors de l’exposition d’une personne. La personne exposée peut ainsi être classée par le logiciel dans une catégorie selon la dose reçue : verte (< 1Gy), jaune (1-2 Gy), rouge (> 2 Gy). Le logiciel a été pensé pour pouvoir inclure dans le futur d’éventuels nouveaux outils biodosimétriques.

 

Un guide opérationnel a été édité en mai 2013, à destination des autorités impliquées en radioprotection et en gestion de crise. Il a pour objet de définir les possibilités et limites des outils biodosimétriques (outils testés durant le projet), et de définir la conduite à suivre lors d’une urgence radiologique. Il contient aussi la liste des laboratoires préparés à l’usage de ces outils en cas d’urgence radiologique.