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Bilan de la surveillance sanitaire et des études épidémiologiques conduites chez les habitants de la préfecture de Fukushima

 10/03/2020

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​​Les conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima - Point de la situation en mars 2020​


Principe des études mises en place
Dès la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires japonaises ont conçu et mis en place un programme d’études épidémiologiques et de suivi sanitaire afin d’évaluer l’état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs de l’accident et de suivre son évolution au cours du temps. Ces études sont basées sur un questionnaire complété, dans certains cas, par la réalisation d’examens médicaux. Les résultats de ces études épidémiologiques permettront de disposer d’informations sur l’incidence de certaines pathologies au sein de la population japonaise (cancers solides, leucémies, troubles psychologiques, thyroïdiens, hépatiques, rénaux, diabète, etc.) et d’évaluer, en fonction de leur évolution dans le temps, les éventuelles conséquences sanitaires de l’accident. Le pilotage de ces études prévues pour de nombreuses années a été confié à l’Université de Médecine de Fukushima, en collaboration avec d’autres centres médicaux japonais.

Ces études (Figure 1) consistent en la réalisation :​

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  • D’une enquête de base à destination de tous les habitants de la préfecture de Fukushima : cette enquête a pour objectif de recueillir des informations quant au comportement des personnes (où se trouvaient-elles, à quel moment, pendant combien de temps, etc.) afin d’estimer la dose externe qu’elles ont reçue et d’identifier celles pour lesquelles un suivi médical renforcé s’avère nécessaire ; cette enquête concerne environ 2 050 000 personnes.

  • D’un bilan thyroïdien réalisé pour tous les enfants âgés de 18 ans ou moins qui résidaient dans la préfecture de Fukushima pendant la phase des rejets de l’accident : cette étude a pour objectif principal d’évaluer une potentielle augmentation des cancers de la thyroïde au cours des années et décennies à venir, telle qu’elle a été observée chez les enfants exposés aux retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl ; elle concerne environ 360 000 enfants nés avant le 1er avril 2011.

  • ​De bilans médicaux spécifiques chez les personnes qui ont été évacuées des zones les plus exposées aux retombées radioactives ; cette étude concerne environ 210 000 personnes et permet de recueillir des informations relatives à leur style de vie (telles que tabagisme ou alcoolisme par exemple) et à leur état psychologique sur la base d’un questionnaire. L’incidence de base de pathologies telles que les cancers solides, les leucémies, le diabète et les troubles hépatiques et rénaux est également évaluée sur la base d’examens cliniques et biologiques.

  • ​​D’un suivi des femmes ayant déclaré une grossesse entre le 1er août 2010 et le 31 juillet 2011 et résidant dans la préfecture du Fukushima, ou ayant accouché dans la préfecture de Fukushima le 11 mars 2011 ou plus tard, et d’un suivi des éventuelles anomalies génétiques et congénitales diagnostiquées chez les enfants nés de ces femmes ; cette étude concerne environ 16 000 femmes.


Suivi de la fonction thyroïdienne des enfants exposés aux rejets radioactifs (“Thyroid Ultrasound Examination”)​​
Les informations ci-dessous sont basées sur le bilan réalisé au 30 juin 2018 par l’Université médicale de Fukushima, et actualisées à partir des résultats au 30 septembre 2019 publiés en février 2020 par ​la préfecture de Fukushima.

Méthodologie​ :

  • ​​Afin d’évaluer la fonction thyroïdienne des enfants exposés aux rejets radioactifs, l’Université de Médecine de Fukushima a débuté en avril 2011 une vaste campagne de réalisation d’échographies de la thyroïde à destination des quelques 360 000 enfants âgés de 18 ans ou moins (soit ceux nés entre 2 avril 1992 et le 1er avril 2011) et qui étaient présents dans la préfecture de Fukushima au moment de l’accident. En cas de détection d’anomalie thyroïdienne, le bilan est complété par des analyses biologiques, voire des cytoponctions (prélèvements de cellules) de la thyroïde.
  • ​Les autorités japonaises s’ét​​aient fixé comme objectif que tous les enfants concernés aient bénéficié d’une première échographie thyroïdienne avant le mois d’avril 2014 (première campagne de dépistage permettant d’évaluer la prévalence de base des cancers de la thyroïde chez les enfants de la préfecture de Fukushima). Il était ensuite prévu de mettre en ​place à partir d’avril 2014 une deuxième campagne de dépistage chez les mêmes enfants, afin de dénombrer les nouveaux cas incidents de cancers de la thyroïde et ainsi vérifier si ce nombre augmente au cours du temps ou non. Depuis avril 2014, des bilans thyroïdiens de suivi ont été réalisés chez les enfants selon un rythme de tous les 2 ans jusqu’à l’âge de 20 ans, puis de tous les 5 ans au-delà de l’âge de 20 ans. La deuxième campagne de dépistage s’est achevée en avril 2016, la troisième campagne en mars 2018, et la quatrième campagne en mars 2020 (Figure 4).​
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​​Première campagne de dépistage des cancers de la thyroïde (octobre 2011-mars 2014)​

