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Bilan 2018 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France. Une attention particulière portée sur certaines activités : démantèlement, sous-traitance, radiologie interventionnelle

 12/09/2019

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​L’IRSN présente le bilan 2018 de la surveillance des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants pour les 390 363 travailleurs suivis, comprenant 365 980 travailleurs des activités civiles (nucléaire, industrie, recherche, médecine) et des installations et activités intéressant la défense, dans le secteur public ou privé, ainsi que 24 383 travailleurs exposés à la radioactivité naturelle.

 

Ce bilan montre peu d’évolution des indicateurs mais montre la nécessité de maintenir une surveillance particulière dans les secteurs du démantèlement, de la sous-traitance et de la radiologie interventionnelle.

 

Télécharger le rapport – Bilan 2018 de l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France (PDF, 5,73 Mo) 

 

Télécharger l'infographie avec les chiffres-clés à retenir (PDF, 554 Ko)

 

Exposition aux sources artificielles de rayonnements ionisants

 

IRSN_Infographie-Exposition_travailleurs_2018.jpg
​Télécharger l'infographie
365 980 travailleurs suivis en 2018 dans le cadre des activités professionnelles utilisant des sources artificielles de rayonnements ionisants en hausse de +1,5 %

 

Le nombre de travailleurs ayant bénéficié d’un suivi de leur exposition aux rayonnements ionisants du fait de leur activité dans l’un des domaines considérés, soit 365 980, est en légère augmentation (+ 1,5 %) par rapport à 2017. La répartition des effectifs entre les différents domaines est globalement stable, les effectifs se trouvant principalement dans le domaine médical (57 %) et dans le domaine nucléaire (22 %).

Une dose collective [1] en hausse de 3 %

 

La dose collective pour l’ensemble des travailleurs suivis s’établit, pour 2018, à 55,2 h.Sv contre 53,5 h.Sv en 2017. Cette valeur est en hausse de 3 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution s’explique majoritairement par une reprise d’activité dans le domaine du nucléaire (notamment un plus grand volume de travaux de maintenance sur le parc électronucléaire qu’en 2017, d’après EDF [2]). 
 

Une exposition externe individuelle moyenne globalement stable

 

En 2018, la dose individuelle moyenne [3] est en légère augmentation par rapport à 2017, se situant à 0,80 mSv (0,72 mSv en 2017). Plus de 96 % des travailleurs suivis ont reçu une dose annuelle inférieure à 1 mSv [4]. Parmi ceux ayant reçu une dose supérieure à 1 mSv, 19 % ont reçu une dose supérieure à 5 mSv. Le dépassement de la limite annuelle de dose efficace (20 mSv) a concerné 10 travailleurs, seuls deux de ces cas ayant été confirmés pour des travailleurs du secteur médical.    

 

Des doses individuelles moyennes variables selon les domaines d’activité

 

Les domaines du nucléaire et de l’industrie non nucléaire, qui représentent ensemble 28 % des travailleurs suivis, sont, comme les années précédentes, ceux où les travailleurs reçoivent en moyenne les doses plus élevées (respectivement 1,40 mSv et 0,88 mSv) ; ces valeurs sont en hausse respectivement de 9 % et 6 % par rapport à 2017. Le domaine médical et vétérinaire et le domaine de la recherche présentent respectivement une dose individuelle moyenne de 0,30 mSv et 0,23 mSv, valeurs stables par rapport à 2017.

 

Une exposition interne limitée

 

Le nombre de cas de contamination interne reste faible et les doses qui en résultent limitées : en 2018, quatre travailleurs ont reçu une dose supérieure à 1 mSv [4], tous dans le domaine nucléaire. La plus forte dose engagée est de 2,8 mSv, estimée pour un travailleur exerçant dans le secteur du démantèlement.

