04

Radioprotection des personnes
et de l’environnement

L'IRSN intervient dans les domaines de la surveillance de l’environnement et de la protection des personnes contre les rayonnements ionisants avec le souci de contribuer toujours plus efficacement aux politiques publiques visant à encourager une prise en compte globale des enjeux liés à la santé environnementale, comme en témoignent les lignes directrices du 4e Plan national santé-environnement (PNSE). La contribution de l’IRSN à des travaux menés en 2020 afin de mieux comprendre l’origine de certains clusters de cancers – comme pour les cas de glioblastomes observés autour de la plateforme chimique de Salindres, dans le Gard – en est l’illustration. L’Institut entend, plus généralement, intensifier son effort de mise à disposition de données environnementales et sanitaires avec l’objectif de contribuer, à terme, à la création d’un Green Data Hub national.

Un premier axe stratégique à souligner dans le domaine de la radioprotection des personnes est la volonté de l’IRSN, qui mène aujourd’hui des recherches précliniques sur les effets des expositions prolongées aux rayonnements ionisants, de se rapprocher des organismes et hôpitaux en charge de la recherche clinique et de contribuer notamment à la réflexion menée par l’Institut national du cancer (INCa) au sujet de l’avenir de la recherche sur le cancer. Le recours à la puissance de l’intelligence artificielle pour accroître l’efficacité du traitement des données issues de la surveillance radiologique des travailleurs constitue un deuxième axe de progrès en matière de radioprotection des personnes. Dans cet esprit, l’Institut a engagé en 2020, en lien avec la Direction générale du travail (DGT), la rénovation de son Système d’information de la surveillance de l’exposition aux rayonnements ionisants (SISERI) sur la base d’un financement du Fonds pour la transformation de l’action publique (FTAP). L’expertise augmentée des données de la base de niveaux de référence diagnostiques, objet du projet EXPRI, illustre également cette tendance.

Dans le domaine de la surveillance de l’environnement, l’IRSN poursuit sa politique d’acquisition de connaissances approfondies de l’état radiologique d’un territoire donné, par le biais des constats radiologiques territoriaux qu’il dresse dans différentes régions de France. 2020 aura été une année particulièrement riche à cet égard, avec la parution de constats relatifs à trois régions : la Méditerranée, le Sud-Ouest et le Nord-Est.

Concernant la gestion des crises, dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et des dispositions restrictives associées, l’IRSN a su faire la preuve de la robustesse de son organisation à l’occasion de plusieurs événements survenus au cours de l’année 2020, notamment lors des feux de forêts qui ont ravagé à partir du mois d’avril la région de Tchernobyl, en Ukraine, et du départ de feu sur le site de Creys-Malville (Isère).

Dans le domaine des risques naturels, l’Institut a réalisé et publié, en collaboration étroite avec des équipes académiques, des travaux visant à mieux comprendre les caractéristiques du séisme du Teil (Ardèche) survenu au mois de novembre 2019 et engagé un projet de recherche européen intitulé DARE visant à étudier les effets de site dans la vallée du Rhône.

Enfin, l’IRSN a intensifié son dialogue avec la société, par le biais notamment de ses interactions avec les commissions locales d’information, des associations et de tous les acteurs institutionnels qui se font le relais des préoccupations du public en matière de santé et de radioprotection.

Chiffres clés

Chiffre clé

4978

échantillons de l'environnement prélevés pour des mesures radiologiques

Chiffre clé

505

points de prélèvement d'échantillons pour la surveillance de la radioactivité sur l'ensemble du territoire

Chiffre clé

126

heures d'enseignement dispensées au cours des 17 sessions de formation en radioprotection

Brèves

Mitochondries et radiothérapie

L’IRSN est partenaire du projet « La machinerie d’import mitochondriale régulée par CHCHD4* et son ciblage pour le traitement du cancer ». Porté par l’Institut Gustave Roussy, ce projet a pour objectif d’étudier l’impact du métabolisme mitochondrial sur la croissance tumorale et la réponse à l’irradiation. Il a permis d’étudier plus précisément les communications moléculaires entre les cellules tumorales et les cellules endothéliales vasculaires dont le comportement est influencé par les mitochondries, à la suite d’une radiothérapie.

* Protéine mitochondriale dont l’une des utilités est de réguler la consommation d’oxygène de la cellule et donc son métabolisme

Exposition radiologique des travailleurs

L’IRSN a publié les résultats de la surveillance dosimétrique des 395 000 personnes exposées aux rayonnements ionisants dans le cadre de leur activité professionnelle en 2019. L’effectif suivi a augmenté de 1,2 % par rapport à 2018 et la dose collective mesurée par dosimétrie externe passive de 8 %. Ces résultats sont liés principalement au volume accru des travaux de maintenance dans l’industrie nucléaire et à l’augmentation des doses reçues par le personnel navigant exposé au rayonnement cosmique, en lien avec l’activité solaire. Ce bilan est pour la première fois décliné dans une version numérique et interactive.

Radon et actions territoriales : le citoyen acteur de la maîtrise du risque radon dans l'habitat

Dans le cadre de sa stratégie d’ouverture à la société, l’IRSN a contribué depuis plusieurs années au développement d’actions territoriales dédiées à la gestion du risque radon dans l’habitat. La réflexion se poursuit, dans un souci d’impliquer durablement les acteurs locaux des territoires et d’identifier des moyens innovants à mettre en place pour leur permettre d’être pleinement acteurs de la maîtrise du risque radon, depuis la sensibilisation et l’incitation à la mesure jusqu’à l’accompagnement à la mise en œuvre de travaux de remédiation.

Failles actives

L’IRSN a mis en ligne en accès libre une base de données répertoriant les failles potentiellement actives du territoire français métropolitain. Réalisée avec le soutien du ministère de la Transition écologique, cette base de données permet d’identifier les failles dont l’activité sismique passée ou actuelle peut servir de base pour évaluer l’aléa sismique à prendre en compte pour la sûreté des installations nucléaires.

Articles