  • ​Selon une mise à jour des données au 31 mars 2019, parmi les 367 649 enfants conviés dans le cadre de la première campagne de dépistage, 300 476 enfants se sont présentés pour bénéficier d’un bilan thyroïdien entre octobre 2011 et mars 2014, soit un taux de participation de 82 %. ​L’échographie de la glande thyroïde a révélé la présence de nodules ou de kystes chez 145 867 enfants (soit 49 % de la population examinée), dont 2 293 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires (deuxième échographie de la thyroïde et/ou dosage des hormones thyroïdiennes et anticorps antithyroïdiens et/ou biopsies des nodules jugés douteux lors de la première échographie). La biopsie par aspiration du contenu des nodules a confirmé leur caractère potentiellement malin chez 116 enfants (39 garçons et 77 filles dont ​l’âge au moment de l’accident, de 15 ans en moyenne, variait entre 6 et 18 ans), dont 102 enfants ont subi une ablation chirurgicale de la thyroïde.
  • L’analyse des 102 thyroïdes prélevées par ablation chirurgicale a confirmé la présence d’un cancer de la thyroïde de type carcinome papillaire chez 100 enfants, d’un cancer de la thyroïde peu différencié chez un enfant et d’une tumeur bénigne chez un enfant. ​

​Deuxième campagne de dépistage des cancers de la thyroïde (avril 2014-mars 2016)​

  • ​Selon une mise à jour des données au 31 mars 2019, parmi les 381 256 enfants concernés par la deuxième campagne de dépistage, 270 497 enfants se sont présentés pour bénéficier d’un bilan thyroïdien entre avril 2014 et mars 2016. L’échographie de la glande thyroïde a révélé la présence de nodules ou de kystes chez 161 800 enfants (soit 60 % de la population examinée), dont 2 227 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires. La biopsie par aspiration du contenu des nodules a confirmé leur caractère potentiellement malin chez 71 enfants (32 garçons et 39 filles, dont l’âge au moment de l’accident, de 13 ans en moyenne, variait entre 5 et 18 ans), dont 52 enfants ont subi une ablation chirurgicale de la thyroïde.
  • L’analyse des 52 thyroïdes prélevées par ablation chirurgicale a confirmé la présence d’un cancer de la thyroïde de type carcinome papillaire chez 51 enfants et d’un autre type de cancer de la thyroïde (non précisé) chez un enfant. ​

Troisième campagne de dépistage des cancers de la thyroïde (avril 2016-mars 2018)

  • ​Selon une mise à jour des données au 30 septembre 2019, parmi les 336 669 enfants concernés par la troisième campagne de dépistage, 217 904 enfants se sont présentés pour bénéficier d’un bilan thyroïdien entre avril 2016 et mars 2018. L’échographie de la glande thyroïde a révélé la présence de nodules ou de kystes chez 141 477 enfants (soit 65 % de la population examinée), dont 1 501 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires. La biopsie par aspiration du contenu des nodules ou des kystes a confirmé leur caractère potentiellement malin chez 30 enfants, dont 24 ont subi une ablation chirurgicale de la thyroïde.
  • L’analyse a confirmé la présence d’un cancer de la thyroïde de type adénocarcinome papillaire chez les 24 enfants ayant eu une ablation chirurgicale.

​​Quatrième campagne de dépistage des cancers de la thyroïde (avril 2018-mars 2020)


  • ​​​Selon une mise à jour des données au 30 septembre 2019, parmi les 294 183 enfants concernés par la quatrième campagne de dépistage, 136 942 enfants se sont présentés pour bénéficier d’un bilan thyroïdien entre avril 2018 et mars 2020. L’échographie de la glande thyroïde a révélé la présence de nodules ou de kystes chez 82 427 enfants (soit 60 % de la population examinée), dont 829 enfants ont été identifiés comme devant bénéficier d’examens complémentaires. La biopsie par aspiration du contenu des nodules ou des kystes a confirmé leur caractère potentiellement malin chez 16 enfants, dont 8 ont subi une ablation chirurgicale de la thyroïde.
  • L’analyse a confirmé la présence d’un cancer de la thyroïde de type adénocarcinome papillaire chez les 8 enfants ayant eu une ablation chirurgicale.
  • ​​Notons que, bien que la quatrième campagne de dépistage soit quasi terminée (détection de nodules ou kystes thyroïdiens par examen ultrasonographique), les résultats des examens complémentaires (incluant la cytoponction) permettant de déterminer la nature et le caractère malin des nodules sont encore en cours de consolidation. Ainsi, le bilan du nombre de cas suspects et du nombre de cas ayant fait l’objet d’une opération chirurgicale présenté ci-dessus est provisoire, et peut encore évoluer dans les mois/années qui suivent la fin de la campagne de dépistage.

​A chacune des 4 campagnes, certains enfants pour lesquels la cytoponction thyroïdienne avait fourni des résultats jugés suspects n’ont pas eu d’ablation totale ou partielle de la thyroïde. Ces enfants (ou aujourd’hui jeunes adultes) font l’objet d’un suivi individuel particulier ; en fonction de l’évolution des résultats des examens complémentaires, les médecins décideront s’il est opportun ou non de les opérer. Cette décision médicale s’appuie sur plusieurs critères, prenant en compte en particulier l’évolution de la taille du nodule (diamètre supérieur à 10 mm ou non) et l’anxiété de la famille.​

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