 

L’exposition des travailleurs du secteur du démantèlement

 

Cette édition du rapport annuel présente les résultats du suivi de l’exposition externe (dosimétrie passive) et de l’exposition interne enregistrés pour les travailleurs identifiés comme étant intervenus sur l’un des trois sites en démantèlement suivants : les INB 165 et 166 du CEA de Fontenay-aux-Roses, la centrale nucléaire EDF de Chooz A et les ateliers rattachés à l’UP2-400 d’ORANO à La Hague. Le risque prépondérant dans l’activité de démantèlement se confirme être la contamination interne puisque si l’ensemble des travailleurs des trois sites étudiés présentent des expositions externes globalement faibles, les résultats du suivi de l’exposition interne sont positifs pour 28 % des travailleurs ayant fait l’objet de ce suivi.

 

L’exposition des travailleurs prestataires du nucléaire

 

L’étude ciblée concernant les prestataires du nucléaire fait suite à celle présentée dans la précédente édition du rapport, avec un bilan 2018 sans changement notable par rapport à celui de 2017 : l’activité de prestation, qui représente environ un tiers des effectifs du domaine nucléaire et plus des deux tiers de la dose collective de ce dernier, présente la dose individuelle moyenne (1,8 mSv) la plus élevée après celle du secteur de la fabrication du combustible. Cette étude a été complétée en considérant le type de contrat de travail (CDD, CDI ou intérim), l’activité (maintenance vs. logistique) et la distinction entre personnel dédié à un site et personnel itinérant. Il a été mis en évidence que les travailleurs prestataires les plus exposés en moyenne sont ceux en CDI qui exercent dans la spécialité de maintenance en tant qu’itinérant.

 

Des niveaux de dose aux extrémités (mains) enregistrés dans le secteur de la radiologie interventionnelle du domaine médical

 

Une étude comparative des doses aux extrémités enregistrées au bloc opératoire et en salle dédiée a été réalisée en collaboration avec la division de l’ASN de Bordeaux. Il en ressort que les efforts de radioprotection en radiologie interventionnelle se doivent encore d’être renforcés, puisque deux cas de dépassement de la limite réglementaire de dose aux extrémités ont été enregistrés en 2018. L’analyse des résultats de la surveillance dosimétrique aux extrémités conforte par ailleurs l’idée que la dosimétrie des extrémités en radiologie interventionnelle est loin d’être systématique, notamment au bloc opératoire, et que, de ce fait, il est probable que les surexpositions dans ce secteur d’activité soient courantes mais pas détectées.


 

Exposition à la radioactivité naturelle

 

24 383 travailleurs suivis en 2018 dans le cadre des activités professionnelles exposant à la radioactivité naturelle

 

Il s’agit en particulier des personnels navigants exposés au rayonnement cosmique, des travailleurs exposés au radon et ceux exposés à la radioactivité naturelle présente dans les matériaux mis en oeuvre dans certaines activités industrielles (matériaux NORM [5]).

En 2018, la dose individuelle moyenne des 23 356 personnels navigants de l’aviation civile exposés au rayonnement cosmique calculée sur l’année (2,1 mSv) est proche des valeurs des années précédentes. Il en est de même concernant la proportion de personnels navigants ayant reçu une dose annuelle supérieure à 1 mSv [4] (80 % en 2018). La dose individuelle maximale s’élève à 5,9 mSv (5,5 mSv en 2017).

Concernant la surveillance individuelle de l’exposition des travailleurs aux matériaux NORM [5] ou au radon d’origine géologique dans les cavités et ouvrages souterrains, elle a concerné, en 2018, 601 travailleurs. Toutefois, le bilan ne peut toujours pas être considéré comme exhaustif pour les expositions au radon d’origine géologique. En effet, d’après les rapports de dépistage du radon sur les lieux de travail reçus par l’IRSN, la concentration de radon observée dans un certain nombre de ces lieux nécessiterait la mise en œuvre d’une surveillance individuelle, ce qui n’est pas systématiquement le cas. Les doses individuelles moyennes, de 0,26 mSv pour l’exposition externe et de 0,63 mSv pour l’exposition interne, sont stables en comparaison de celles observées en 2017, bien que à considérer avec prudence.

