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Les sites miniers d'uranium

Expertises sur le site minier de Saint-Pierre (Cantal-Auvergne)

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En réponse à la demande de la préfecture du Cantal, l’IRSN conduit depuis 2005 une expertise sur l’ancien site minier d’uranium de Saint-Pierre, au nord du département du Cantal. Ce site est actuellement géré par AREVA NC.

Situation géographique des mines de Saint-Pierre dans le Cantal

Cette expertise s’est organisée en 3 phases.

Après un état des lieux des données et connaissances disponibles sur la qualité radiologique de l’environnement sur et autour du site, objet de la première phase menée en 2005-2006, un programme d’investigations complémentaires a été mis en œuvre, à la fois par l’IRSN et la CRIIRAD, dans le cadre de la réalisation de la deuxième phase de l’expertise en 2006-2007.

Toutes les informations acquises complètent les études et mesures réalisées par AREVA NC, et participent à la vision d’ensemble de l’impact environnemental des activités industrielles menées sur ce site. Les conclusions des rapports d’expertise ont été présentées devant la commission locale d’information (CLI) en janvier 2006 et septembre 2007.

L’expertise est désormais dans sa troisième phase. Les axes de travail identifiés en relation avec la DRIRE Auvergne portent sur la gestion des marquages radiologiques (restrictions d’usage, retraits de matériaux, détournements d’écoulements…) et sur le dispositif de surveillance radiologique de l’environnement et de gestion du risque lié à la présence de radon dans certaines habitations.

A noter qu’une campagne supplémentaire de dépistage de radon a été réalisée par l’IRSN en 2007-2008, en marge des travaux d’expertise, à la demande du préfet du Cantal pour évaluer la qualité de l’air de l’habitat privé dans les hameaux avoisinant le bourg de Saint Pierre. Les résultats ont été pris en compte au même titre que les résultats de la première campagne de dépistage réalisée dans le cadre de la deuxième phase d’expertise. Ils ont confirmé l’existence d’un contexte particulier dans la partie nord du Bourg, à proximité du site et de la zone minéralisée objet de l’exploitation minière et en partie encore en place.

Depuis 2007, l’expertise s’inscrit dans le cadre d’une analyse commune des problématiques. Cette analyse est menée au sein d’un groupe de travail technique (GTT) mis en place par la DRIRE Auvergne et permet une confrontation du point de vue de différents acteurs : DRIRE Auvergne, DDASS du Cantal, DDAF du Cantal, ASN (Division de Lyon), Association FRANE (Fédération de la Région Auvergne pour la Nature et l’Environnement), CRIIRAD, IRSN et AREVA.

Le groupe se réunit en moyenne deux fois par an pour discuter des différents avis émis par chaque membre au cours des derniers mois au rythme des sollicitations de la DRIRE et de l’avancement des réflexions sur les thématiques d’intérêt. L’IRSN participe activement à l’élaboration d’avis techniques. Les conclusions des travaux du GTT sont ensuite présentées en CLI qui acte de la nécessité de poursuivre certaines réflexions ou qui prononce des décisions sur la base des éléments d’arbitrage fournis par le groupe. Deux réunions de CLI se sont tenues les 18 avril 2008 et 13 mars 2009.

Les principaux points traités ou en cours de traitement concernent :

- Le plan d’action qui découle de la présence de fortes valeurs d’activité volumique du radon dans certains habitats privés, essentiellement au niveau du bourg de Saint Pierre.

Après la réalisation de diagnostics du bâtiment par le CSTB en 2008, des actions simples d’amélioration de la ventilation ont été recommandées par le CSTB, de même que des interventions plus lourdes dans les cas de fortes activités en radon. A ce jour, les propriétaires des habitations concernées par les plus forts taux de radon (entre 931 et 6050 Bq/m3) ont été informés des résultats des diagnostics.

- Les servitudes d’utilité publique pour les terrains jouxtant l’ancien site minier. Celles-ci ont été d’abord été décidées dès lors que les terrains ont été touchés, de quelque manière que ce soit, par les activités liées à l’exploitation minière ou qu’ont été mises en évidence des anomalies radiamétriques pour lesquelles il existe une présomption forte en faveur d’une origine anthropique, par exemple en cas de présence de matériaux attribuables à l’exploitation minière (résidus, minerai, concentré d’uranium). 

Au final, un projet de servitude a été élaboré définissant un seul niveau de restrictions d'usage. Ce projet a été présenté en CLI et fait l’objet de discussions au sein du groupe de travail en vue de définir des servitudes adaptées aux différentes situations rencontrées.

- La situation particulière du lotissement communal, situé en bordure sud de l’ancien site minier, à une dizaine de mètres du terrain de football renfermant une partie des résidus de lixiviation stockés. 

Les résultats des investigations menées au cours de la deuxième phase d’expertise au niveau des terrains des 3 villas que compte ce lotissement, complétées par les mesures radiamétriques de surface et les analyses d’échantillons de sol réalisées par AREVA en 2008 suite à une sollicitation du GTT, confirment la présence, localement et à des profondeurs inférieures à 40 cm, de matériaux dont les caractéristiques radiologiques correspondent à celles de résidus de traitement du minerai d’uranium.

Face à cette situation évoquée lors de la réunion de la CLI du 18 avril 2008, les représentants d’AREVA ont pris l’engagement de procéder à l’enlèvement des sols concernés. Le GTT a été consulté sur le protocole d’assainissement proposé et a transmis certaines recommandations qui ont été reprises par la DRIRE dans un courrier adressé à AREVA. L’assainissement devait intervenir au cours du second semestre 2009 mais des contraintes administratives obligent à remettre les travaux.

- Le cas du plan d’eau situé au sud du site et récupérant, de manière diffuse, une partie des eaux de drainage du site, et plus particulièrement la problématique liée à la baignade et aux détournements des eaux d’alimentation du plan d’eau depuis l’arrivée nord vers l’aval du plan d’eau, directement dans le ruisseau du Gioux. 

Concernant les eaux d’alimentation nord impactées par le site minier, le GTT a examiné la possibilité technique et la pertinence de dévier ces eaux et de les rejeter, sous conditions, au niveau du déversoir du lac en direction du ruisseau du Gioux. A ce stade, le GTT ainsi que la CLI ont considéré que la dérivation des eaux d’alimentation ne se justifiait pas.  

Concernant l’usage du plan d’eau pour des activités de loisir, des calculs d’impact pour un scénario baignade ont été réalisés par l’IRSN et présentés lors de la CLI de mars 2009. Ceux-ci ont pris en compte l’exposition d’individus adultes et enfants et ont porté sur l’impact radiologique ainsi que sur l’impact lié à la nocivité chimique de l’uranium. Sur la base de ces résultats le préfet n’a pas jugé les arguments suffisamment pertinents pour permettre de lever l’interdiction de baignade.

Le groupe de travail réuni en septembre 2007 a convenu d’examiner les possibilités de restituer le plan d’eau pour des usages récréatifs sans entraîner d’exposition injustifiée des usagers.

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