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Risque sismique et installations nucléaires

Le séisme de Lambesc de 1909

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Le 11 juin 1909, en soirée, la région entre Salon-de-Provence et Aix-en-Provence est secouée par un violent tremblement de terre. De nombreuses communes (Salon, Rognes, Lambesc, Saint-Cannat, Pelissanne, etc…) subissent de graves dommages, avec des destructions totales ou partielles de maisons, d’édifices (bastides, églises). De plus, ces communes déplorent des victimes, 46 décès au total et plus de 250 blessés. Il s'agit du séisme le plus dévastateur connu en France métropolitaine. De nombreuses cartes postales témoignent des importants dégâts provoqués par ce séisme.

Séisme de Lambesc en 1909 - carte postale d'époque 
Séisme de Lambesc en 1909 - carte postale d'époque  Séisme de Lambesc en 1909 - carte postale d'époque
Séisme de Lambesc en 1909 - carte postale d'époque
Les témoignages de destruction, illustrées par les nombreuses cartes postales d’époque

 Séisme de Lambesc en 1909 - témoignage épistolaire
Témoignage épistolaire : J. Lambert, Les Tremblements de terre en France : hier, aujourd’hui, demain,
Éditions BRGM, 2004.

 

Les données disponibles sur ce séisme

À l’époque, les stations d’enregistrement étaient encore rares en Europe. Pourtant, ce séisme a été enregistré par plus de 30 stations  dans un rayon de 2 000 km. Onze sismogrammes ayant une qualité suffisante ont permis de reconstituer les caractéristiques de ce séisme (magnitude ~6,0, géométrie et mécanisme de rupture sur la faille).

Sismogramme du séisme de  Lambesc à l’observatoire de Strasbourg
Sismogramme du séisme de  Lambesc à l’observatoire de Strasbourg après digitalisation du sismogramme de l’époque et ayant servi à l’étude de Baroux et al., 2003.

 

Un évènement majeur en France métropolitaine

Les dégâts principaux se sont concentrés en zone épicentrale, avec des intensités observées atteignant VII à VIII-IX (zones rouge et rose). La secousse a également été ressentie jusqu’en Ligurie (Italie), dans le Massif central (Le Puy) ou dans les Pyrénées orientales (Prades), à plusieurs centaines de kilomètres de l’épicentre.

 

Répartition des dégâts à l’échelle du Sud-Est de la France, d’après SISFRANCE
   Répartition des dégâts à l’échelle du Sud-Est de la France, d’après Sisfrance. 

 

L’étude co-réalisée par l’IRSN [1] (Baroux et al., 2003) recense les dégâts décrits dans les archives de l’époque, les quelques données instrumentales recueillies à travers l’Europe et les mesures topographiques de déformation du sol disponibles. Elle a permis d’identifier la faille de la Trévaresse comme responsable de ce séisme. Cette faille s’étend de Venelles à Lambesc, sur une quinzaine de km selon une direction Est-Ouest. L’étude conclut que le séisme est superficiel et d’une magnitude de l’ordre de 6.

Répartition des dégâts et localisation du pli-faille responsable du séisme  
Répartition des dégâts et localisation du pli-faille responsable du séisme
(J. Lambert, Les Tremblements de terre en France : hier, aujourd’hui, demain, Éditions BRGM, 2004)

 

L’histoire géologique de la faille qui a causé ce séisme a été reconstituée par une étude de l’Université d’Aix-en-Provence (CEREGE) qui a conduit à plusieurs publications (Chardon et Bellier, 2003Chardon et al., 2005). Les auteurs ont réalisé plusieurs tranchées d’études recoupant cette structure géologique. Ils ont mis en évidence que d’autres séismes équivalents à celui de Lambesc mais beaucoup plus anciens (depuis plusieurs milliers d’années) s’étaient déjà produits sur cette faille.

Une des tranchées d’étude de la faille de la Trévaresse, ouverte par les géologues du CEREGE d’Aix-en-Provence (cliché IRSN).
   Une des tranchées d’étude de la faille de la Trévaresse, ouverte par les géologues de l’Université d’Aix-en-Provence (cliché IRSN/E.M. CUSHING). Le pas de la maille est de 50 cm. La zone de faille entre les marnes miocènes blanches et les conglomérats quaternaires ocre (datant de moins de 300 000 ans) est soulignée par les 2 flèches noires.

 

L’interprétation de cette tranchée a conduit Chardon et al. (2005) à identifier les différentes couches de cône alluvial
L’analyse de cette tranchée permet d’identifier les différentes couches alluvionnaires (couleurs violettes = fan deposits) – niveaux 1 à 9. Ces dépôts récents (datant de moins de 300 000 ans) sont surmontées par les marnes miocènes (couleur jaune = Marls), par l’intermédiaire de plusieurs fractures notés de I à V. Les différentes fractures pourraient, selon les auteurs (Chardon et al., 2005) être associés à l’émergence en surface de la rupture lors de séismes successifs. La dernière rupture ayant atteint la surface affecte le sol récent et pourrait correspondre à l’évènement de 1909 (flèche rouge).
Figure tirée de Chardon et al. (2005).

 

​Références :

1- Source parameters of the 11 June 1909, Lambesc (Provence, southeastern France) earthquake: A reappraisal based on macroseismic, seismological, and geodetic observations, Volume: 108, Issue: B9, First published: 30 September 2003, DOI: (10.1029/2002JB002348)

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