 

La surveillance des travailleurs : une mission de l’IRSN

Le ministère du Travail (Direction générale du travail, DGT) et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’appuient sur l’expertise de l'IRSN en matière de protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition aux rayonnements ionisants. A cet égard, le code du travail confie à l’IRSN la mission de centraliser l’ensemble des données de la surveillance dosimétrique des travailleurs au moyen du système SISERI et d’établir un bilan annuel.

 

La surveillance de l’exposition externe des travailleurs est réalisée grâce à des dosimètres passifs adaptés aux différents types de rayonnement, fournis par les organismes de dosimétrie agréés. Ces dosimètres permettent de connaître la dose reçue par le corps entier ou par une partie du corps (peau, doigt) en différé après lecture en laboratoire (dosimétrie passive). Les travailleurs intervenant en zone contrôlée font en outre l’objet d’un suivi en temps réel grâce à des dosimètres opérationnels. Les travailleurs exposés à un risque d’exposition interne sont suivis grâce à des examens médicaux appropriés comme des analyses radiotoxicologiques sur les urines, réalisées par des laboratoires d’analyse de biologie médicale, ou comme des examens anthroporadiométriques réalisés par les services de santé au travail. L’IRSN est chargé réglementairement de veiller à la qualité des différents types de mesures de l’exposition des travailleurs.


Le bilan réalisé en 2018 par l’IRSN a été majoritairement élaboré à partir du système SISERI. Il présente les effectifs des travailleurs par domaines d’activité professionnelle, les doses individuelles moyennes et collectives correspondantes et la répartition des travailleurs par niveau de doses. Les domaines d’activité professionnelle sont, d’une part le nucléaire, qui regroupe les activités exercées aux différentes étapes du cycle de l’énergie nucléaire (usines de conversion et d’enrichissement de l’uranium, fabrication du combustible, centrales nucléaires, retraitement, démantèlement, déchets) ainsi que celles liées à la défense nationale, d’autre part toutes les autres activités concernées par l’usage des rayonnements ionisants : applications médicales et vétérinaires, recherche et enseignement, activités industrielles diverses utilisant des sources de rayonnements ionisants. Les expositions professionnelles à la radioactivité naturelle sont également considérées (rayonnement cosmique et exposition aux matériaux NORM [5] ou au radon d’origine géologique dans les cavités et ouvrages souterrains).

 

Télécharger le rapport – Bilan 2018 de l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France (PDF, 5,73 Mo) 

 

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[1] La dose collective d’un groupe de personnes est la somme des doses individuelles reçues par ces personnes. A titre d’exemple, la dose collective de 1 000 personnes ayant reçu chacune 1 mSv est égale à 1 000 homme.mSv soit 1 homme.Sv (h.Sv)

[2] Rapport de l’Inspecteur Général pour la Sureté et la Radioprotection (IGSNR) – 2018 –EDF (https://www.edf.fr/sites/default/files/contrib/groupe-edf/producteur-industriel/nucleaire/Notes%20d%27information/rapport_igsnr_2018.pdf)

[3] Les doses individuelles moyennes sont calculées pour l’effectif exposé, c’est-à-dire pour les travailleurs pour lesquels au moins une dose supérieure au seuil d’enregistrement des dosimètres a été enregistrée. La réglementation impose un seuil d’enregistrement maximal de 0,1 mSv

[4] Les valeurs de 1 mSv et de 5 mSv sont des valeurs repères : 1 mSv est la limite réglementaire de dose pour le public et 5 mSv est le quart de la limite réglementaire de dose pour les travailleurs, qui constitue un seuil d’obligation de déclaration à l’Autorité de Sûreté Nucléaire

[5] Naturally Occuring Radioactive Materials (matériaux contenant naturellement des radionucléides non utilisés pour leurs propriétés radioactives)

 

Avis et rapports
Avis aux autorités 04/11/2019 Avis de l'IRSN à l'ASN d'Octobre 2019
Avis aux autorités 16/10/2019 Nouveaux avis de l'IRSN à l'ASN de Septembre 2019
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