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Analyse psychosociale de la radioprotection dans le domaine médical : perspectives pour l'IRSN


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​Manon Britel a soutenu sa thèse le vendredi 14 février 2020 à l'université de Lyon 2, Lyon.

Type de document >

Mots clés >

Unité de recherche > IRSN/PSN-SRDS/SFOHREX/LSHS

Auteurs > BRITEL Manon

Date de publication > 14/02/2020

Résumé

Contexte

Dans un contexte d’augmentation significative de l’exposition aux rayonnements ionisants (RI) en imagerie médicale, un nombre croissant de travaux sur les risques radioinduits en médecine ont été publiés (Mathews, 2013 ; Colin, et al, 2017). Pourtant, cette question ne fait pas consensus (IRSN, 2012). En effet, les différences de perception des risques de cancer radio-induits associés aux faibles doses de RI, entrainent des pratiques hétérogènes chez les radiologues, notamment au sujet des femmes de moins de 50 ans qui réalisent des mammographie de dépistage.

Ce travail de thèse en psychologie sociale de la santé vise à investiguer les enjeux de santé publique liée à l’exposition aux RI en mammographie de dépistage, sur la base d’un regard psychosocial intégrant les interactions entre les individus, le contexte social et l’objet étudié (Apostolidis, Dany, 2012). Il s’agit de comprendre ce qui guide les pratiques à la fois des radiologues et des femmes effectuant ou non le dépistage, dans les spécificités du contexte français. La théorie des représentations sociales (Moscovici, 1961) constitue en ce sens un ancrage solide pour appréhender la sociogenèse des connaissances, face à l’objet méconnu et abstrait que sont les risques radio-induits (Apostolidis, et al, 2002 ; Jodelet, 1989).

Problématique

Fondée sur l’articulation entre enjeux de terrain et perspectives théoriques, cette thèse vise à investiguer les représentations sociales de la mammographie, notamment son caractère irradiant, ainsi que la perception des risques qui lui sont associés et cela dans le cas spécifique des femmes de moins de 50 ans.

Méthodes

Pour étudier cette question, quatre études ont été mises en place :

  • Étude d’un corpus de 236 documents institutionnels visant à appréhender dans le contexte national, le point de vue des institutions de santé publiques au sujet du dépistage du cancer du sein en France.
  • Étude d’un corpus de 430 articles issus de la presse grand public visant à recueillir les éléments de langage transmis dans le sens commun à propos de la mammographie de dépistage.
  • Étude auprès de 1300 femmes représentatives de la population française visant à investiguer les représentations de la mammographie de dépistage.
  • Étude auprès de 292 radiologues afin d’interroger leurs représentations et leurs perceptions des risques associés à la mammographie de dépistage.

Résultats principaux

Les résultats des différentes études permettent de mettre en évidence le fait que les radiologues et les femmes ont majoritairement tendance à faire des mammographies avant 50 ans, incité par le poids des normes sociales de santé, bien que les recommandations nationales invitent à la prudence. L’analyse des données a également permis d’appréhender le réseau des représentations sociales dans lequel s’inscrivent les risques associés à la mammographie de dépistage. Au sein de ce réseau, les risques radioinduits semblent appartenir à une zone muette (Chokier, Moliner, 2006). Ce résultat questionne l’information faite aux femmes dans un contexte de décision médicale (Gesbert, Mamzer, 2016 ; Rakowski, 1993).

Conclusion

Le dépistage individuel du cancer du sein semble s’inscrire dans un contexte global partisan du dépistage précoce, pour aider à circonscrire au mieux le cancer. Néanmoins, la prévention du cancer semble se faire au détriment d’une information exhaustive pour les femmes en ce qui concerne les rayonnements ionisants utilisés en mammographie. Ce travail invite alors à se questionner sur les modèles de prise de décision en santé et il ouvre des perspectives de recherche autour des questions de dépistage auprès des médecins généralistes et gynécologues, prescripteurs de la mammographie chez les femmes de moins de 50 ans.